Le Livre de l’Énigme, T.1 : Source des Tempêtes

De Nathalie Dau. Les Moutons Électriques, 2016. Fantasy. Très bonne lecture. [443 p.]

sourcetempetesRésumé : « Les ténèbres ont un cœur de lumière. Je l’ai su quand j’ai vu l’enfant dans la tempête. J’ai entraperçu l’azur de sa magie étrange et intense, mon univers s’est métamorphosé. Moi qui me sentais si seul, si désespéré, j’ai découvert soudain pourquoi j’étais venu au monde : pour protéger celui qu’on m’a donné pour frère. Un frère pas tout à fait humain, pas tout à fait possible. Le protéger des autres et de lui-même : des décisions qu’il voudrait prendre afin de résoudre sa maudite Énigme. Car ce petit est doué pour se mettre – nous mettre – en péril ! Mais j’ai la faiblesse de croire que je suis plus têtu que lui. // Une nouvelle grande saga de fantasy. Les mages bleus, servants de l’Équilibre, ont été décimés, mais l’un des leurs a survécu au prix de son honneur, guidé par le besoin impérieux de transmettre la vie. Ses fils : Cerdric et Ceredawn, nés pour devenir les héros de ce voyage riche en périls, depuis les Marches jusqu’au séminaire d’Atilda.« 

Livre lu dans le cadre d’un partenariat avec Les Moutons Électriques

(Hmm… tiens la dernière image que j’ai hébergée sur le site fait aussi référence à deux frères…)

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La Porte de Ptolémée

De Jonathan Stroud. 2005. Fantasy jeunesse. Très bonne lecture. (relecture)
Tome final de la Trilogie de Bartiméus
Titre original : Ptolemy’s Gate
porteRésumé : « Londres, ville des sorciers, est en proie aux grèves et aux émeutes. Humains et démons en ont assez d’être asservis aux magiciens dédaigneux qui les exploitent et les humilient. Mais cette grande révolution pourrait bien tourner à l’apocalypse.
Nathaniel, le jeune magicien ambitieux, Bartiméus, le djinn sarcastique, et Kitty, la résistante, sauront-ils surmonter leurs dissensions et unir leurs forces pour sauver Londres? »
Après un début un peu poussif, enfin tout s’emballe ! Révélations sur les personnages, évolution de certains personnages (dont un un peu trop soudainement, je trouve, mais je ne vais pas me plaindre car il est tout d’un coup beaucoup plus intéressant !), intrigues qui reprennent, mais surtout questions laissées en suspens depuis le tome 2, voire le tome 1, qui trouvent enfin leurs réponses !
J’ai largement préféré ce dernier tome au deuxième, même si quelque part il s’y passe moins de choses, en ce qui concerne les actions et déplacements des personnages. Je ne pense pas pouvoir plus entrer dans les détails sans en dévoiler trop ; le style de l’auteur reste le même ; l’univers, que j’apprécie décidément beaucoup, est toujours décrit un peu plus, entre deux épisodes d’action ou de narration. Je reste attachée, plus ou moins, aux personnages, parmi eux les trois narrateurs très disparates.
Je n’ai par contre pas compris pourquoi Crystal Palace est devenu « le Palais de Verre » au cours de la traduction. Enfin, je n’ai pas la version anglaise sous la main, mais je la mettrais à couper (oublié le nom de cette figure de style à l’instant) que ce dont ils parlent est bien le Crystal Palace…
Une fin qui m’a plu, malgré quelques stéréotypes et détails courus d’avance.
T.1 : L’Amulette de Samarcande
T.2 :L’Œil du golem

L’Œil du golem

De Jonathan Stroud. 2004. Fantasy jeunesse. Très bonne lecture. (relecture)
2e tome de la Trilogie de Bartiméus.
Titre original : The Golem’s Eye – The Bartimaeus Trilogy
oeilgolemRésumé : «  » Je pensais bien que tôt ou tard je me ferais à nouveau invoquer par un crétin à chapeau pointu, mais le même imbécile que la dernière fois, ça, j’étais loin de m’en douter ! «  Londres, ville des magiciens et des sorciers, au XXIe siècle. Le jeune Nathaniel connaît une ascension fulgurante au sein du gouvernement des magiciens. Sa mission la plus urgente consiste à mettre un terme aux activités de la mystérieuse Résistance, menée par Kitty et ses amis qui ne cessent de lui échapper. Alors que la pression monte, Londres se voit soudain menacée par une série d’attentats terrifiants. Est-ce la Résistance ou un danger encore plus grand ? Chargé de cette enquête périlleuse, Nathaniel est contraint de s’envoler pour Prague et d’invoquer une nouvelle fois l’énigmatique et malicieux djinn Bartiméus. Métamorphoses, aventures et sortilèges, ce deuxième tome de La Trilogie de Bartiméus devrait ravir tous les fans de L’Amulette de Samarcande. »
Un tome que j’ai légèrement moins aimé que le premier, car je trouve plus déséquilibré dans son rythme. Bien sûr il n’y a plus (beaucoup moins) l’effet « découverte » de l’univers et des personnages principaux, et aussi toute cette partie malheureusement gâchée par le titre où ils cherchent à savoir ce que c’est que cette grosse créature que personne ne peut décrire… J’ai aussi eu l’impression que l’histoire n’avançait plus trop à un moment donné, quelque part vers le milieu du livre – pas mal de blabla et de déviations qui n’apportent pas grand-chose dans l’immédiat.
Néanmoins les intrigues se multiplient et s’entrecroisent dans ce second tome, entre autres grâce à l’arrivée massive d’un personnage seulement vaguement présenté dans le premier : Kitty. Les trois trames narratives sont donc maintenant explicitées, par rapport au premier tome qui ne les justifiait pas totalement. Elle amène bien entendu avec elle un certain nombre de personnages secondaires satellites, qui eux aussi ont plus ou moins un rôle dans les intrigues majeures du livre. Du coup la trame de l’histoire générale s’étoffe et s’écarte un peu, parfois, de Nathaniel, ce qui n’est pas plus mal parce que lui devient carrément moins intéressant que dans l’Amulette de Samarcande, en essayant de ressembler aux autres magiciens (ah, l’adolescence…). On comprend et compatit d’autant plus au calvaire de Bartiméus obligé de se farcir ses ordres et sa présence (heureusement pas tout le temps).
La dernière partie du livre prépare en fait le terrain pour le troisième et dernier tome : le dénouement apporte plus de questions qu’il ne donne de réponses, la scène est prête, et les personnages aussi, pour le dernier acte.
Un bon deuxième tome, quoique avec quelques faiblesses, mais qui laisse présager un troisième opus assez mouvementé.
T.1 : L’Amulette de Samarcande
T.3 : La Porte de Ptolémée

L’Amulette de Samarcande

De Jonathan Stroud. 2003. Fantasy jeunesse. Très bonne lecture. (relecture)
T.1 de la Trilogie de Bartiméus.
Titre original : The Amulet of Samarkand – The Bartimaeus Trilogy
amuletteRésumé : « « Je suis Bartiméus ! Je suis Sakhr al-Djinn, N’gorso le tout-puissant, le Serpent à plumes d’argent ! Je suis Bartiméus ! Je ne reconnais point de maître. Aussi, je te somme à mon tour, petit. Qui es-tu pour m’invoquer ? »
Londres. XXIe siècle. La ville est envahie de sorciers qui font appel à des génies pour exaucer leurs désirs.
Lorsque le célèbre djinn Bartiméus est appelé par une puissante invocation, il n’en croit pas ses yeux : l’apprenti magicien, Nathaniel, est bien trop jeune pour solliciter l’aide d’un génie aussi brillant que lui ! De plus, cet adolescent surdoué lui ordonne d’aller voler l’Amulette de Samarcande chez le puissant Simon Lovelace. Autant dire qu’il s’agit d’une mission suicide. Mais Bartiméus n’a pas le choix : il doit obéir. Le djinn et le magicien se trouvent alors embarqués dans une dangereuse aventure… »
Un univers et des personnages très originaux. J’ai pris autant de plaisir à relire ce livre que j’en avais eu à découvrir la série il y a quelques années – sauf qu’à l’époque, le marché du livre étant moins noyé avec des tas d’ouvrages du même acabit, il en paraissait deux fois plus original ! L’univers et les intrigues ne sont pas ni extrêmement originaux ni extrêmement complexes par rapport à ce qu’on peut lire aujourd’hui sur parfois un peu le même thème, mais sont correctement utilisés et amenés.
On retrouve beaucoup plus les structures et éléments du « jeunesse » que du so called « YA » : héros de 12 ans, humour parfois au ras des pâquerettes (mais assumé !), environnement et éléments narratifs explicités soigneusement. Cependant il y a aussi quelque chose de trépidant, de cynique, d’un peu dérangeant, apporté principalement par Bartiméus, bien sûr, mais aussi par, j’ai envie de dire, l’ombre de l’auteur qui plane au-dessus de tout ça et s’en moque gentiment, en profite pour tout de même placer quelques idées politiques ou sociales…
Je trouve qu’une des principales forces de cet ouvrage repose sur ses nombreux équilibres : opposition systématique entre Bartiméus et Nathaniel, monde cohérent, narration alternant entre description, dialogue et action, personnages variés apportant des points de vue différents (la narration est partagée entre trois personnages).
Un très bon roman jeunesse, qui sous des dehors assez classiques fait preuve d’un minimum de subtilité et de maturité.

 

Chroniques d’ailleurs : Blog-O-Livre

 

T.2 : L’Œil du golem
T.3 : La Porte de Ptolémée

Les Enquêtes d’Hector Krine, T.1

Titre du tome : les Pilleurs de cercueils. De Stéphane Tamaillon. 2010. Aventure / enquête science-fiction (hybride, à tendance steampunk mais aussi fantasy) historique jeunesse*. Pas mal, voire très bien pour découvrir Londres et une certaine culture anglaise.
*désolée, mais c’était ça ou « mélo-mélo de genres, jeunesse »
T.2 : L’Affaire Jonathan Harker
pilleurscercueilsRésumé : « Londres, 1889. Le détective privé Hector Krine est chargé d’élucider une mystérieuse histoire de vols de cadavres. Son enquête le mène jusqu’au coeur des quartiers populaires de la capitale anglaise, où s’entassent les miséreux et les Grouillants, des créatures surnaturelles débarquées des quatre coins de l’Europe, fuyant les persécutions. Quand la nécromancienne Hécate, son amour de jeunesse, est assassinée, l’affaire prend pour Krine une tournure très personnelle. Qui est vraiment Matthew ? Que lui veulent cette meute de loups-garous et cet étrange colosse coiffé d’un chapeau melon ? Quels liens les unissent aux pilleurs de cercueils ? Pour le découvrir, Krine va devoir se confronter à son passé et accepter ses origines… »
J’ai commencé à lire ce roman d’un œil assez sceptique : style parfois hésitant, utilisation de certains mots rares ou inusités au milieu de phrases très communes, voire de paragraphes sans rien de très percutant ni poétique ; énième utilisation du Londres victorien comme décor (danger ! ça devient courant, je ne peux m’empêcher d’établir des comparaisons surtout que je commence à avoir lu pas mal de choses semblables), détective habitant au 221A Baker Street (pouin pouin pouin), intégration de figures mythiques ou totalement stéréotypées sans vraiment de personnalité propre.
Finalement, il n’est pas si mal passé.
Le style ne casse effectivement pas de briques, si ce n’est le persillage de quelques mots ronflants de-ci, de-là (« faix » pour « fardeau » entre autres °_°) ; cependant c’est fluide et entraînant. On ne perd pas trop de temps en descriptions (ce qui est un peu dommage mais à mon sens colle bien à l’ensemble du livre), c’est vraiment écrit dans le plus pur style « aventure », avec pas mal de personnages qui semblent se démener dans tous les sens, et des péripéties à la pelle.
Un très bon point : on n’a pas le temps de s’ennuyer.
Par contre ce qui me chiffonne un peu c’est le mélange des références, et la façon dont elles sont traitées : je l’avais déjà senti dans ma lecture, et j’en ai eu confirmation en lisant le « making-of » du livre, en annexe.
Cet auteur a visiblement plein de références, du People of the Abyss, de London, que j’ai étudié en M1 d’Anglais et qui est assez hard à lire (même si c’est du London, ce n’est pas vraiment un livre très grand public), aux vieux films fantastiques des années 70 (que je n’ai en gros pas vus, je sais c’est une grosse lacune), à la culture mythologique**, et à tout un tas d’autres choses pas toujours très liées entre elles mais qu’il va tout de même réussir à caser tant bien que mal dans son livre. Bref, toutes ces références apparaissent sous forme très restreinte, très survolée. Je pense que pour ceux qui ne les connaissent pas c’est assez rigolo, voire intéressant, mais moi j’y ai vu énormément de superficialité, tout du long ; j’aurais aimé qu’il en utilise certaines de manière plus approfondie, et aussi qu’il en supprime, ou rallonge le livre, car ça en fait juste trop pour un bouquin si court et dans lequel en plus il se passe plein de choses dans la trame du récit, nonobstant la passion de l’auteur pour Londres qu’il veut nous transmettre (ce qui est à mon sens très louable). En fait, se concentrer exclusivement sur Londres aurait été à mon sens plus productif.
**Je note en passant que pour moi Prométhée avait été puni parce qu’il avait volé le feu aux dieux, pas parce qu’il avait construit un homme en argile, mais bon : comme c’est de la mythologie grecque et que je n’ai pas encore été vérifié, je lui accorde le bénéfice du doute de l’existence de deux versions, ou d’une version avec les deux faits. Et puis dans le livre c’est carrément un détail, c’est pour ça que je vous spoile allégrement :D.
En fait, j’y vois un peu un ouvrage pour enfants, mais écrit à la manière YA, avec plus de références « débrouille-toi avec ce magnifique symbole archi-connu que je t’offre parce que c’est cool » que de vraies explications à but informatif. Heureusement qu’il a fait cette annexe au livre, ça en apporte autant que les 200 pages précédentes. Cependant c’est aussi intéressant d’avoir toutes ces pistes de recherche, même si le livre reste résolument du divertissement dans sa manière d’amener les choses.
Un drôle d’hybride tout public, qui certainement distraira les uns et passionnera les autres, même si ce n’est pas le livre de l’année sur aucun des sujets qu’il aborde.

Les Enchantements d’Ambremer

De Pierre Pevel. 2007. Fantasy. Très bonne lecture, très distrayante.
enchantementsRésumé : « Paris, 1909. La tour Eiffel est en bois blanc, les sirènes se baignent dans la Seine, des farfadets se promènent dans le bois de Vincennes… et une ligne de métro relie la ville à l’OutreMonde, le pays des fées, et à sa capitale Ambremer. Louis Denizart Hippolyte Griffont est mage du Cercle Cyan, un club de gentlemen-magiciens. Chargé d’enquête sur un trafic d’objets enchantés, il se retrouve impliqué dans une série de meurtres. L’affaire est épineuse et Griffont doit affronter bien des dangers : un puissant sorcier, d’immortelles gargouilles et, par-dessus tout, l’association forcée avec Isabel de Saint-Gil, que le mage ne connaît que trop bien…« 
Petit historique : J’avais commencé ma lecture des œuvres de Pierre Pevel, que j’ai eu l’occasion de rencontrer à plusieurs reprises, par la série Les Lames du Cardinal, que je conseille à quiconque aime les romans d’aventures, de mystère, et de cape et d’épée, sans être pour autant totalement allergique aux éléments fantasy. J’avais acheté les Enchantements au Livre sur la Place (tous les ans en septembre à Nancy), il y a quelques années (2009, 2010 ?), et comme la moitié des livres que j’achète je l’avais soigneusement rangé dans ma bibliothèque, sans le lire sur le coup. Pour ma défense, 95% des livres que j’achète sont des choses que j’ai déjà lues, et compte relire :D.
Le mois dernier mon homme s’est décidé à quitter sa console quelques heures par semaine pour se cultiver littérairement à côté (c’est pas une critique, hein, avec mes 700+ heures sur Diablo III je ne pourrais pas me le permettre !) – disons que d’habitude il lit assez peu, malgré une vitesse de lecture tout à fait honorable. Il m’a donc réclamé ledit livre, que j’ai exhumé de sous les Lovecraft, Tolkien, et quelques autres auteurs (il n’était pas si loin après tout), me sentant vaguement coupable d’avoir acheté le livre, souri à l’auteur, demandé un autographe, pour ne même pas lire son ouvrage la première ! Quand il a entamé les Lames juste après j’ai décidé de rattraper mon retard, quitte à ce que le bouquin soit sorti autant qu’il serve un max avant de regagner ses paisibles pénates. 🙂
Critique : C’est un petit livre (one-shot de 300 pages), très facile à lire, car s’il use d’un vocabulaire divers et châtié très agréable à trouver au milieu des médiocrités contemporaines malheureusement trop communes, Sieur Pevel sait aussi très bien se faire comprendre, et assurer un style fluide et entraînant, teinté d’un humour léger, piquant, et dosé avec tact. L’histoire et l’environnement son à mon sens du même ordre : simple sans être simpliste, juste assez compliqué pour attiser la curiosité du lecteur sans le perdre dans des détails lourds et inutiles. Le côté léger de la lecture n’empêche pas la présence d’intrigues, qui sans dépareiller le monde de féérie sont parfois traitées sur un ton grave.
Je ne peux m’empêcher de rapprocher ce livre d’un certain type de contes ou de nouvelles fantastiques (bien qu’il s’agisse bien ici plutôt de fantasy/merveilleux), assaisonné d’Arsène Lupin. C’est vraiment une lecture qui pourrait convenir à un très grand public, grâce à tous ses atouts bien dosés. Bien qu’il ne soit pas classé en « jeunesse », et n’a pas certains des aspects et éléments typiques des ouvrages jeunesse, je n’ai rien vu dans ma lecture qui pourrait la déconseiller à des jeunes lecteurs.
J’ai dit que c’était un one-shot, car il peut effectivement se lire seul, mais les plus avisés sauront qu’il existe une suite aujourd’hui aussi introuvable que l’OutreMonde lui-même : l’Elixir d’oubli. Espérons qu’il soit un jour réédité…

Edit 2016 : l’Elixir d’Oubli a été réédité, et il est à présent agrémenté de sa suite ! Les trois opus sont disponibles en deux éditions au moins.

Chroniques d’ailleurs : Des livres ! des livres !