Winterheim [Intégrale]

De Fabrice Colin. Pygmalion, 2011. Fantasy. (Très) Bonne lecture. [604 p.]
Winterheim existe  au départ en un cycle de trois tomes : Le Fils des Ténèbres, La Saison des conquêtes, La Fonte des rêves.
188 WinterheimRésumé : « Il y a bien longtemps, les Faeders et les Dragons ont décidé de ne plus s’immiscer dans les affaires des mortels. Retirés loin de Midgard, ils ont cependant confié à la Dame des Songes et à ses trois demi-sœurs les Ténèbres la tâche de veiller sur les humains. Aujourd’hui, dans le royaume de Walroek, le jeune forestier Janes Oelsen, dont les parents n’ont jamais pu comprendre le caractère rêveur et la juvénile impétuosité, entre en possession, à la suite d’un pari, d’une mystérieuse carte. Accompagné de sa fidèle chouette Flocon, il part pour le château maudit de Nartchreck où, à en croire les légendes, repose un fabuleux trésor… »
J’oscille entre le « bonne » et « très bonne » lecture. Dans l’ensemble c’est de la fantasy assez classique mais en même temps très originale et bien construite (je me comprends ! :p), mais j’ai aussi repéré quelques maladresses ou choses qui m’ont dérangée.
La reprise des mythes nordiques est je pense le point fort majeur de l’œuvre (avec la qualité de la plume de l’auteur). Les dieux très « humains », arrogants, méprisants, avides, violents et machos (en tous cas ceux qu’on voit !), ainsi que les déesses qui sont ici montrées plus douces, protectrices, sages, raisonnées, maternelles, se livrent une bataille rangée mêlant mythes et politique. L’insertion des Dragons est pour moi inattendue, mais je connais moins la mythologie d’origine que la gréco-romaine, ou même l’égyptienne. J’ai tout de même grandement apprécié le point de vue de l’auteur sur les dieux asgardiens et la nouvelle mythologie qu’il a mis en place autour : la place du Temps, des autres personnifications anthropomorphiques (:p), d’Yggdrasil, des sorcières, et des populations humaines aux prises avec tout ce petit monde magique. Je parle de « petit monde » mais en fait j’ai ressenti l’univers comme quelque chose de riche et de profond, on a souvent le droit d’ailleurs à des genres d’interludes descriptifs (ou même narratifs), parfois même hors-sujet avec l’action présente, qui ne semblent être là que pour aider le lecteur à plonger un peu plus dans le monde entre Midgard et Winterheim. Sur ce point je trouve que Fabrice Colin a fait très fort, l’immersion a très bien marché sur moi, et a été très convaincante.
Les quelques choses qui m’ont moins plu sont de manière générale plutôt des détails : quelques longueurs dans l’histoire, quelques passages un peu confus, et quelques tentatives de narration originales qui pour moi n’ont pas été très concluantes, notamment le texte sans ponctuation que je n’ai pas trouvé très utile et plutôt casse-pieds à lire, et la rencontre de Livia et Janes autour de la table du festival, où j’avais envie de lire d’abord toutes les pages de l’un puis toutes les pages de l’autre ! (Les deux points de vue étaient présentés en vis-à-vis, Janes page de gauche et Livia page de droite, sur quelques pages en tout). Par contre j’ai aimé d’autres prises de risque ou brisures de codes structurels de temps à autre, le choix de chapitres très courts, les nombreuses voix dont beaucoup données à des personnages secondaires voire d’arrière-plan qui ont un aspect de figurants sur lesquels la caméra se focaliserait furtivement. La scène avec les aulnes m’a bien entendu fait penser aux Ents, mais je crois me souvenir que Tolkien n’a ici strictement rien inventé et qu’on touche aux racines (pardon) du folklore nordique, tout court. D’ailleurs les deux auteurs ne gèrent pas du tout leurs arbres de la même façon.
Il y a aussi des choix de l’auteur que je n’ai pas trouvé très cohérents ou justifiables, certaines choses un peu tirées par les cheveux ou tues pendant longtemps sans qu’on sache très bien pourquoi. La rencontre de Janes avec Julea un an seulement après sa séparation d’avec Livia m’a semblé vaguement abusive – il était amoureux fou de Livia, vraiment ? Dans un monde aussi lyrique, je ne m’attendais pas à ça, surtout après toute la poésie déployée autour des deux personnages dans les chapitres précédents. Sommes-nous censés penser que Janes « n’est qu’un homme » ? Dans ce cas bonjour le machisme, et personnellement je trouve que ça casse un peu ce qui a été construit précédemment. D’ailleurs au niveau du ton et des thèmes utilisés je pense qu’il y aurait peut-être eu moyen de faire quelque chose de plus équilibré, entre les instants de poésie lyrique, de descriptions grandioses, de scènes bien violentes ou sanglantes, et les scènes de sexe quand même relativement nombreuses (je veux dire par là que j’ai parfois pensé qu’on aurait pu avoir une description plus courte voire une scène supprimée car cela n’amenait rien de spécial). Peut-être que c’était une manière de montrer la brutalité et la multiplicité du monde, je n’en sais rien !
J’ai été parfois gênée, perdue ou dégoûtée, souvent emportée par le torrent d’écriture. Sa force est néanmoins incontestable, que l’on aime tout ou seulement une partie du livre, il y a quelque chose de puissant qui s’en dégage. Un roman qui n’est pas parfait mais qui vaut le coup d’être lu si vous aimez la fantasy et/ou la mythologie scandinave.
NB : le nom du chapitre « Carnaval de neige » a été pour moi comme un écho à « Bal de givre…* ». Coïncidence ? Aucune idée.
* « … à New York », autre œuvre de l’auteur (en jeunesse).
Chroniques d’ailleurs :  Blog-O-Livre, Lectures Trollesques

La Maison du magicien

De Mary Hooper. 2008. Historique jeunesse. Très bonne lecture. [270 p.]
Titre original : At the House of the Magician, 2007
Appartient à une série de trois titres :
1. La Maison du Magicien
2. Espionne de sa Majesté
3. La Trahison
maisonmagicienRésumé : « En Angleterre, à l’époque d’Elizabeth 1ère. Lucy, une jeune gantière, rêve de trouver une place dans une maison de l’aristocratie et de pouvoir échapper ainsi à la tyrannie de son père. Voici que par un mystérieux tour du destin elle est engagée chez le Dr Dee, magicien et conseilleur personnel de Sa Majesté. Intriguée par l’étrange métier qu’exerce son maître, Lucy ne résiste pas à l’envie de satisfaire sa curiosité. Elle se retrouve alors dépositaire d’un terrible secret. Il en va de la vie de la reine…« 
Avant de dire quoi que ce soit d’autre un petit mot sur la couverture qui est certes jolie mais a un côté girly qui non seulement m’énerve un peu mais ne correspond pas au contenu. Ceci est un roman jeunesse (« à partir de 11 ans »), morbleu, PAS encore une de ces innombrables romances YA assorties d’histoire ou de dystopie ! *Lance une pétition pour la diversification des couvertures jeunesse et YA*
Voilà, vous êtes prévenus. 🙂
J’avais déjà lu ce livre il y a quelques années, mais je le relis maintenant pour pouvoir embrayer sur la suite, qui n’était pas encore à la médiathèque à l’époque. En effet les trois livres forment une histoire entière, qui est coupée un tantinet brutalement à la fin du premier livre, au moins (« conclusion » de la majorité des fils conducteurs de l’histoire, et lancement de nouvelles intrigues).
J’avais déjà chroniqué Velvet du même auteur, et je pense ne pas trop me répéter ici : récit d’aventures jeunesse, sur fond historique, un peu de romance en passant comme dans presque toutes les histoires – mais loin d’être prédominante, personnages certes un peu (beaucoup) clichés, mais attachants dans l’ensemble, et je trouve tout de même relativement réalistes / cohérents. Mary Hooper continue d’exploiter le filon historico-mystique (ou mystico-historique, à votre convenance), ponctuant son récit cohérent avec l’Histoire avec un soupçon de surnaturel. L’autre caractéristique des livres de l’auteur est son atmosphère mystérieuse : bien que la narration soit plutôt du genre aventure ou roman jeunesse classique, avec descriptions, explications, récit « simple » autour des choix de l’héroïne, sa vie, ses petits soucis quotidiens, le texte est tout de même soutenu par des intrigues ou des énigmes, que Lucy va tenter de comprendre. Autrement dit, bien que ce livre soit essentiellement un roman jeunesse de fiction, il peut être rapproché des énigmes policières et des récits historiques.
J’ai trouvé que le contexte historique était plus présent et plus détaillé ici que dans Velvet : on lit les noms de Robert Dudley, de John Dee, de ses faits et gestes, des préoccupations d’Elisabeth 1ère concernant Mary Stuart l’Écossaise qui voudrait lui piquer le trône. Les Tudor sont évoqués, ainsi que les « factions » religieuses (catholiques et anglicans) – bref, on peut lire l’histoire sans y prêter trop attention, mais le lecteur avisé saura trouver plein de petits clins d’œils précis et, si je me souviens bien, tout à fait avérés. J’espère que cet aspect sera d’autant plus exploité dans les deux livres suivants. 🙂
Les petits + du livre : Le lecteur trouvera à la fin une note sur les personnages, un tutoriel pour fabriquer des faisceaux de lavande, et un glossaire (les mots présents y sont renvoyés par astérisque au fil du texte).

The Night Circus

D’Erin Morgenstern. 2011. Roman merveilleux jeunesse. Coup de cœur. [490 p.]
Titre français : Le Cirque des rêves.
nightcircusRésumé : Ceci n’est pas un livre, c’est un spectacle.
Munis de votre billet d’entrée, laissez-vous tenter par un chocolat chaud accompagné de beignets à la crème chantilly, choisissez une des nombreuses tentes rayées de noir et blanc qui vous entourent, comme autant d’îlots mystérieux au milieu d’odeurs de pop-corn et de caramel chaud, et savourez le spectacle quel qu’il soit : entrez dans l’atmosphère en deux tons du Cirque des Rêves*…
Ce livre a été une claque comme je n’en ai pas eu depuis un bail, et sur un thème qui m’a ramené presque 15 ans en arrière, à l’époque où je découvrais avec fascination les aventures d’un petit sorcier dans un monde plein de magie étrange à tous les tournants… La même année, ou la suivante, suivant toujours le filon Gallimard Folio Junior du CDI, je suis tombée sur les Mondes de Crestomanci (+ Ma soeur est une sorcière, Les Magiciens de Caprona, et heu, au moins un autre dont j’oublie toujours le titre il me semble), de Diana Wynne Jones – et même si c’était pas autant une claque j’ai également apprécié trouver, dans ces livres, une magie en même temps douce et violente, présente un peu partout, et dévoilée petit à petit. Pensez aussi Contes de Terremer d’Ursula le Guin, ou simplement la poésie subtile et détaillée de la plupart de films de Miyazaki, et vous aurez peut-être une idée pas trop fausse de l’endroit où cette histoire peut vous emmener, et de quelle manière. J’ai aussi pensé à Philip Pullman (A la croisée des mondes, Sally Lockhart) pour la manière dont la romance est amenée et utilisée à l’intérieur de l’intrigue, et aussi d’autres détails, personnages ou concepts.

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Mademoiselle Scaramouche

De Jean-Michel Payet. 2010. Roman d’aventures jeunesse. Bonne lecture, sans plus.
scaramoucheRésumé : « Lorsqu’elle assiste à la mort de son père, tué en duel, Zinia Rousselières est loin d’imaginer qu’elle est à l’aube d’un singulier tour du destin. Dans le caveau familial repose en effet déjà un cercueil, le sien, ou plutôt celui de celle qu’elle croyait être… En un instant, le monde de la jeune fille vole en éclats, et elle n’aura désormais de cesse de découvrir sa véritable identité. Des bas-fonds de la capitale au faste de Versailles, de la cour des Miracles au Trianon de porcelaine, Jean-Michel Payet nous propulse dans une aventure rocambolesque, où Zinia, afin de percer le mystère qui entoure sa naissance, devra porter un temps le masque de Mademoiselle Scaramouche !« 
L’histoire commence, et se poursuit dans sa majeure partie, comme un roman de cape et d’épée dans le Paris du XVIIe siècle. Cependant l’auteur a choisi d’y inclure un peu d’ésotérisme, et même de magie, ce que j’ai trouvé superflu. L’héroïne part au départ à la recherche de ses racines, quête classique mais souvent efficace, et dans l’intervalle elle se retrouve à enquêter sur un complot politique qu’on voit venir de très très loin. Autrement dit c’est un roman jeunesse assez commun à ce niveau, mais ça fait déjà deux axes narratifs entrecroisés, qui amènent beaucoup de personnages et une multitude d’occasions de péripéties diverses – c’est normal, sinon ce n’est pas très intéressant ! Je n’ai donc pas compris du tout l’utilité d’insérer un élément magique à l’intérieur de l’histoire, qui après tout fait moins de 400 pages et s’inquiète aussi des déboires psychologiques de l’adolescence ! L’objet magique en question aurait pu être de nature plus commune, on n’aurait perdu que quelques pages et gagné beaucoup en cohérence, puisque c’est la seule chose qui semble ne pas coller à l’environnement qui se veut réaliste (je n’ai pas vérifié et je ne suis pas une bête en Histoire, mais ce que j’ai lu sur les conditions sociales, les grands personnages et l’état général du pays à l’époque du roman me parait digne de la réalité).
La deuxième chose qui ne m’aurait pas manqué, c’est ce personnage qui ne s’exprime qu’en alexandrins. Encore une fois, si l’héroïne avait eu 6 ou même 12 ans j’aurais pu l’accepter, y trouvant un charme enfantin, mais là ça ne me semble pas justifié du tout avec les thèmes abordés (trahison, meurtres, kidnapping, intrigues politiques…) ni le cadre réaliste, ni le ton plutôt sombre de l’histoire. Si c’était un moyen d’alléger l’atmosphère, ça n’aura réussi qu’à m’agacer.
Cependant je n’ai pas trouvé cette lecture ennuyeuse, ni même agaçante dans son ensemble. Malgré quelques incohérences, revirements de caractère des personnages, et nombreux stéréotypes, ça reste un roman d’aventures jeunesse distrayant, avec une héroïne qui m’a dans l’ensemble plu, un assortiment de personnages secondaires rigolos à défaut d’être tous crédibles ou profondément construits, et des enchaînements d’action pas trop mal fichus.
Je pense que les détails malencontreux m’auraient moins sauté aux yeux si j’avais été plus jeune, ou si j’avais lu moins de livres de ce genre.
A lire sans trop d’attentes, pour se distraire.
Autre chronique sur le même ouvrage : Des livres, des livres (Bianca)

Grimalkin et l’Épouvanteur

De Joseph Delaney. 2013. Fantasy jeunesse. Très bonne lecture.
Titre original : Spook’s, I am Grimalkin, 2011
Note : neuvième tome d’une série qui se suit directement (pas d' »épisodes »)
grimalkinRésumé : « Tandis que Tom, Alice et l’Epouvanteur retournent à Chipenden, John Gregory compte rebâtir sa maison, brûlée par les envahisseurs qui ont ravagé le Comté, Grimalkin s’efforce de rejoindre la tour Malkin, pour y cacher la tête du Malin (que Tom a tranchée en Irlande). C’est dans cette tour que les soeurs de la mère de Tom, deux sorcières lamias, gardent de précieuses malles. Car ces dernières renferment des secrets qui permettraient à Tom de vaincre le Malin. Seulement, un groupe de sorcières, alliées du diable, pourchassent Grimalkin : elles veulent à tout prix récupérer la tête. Elles sont accompagnées d’un mage redoutable et d’une terrible créature mi-humain mi-loup, conçue par magie noire. Au cours d’un affrontement, le monstre hybride blesse Grimalkin. Si la sorcière en réchappe, elle reste néanmoins affaiblie par le poison distillé dans son sang…Tom Ward, son maître John Gregory, et Alice peuvent-ils encore compter sur elle ? »
Ce neuvième opus de la série de l’Épouvanteur est raconté pour une fois du point de vue de sa terrible ennemie la sorcière Grimalkin, et l’action est centrée sur elle, alors que John Gregory et Tom Ward sont ailleurs. Chargée de soustraire aux alliés de l’obscur un terrible objet, la tueuse du clan des Malkin se retrouve à faire face à des ennemis pour une fois aussi puissants et vicieux qu’elle-même, la forçant à user de prudence, et chercher des alliés – ce qui est plutôt difficile dans sa position et vu sa réputation !
J’ai aimé changer de point de vue, non pas que je me sois lassé de Tom Ward (en fait un petit peu, ça fait quand même 8 tomes qu’on le suit !), mais c’est très intéressant d’avoir cette focalisation presque opposée, cette autre vision de l’univers – cela amène au lecteur des détails différents et tout aussi pertinents sur la vie et les relations des créatures et populations du Comté. L’auteur parle en annexe de la difficulté à amener le lecteur à éprouver de la sympathie pour Grimalkin, mais en suivant toute la série dans l’ordre je trouve qu’on est très vite confrontés à un des thèmes majeurs abordés par l’auteur : même dans ce monde qui paraît à première vue dichotomique, les « gentils » ne sont pas plus tous blancs et innocents que les « méchants » ne peuvent avoir de code d’honneur, ou faire fi de certaines lois « naturelles » pour servir leur propre intérêt en même temps que celui des autres. On ne tombe toujours pas dans la mièvrerie ou la simplification à l’extrême, ce qui est tout à fait bénéfique, je trouve, à la crédibilité de l’histoire.
Un seul bémol : certains passages de ce tome sont la copie conforme de ce qu’on peut trouver dans le hors-série « Les Sorcières de l’Epouvanteur« . J’ai trouvé ça dommage, j’aurais au moins aimé que les récits ne soient pas strictement les mêmes (plus développés, ou synthétisés).
Un tome à la hauteur des précédents.

 

Chroniques d’ailleurs :   Les lectures de Marinette

La Fille du roi des Elfes

De Lord Dunsany*. 2006. Merveilleux. Bonne lecture.
*Edward John Moreton Drax Plunkett de son vrai nom (sans blague)
Titre original : The King of Elfland’s Daughter, 1924.
filledunsanyRésumé : « Parce que les sujets de son père veulent plus de magie dans leur royaume, le prince Alvéric entreprend de traverser la forêt enchantée afin d’y enlever la fille du roi des Elfes, Lirazel. Après avoir défait les chevaliers qui défendent la demeure de celle-ci, Alvéric séduit la jeune elfe et l’emmène jusqu’au royaume d’Erl, où naîtra Orion, le fruit de leurs amours. Furieux du départ de sa fille et surtout du fait que ce départ était volontaire, le roi des Elfes envoie à Lirazel un troll porteur d’un message magique. Immédiatement, la jeune princesse est ramenée auprès de son père. Inconsolable, Alvéric part à sa recherche, en quête de la forêt enchantée… qui a disparu. Et, pendant ce temps, Orion découvre le monde.« 
PréfaceJ’espère que la suggestion d’un pays étrange véhiculée par le titre de cet ouvrage ne fera pas fuir les lecteurs potentiels. Si, en effet, certains chapitres parlent du pays des Elfes, la majeure partie de ce livre n’évoque que le paysage familier de la campagne anglaise, avec ses forêts, ses vallées, et ses villages situés à une bonne cinquantaine de kilomètres des frontières du pays des Elfes.

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Lily et Po, T.1 : Rencontres et Rendez-vous

De Lauren Oliver. 2012. Jeunesse. Coup de cœur esthétique. Très bonne lecture.
Titre original : Liesl & Po, 2011
lily&poRésumé : « Lily est une petite fille comme les autres… pourtant son histoire n’est pas banale. Une nuit, dans le grenier où elle habite, Lily reçoit la visite de Po. C’est un curieux fantôme qui voyage avec Balluchon, une créature ni chien ni chat. Po lui parle d’un lieu étrange, qu’il appelle « l’Autre Côté », où il a croisé le papa de Lily. Il est porteur d’un message inattendu qui va entraîner notre héroïne dans une folle aventure… « 
J’ai choisi ce livre autant pour sa qualité technique et esthétique que pour le résumé ! La couverture m’a tout de suite attirée, que ce soit par l’image toute mimi, les nuances de couleur, la présentation, la calligraphie… Le format est un de ceux que j’aimais avoir dans les mains quand j’avais l’âge de l’audience ciblée de ce livre, avec une couverture en carton fort et une reliure épaisse qui donne un aspect « durable » au livre. En le feuilletant je remarque quelques images type gravure, en noir et blanc comme je les aime, et d’un style qui me plaît bien. Les pages sont en papier de bonne qualité, aux bords relativement doux, et avec une typographie et une mise en page très agréables à l’œil.
lily&poarriereAu dos du livre, je lis : « Les aventures de Lily et Po : 3 tomes qui émerveilleront tous les lecteurs dès 8 ans. » Et c’est vrai ! Je suis tout émerveillée !
Bon, passons au contenu !
L’univers, le cadre sont plus ou moins entre le conte et la fantasy : nous sommes dans un monde plus ou moins semblable au nôtre (trains, hôpital), sauf que la magie est semble-t-il plus attendue à défaut d’être présente de manière quotidienne (alchimie).
La forme du texte est très poétique, très posée. Entre deux actions nous avons droit à des incursions dans les pensées des personnages, des descriptions et explications sur le monde et les détails importants pour l’histoire, et aussi des retours dans le passé permettant de mieux cerner les personnages. C’est suffisamment explicite et doucement amené pour être accessible aux enfants, mais je pense que les adultes amateurs de contes, ou d’auteurs comme Carlos Ruis Zafon, Le Guin ou Morpurgo pourraient aussi y trouver leur compte.
Il y a peu de personnages, et ils sont plutôt stéréotypés, mais je trouve que c’est tout à fait en accord avec à la fois l’environnement, l’intrigue, et la plume de l’auteur. En fait le fait que les personnages soient en nombre limité permet d’avoir plus d’informations sur chacun d’eux, de pouvoir les apprécier ou ne pas les apprécier de manière plus significative.
J’ai hâte de trouver les tomes suivants, car l’histoire n’est qu’amorcée dans ce premier opus.
Un très joli livre pour enfants, avec une histoire qui en vaut la peine : pleine de poésie et de douceur mais qui traite aussi de sujets sérieux et tristes.

Les Treize Reliques

De Michael Scott et Colette Freedman. 2013. Fantasy / Thriller. Ni bon, ni mauvais.
Titre original : The Thirteen Hallows, 2010
reliquesRésumé : « Il existe Treize Reliques sacrées disséminées dans tout le Royaume-Uni. Depuis des siècles, des Gardiens les protègent avec pour seule règle de ne jamais les réunir. De nos jours à Londres, les Gardiens sont assassinés les uns après les autres. Face à deux tueurs sadiques, Sarah et Owen ont été désignés bien malgré eux pour poursuivre la mission des Gardiens. Leur seul espoir : utiliser les pouvoirs que l’on prête aux Treize Reliques depuis la nuit des temps… »
Je m’interroge toujours un peu sur la mention « thriller » de la couverture… Oui, il y a course-poursuite et quelques moments (un peu) affreux, mais dans l’ensemble on est prévenus dès le départ de plusieurs éléments magiques ce qui classerait plutôt l’œuvre en fantasy (urbaine ?), et les codes du thriller sont en fait assez peu utilisés dans l’ensemble.
Dans l’ensemble je ne me suis pas ennuyée et j’ai lu le roman assez rapidement, tout en n’accrochant pas plus que ça au style (fluide, mais classique) ni aux personnages (sans réelle profondeur ni particularité) ni même, en fait, à l’intrigue (totalement stéréotypée). Un peu de mythologie à deux sous – même pas vraiment exploitée ni explicitée dans le détail : emballez, c’est pesé !
La fin, composée de clichés mis bout à bout, ne m’a pas impressionnée.
A relire ma critique, on pourrait penser à quelque chose de vraiment mauvais, mais en fait j’en ressors loin de la béatitude, mais sans regret non plus. C’est suffisamment dynamique, les évènements s’enchaînent assez rapidement pour qu’on se prenne au jeu de lire ce livre comme on se laisse bercer par un téléfilm… (ou pas) En même temps vu le résumé de 4e de couverture, je ne m’attendais à rien de plus, c’est probablement ce qui m’a permis d’apprécier le livre à sa juste valeur sans en attendre davantage.
Un bon roman détente. M’a fait penser à ma lecture des Héritiers de Stonehenge.
Note : Ah ! Mais oui, bien sûr ! C’est l’auteur de la série « Les Secrets de l’immortel Nicolas Flamel » (jeunesse).

Ces endroits que les livres m’ont donné envie de découvrir

Je reprends cette idée d’article à la suite du Top Ten Tuesday publié parla tête dans les livres cette semaine : Endroits / Univers que j’ai envie de découvrir.
Tous endroits confondus, réels ou imaginaires :
1. La Terre du Milieu – Tombée très tôt dans le chaudron de Tolkien, n’en suis jamais véritablement ressortie. Trop de choses à voir dans cet univers, d’endroits différents mais tous avec un certain côté féérique ou grandiose, d’après les descriptions de l’auteur. Bon, après, savoir si je serais capable d’y survivre c’est une autre question ^^.

tdm

2. L’Angleterre – découle en partie de Tolkien, qui s’est entre autres inspiré de la campagne du Warwickshire, d’où était originaire sa femme Edith, et du Worcestershire où il a passé son enfance (où est situé le fameux Moulin de Sarehole). J’aimerais aussi (dans l’absolu) aller faire un tour en Cornouailles, pays de contes et légendes, et pas qu’arthuriennes ; et également à Lyme Regis sur la côte sud (les livres sur la paléontologie, ça compte, hein ^^).
rose
3. Londres – j’y suis déjà passée mais en fait j’ai tellement de choses à y voir qu’il me faudrait un mois ! Des quartiers chics aux bas-quartiers, même s’ils n’ont plus la tête qu’ils avaient au XIXe, juste pour retrouver le monde de Sherlock Holmes, de Henry James, et de bien d’autres auteurs jeunesse et adultes qui ont tous quelque chose à décrire, une anecdote à raconter, des légendes à partager, des siècles d’Histoire à transmettre…

saintpaul

4. Oxford – un peu la même chose que Londres, j’ai eu l’occasion d’y passer mais la ville et grande et les références bien trop nombreuses : Tolkien, mais aussi C.S.Lewis, Lewis Carroll, et Philip Pullman… au moins.oxford
5. Isla Nublar – Je veux visiter le Parc Jurassique !!

JP

6. Venise – je pense tout particulièrement à Kai Meyer et sa trilogie jeunesse dont j’ai oublié le nom. Ville d’art et de mystère, assaisonné de complots politiques. Hmm 🙂

lionvenise

7. Le monde de Lyra – rien que pour aller visiter son college, et faire un tour dans cette drôle d’Angleterre à moitié magique ! Et avoir mon propre daemon :p

martre

8. Le Japon – je n’ai pas envie d’y vivre car j’ai toujours Stupeur et Tremblements en tête, mais je serais curieuse d’aller voir sur place en quoi les mangas sont une bonne vitrine ou une image trompeuse, et découvrir le mode de vie oriental parait-il si différent du nôtre, partiellement dévoilé par les livres.

sakura

9. TerremerUrsula Le Guin m’a donné l’impression que c’était un endroit magnifique et super tranquille, parfait pour passer ses vacances avec un bon livre.

terremer

10. Narnia – l’univers en lui-même me plaît bien : les créatures sont sympathiques, la magie est relativement neutre, les paysages diversifiés et pas trop cauchemardesques !

narniabaynes

J’en aurais encore quelques autres à ajouter, mais la liste deviendrait longue… Et vous ?

Les Sorcières de l’Épouvanteur

De Joseph Delaney. 2011. Fantasy jeunesse / Contes. Très bonne lecture.
Titre original : The Spook’s Stories – Witches, 2009
sorcieresRésumé : « Saviez-vous que l’Épouvanteur John Gregory était prêt à tout pour garder près de lui Meg Skelton, la lamia dont il est tombé follement amoureux ? Que la sorcière Dora a été débusquée et torturée par un redoutable Inquisiteur ? Que la plus redoutable des tueuses, Grimalkin, a eu un bel enfant avec le Malin ? Qu’Alice a affronté une immonde créature mangeuse de cerveaux chez Lizzie l’Osseuse ? Et enfin, que Tom Ward a combattu une divinité celte quand il était en formation avec Bill Arkwright ? Un recueil de cinq récits fascinants et effrayants à souhait ! Des révélations palpitantes sur les personnages les plus importants de la saga de l’Épouvanteur !« 
Un recueil de textes courts sous forme de chroniques annexes à la série racontant les aventures de Tom Ward. On retrouve le style si particulier à Joseph Delaney, du moins quand il se propose de nous faire découvrir le folklore attenant au Comté, ses créatures de l’obscur et les combats qui s’y déroulent de manière semble-t-il quotidienne, pour des question de pouvoir, de vengeance ou de protection.
Je conseille cependant de lire ce livre plutôt après avoir lu la saga écrite auparavant, car il dévoile certains passages-clés. Par contre, je devrais me mettre à relire la série car je ne me souviens absolument plus qui exactement est Meg Skelton dedans, ni comment elle nous est introduite !
Un bon complément à la saga de l’Épouvanteur, qui permet de revenir dans le Comté et d’apprendre quelques détails supplémentaires.