Comme un roman

De Daniel Pennac. Folio Gallimard, 1992. Essai. Très bonne lecture. [198 p.]

commeunroman.jpgLes droits imprescriptibles du lecteur

1. Le droit de ne pas lire.
2. Le droit de sauter des pages.
3. Le droit de ne pas finir un livre.
4. Le droit de relire.
5. Le droit de lire n’importe quoi.
6. Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible).
7. Le droit de lire n’importe où.
8. Le droit de grappiller.
9. Le droit de lire à haute voix.
10. Le droit de nous taire.

Ah ! Quel lecteur exilé de l’éducation moderne n’est encore pas tombé sur cette charte, placardée sur la porte du CDI, affichée dans une salle de cours, référencée dans un ouvrage scolaire ?… On nous les répète, ces lignes, tout le monde a l’air de les connaître, c’est une Référence avec un grand R, on nous le pompe, l’air, avec, et moi ça faisait un peu plus de 15 ans que j’avais ce titre dans la tête, et ces quelques lignes, et enfin j’ai ouvert le Graal, la Déclaration Universelle des Droits du Lecteur, et qu’y ai-je trouvé ?

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Nouvelles arrivées de septembre

Bonjour tout le monde,

Je lis et chronique donc peu en ce moment, mais ça ne m’empêche pas de ramener plein de livres dans ma pile à Lire, ah ça non. Le mois de septembre, pour le coup, a été particulièrement « productif ».

D’abord, il y avait cette « fête des vendanges » dans le parc du château de Mme de Graffigny à Villers-lès-Nancy – quelques animations, donc une expo sur la bergamote et autres agrumes, des artisans locaux venus vendre leurs produits, et le Secours Populaire local qui avait installé son stand. De livres.

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More Weird Things Customers Say In Bookshops

De Jen Campbell. Editions Constable, 2013. Perles. Excellente lecture. [121 p.]
weirdthingsRésumé : « Weird Things Customers Say in Bookshops was a Sunday Times bestseller, and could be found displayed on bookshop counters up and down the country. The response to the book from booksellers all over the world has been one of heartfelt agreement: it would appear that customers are saying bizarre things all over the place – from asking for books with photographs of Jesus in them, to hunting for the best horse owner’s manual that has a detailed chapter on unicorns. 

« I had such a crush on Captain Hook when I was younger. Do you think this means I have unresolved issues? »

More Weird Things Customers Say in Bookshops has yet more tales from the antiquarian bookshop where Jen Campbell works, and includes a selection of ‘Weird Things…’ sent in from other booksellers across the world. The book is illustrated by the BAFTA winning Brothers McLeod. »

Parmi tous les livres d’humour que j’ai pu lire je vous conseille celui-ci sans hésiter !
Jen Campbell est auteur de poésie et de nouvelles, et elle travaille actuellement dans une librairie au Nord de Londres. Depuis quelques temps elle regroupe dans des recueils les perles de ses clients. Celui-ci est son deuxième publié, comme l’indique plus ou moins le titre.

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Les Mots

De Jean-Paul Sartre. Folio, 1964. Autobiographie. Excellente lecture + coup de cœur pour le style. [206 p.]
motsRésumé : « J’ai commencé ma vie comme je la finirai sans doute : au milieu des livres. Dans le bureau de mon grand-père, il y en avait partout ; défense était faite de les épousseter sauf une fois l’an, avant la rentrée d’octobre. Je ne savais pas encore lire que, déjà, je les révérais, ces pierres levées ; droites ou penchées, serrées comme des briques sur les rayons de la bibliothèque ou noblement espacées en allées de menhirs, je sentais que la prospérité de notre famille en dépendait.« 
Sartre met dans la bouche, dans la tête, de cet enfant qui n’est nul autre que lui-même, des pensées dont je ne sais pas toujours si elles sont de l’homme adulte ou du petit garçon, ou une analyse par l’homme de ce qu’il fut étant plus jeune – et qu’importe après tout ? La musique des mots, l’exubérance de l’être et de l’écrivain, ses rêves et idées les plus extravagantes mais aussi les plus profondes m’ont transportée sans aucun souci à travers ces pages – trop peu nombreuses.

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Langues et lecture

Il va falloir, je le sens, que je vous explique une petite chose à propos de mon rapport à la lecture. En tous cas j’en ai bien envie. 🙂
Du fait de mon environnement familial et social, j’ai commencé par lire en français, et continué sur cette lancée pendant un sacré nombre d’années. Au fil des mes lectures, avant même de commencer l’enseignement des langues vivantes à l’école, j’ai commencé à repérer des choses, ici et là, qui titillaient mon cerveau et commençaient à construire des petites catégories chacune dans leur coin, et pourtant tous reliés quelque part : parfois, dans les livres, se glissent des mots voyageurs, des mots venus d’ailleurs, d’autres temps ou d’autres lieux. Je me suis mise à les « collectionner », et je suis à ce jour toujours ravie d’en trouver dans n’importe quel texte (surtout lorsqu’une traduction ou explication me permet d’en saisir le sens). Je ne les retiens pas tous, naturellement, mais j’ai comme une constellation de termes trouvés ici et là que je peux parfois reconnaître, sans parler aucune de ces langues. ^^

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PàL m(out)onts et PàL vaux

Bonjour !
Je ne poste pas beaucoup ces temps-ci, tout simplement parce que je lis peu, mais cela ne m’a pas empêché de craquer sur quelques titres qui me sont passés sous les yeux dans des circonstances inhabituelles :
D’abord là où j’ai travaille en août il y avait un mouton de lecture.
(Me regardez pas comme ça)
C’est un mouton assemblé de pièces de carton, dont le corps est constitué d' »étagères ». Le panneau explicatif qui l’accompagne précise que les livres sont à consulter, emprunter, emporter, redéposer… Passant et repassant devant chaque jour (et même plusieurs fois par jour), j’ai fini par mettre le nez dedans, y apporter un livre dont je voulais me débarrasser, et repartir avec deux classiques français, ce qui est une première depuis longtemps :
moutonLynnae venait de parler du premier, dont j’avais déjà entendu du bien lors du collège-lycée, mais sans jamais avoir à le lire moi-même ni en prendre l’occasion pour mon propre plaisir. Je me retrouve avec cette édition un peu particulière puisqu’elle est conçue pour le travail d’analyse de texte de Collège ! 🙂 Ma lecture en sera un peu entrecoupée, mais j’y trouverai peut-être des explications ou pistes de réflexion qui m’intéressent.

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Le samedi, plus de bibli.

Je crois avoir trouvé une demi-solution pour m’occuper un peu de ma PàL personnelle.
En effet, mon abonnement médiathèque s’est fini hier, et j’ai pris sur moi de ne pas courir me réabonner de suite. Bien entendu, j’ai encore récemment emprunté quelques trucs, donc je ne crie pas encore victoire tout de suite puisqu’il me reste des livres à eux à lire. Mais on c’est quand même une bonne idée, non ? Il faut juste que j’arrive à leur retourner les documents sans passer devant les rayons, par exemple hors des horaires d’ouverture (ils ont un système de boite de retour en-dehors du bâtiment). Question tentation, ce serait sacrément mieux ! 😉
Je ne me fixe pas de date butoir, cependant j’aimerais tenir au moins le temps de lire les livres qu’on m’a prêtés ce printemps, les SP/cadeaux, ainsi que quelques-uns qui traînent dans ma bibliothèque depuis des années !

Jour 1 :  09 juillet 2014

Tag : mes habitudes de lecture

TagMeshabitudesDeMectureImage reprise de I read therefore I am, qui l’a piquée chez La Bouquineuse, qui l’a elle-même pompée chez Etincelles de Plume
Ce matin* je passais chez I read therefore I am et je suis tombée sur ce tag fort sympathique ! 🙂
* enfin, pas vraiment ce matin, un autre matin plus tôt dans la semaine
1- Est-ce que tu as un endroit préféré chez toi pour lire ?
Je lis pas mal sur le lit, ou alors sur ma chaise devant l’ordi. Il faut dire que je n’ai pas trop d’autre choix, à moins de m’installer par terre !
2- Marque-page ou n’importe quel morceau de papier ?
Les deux ! J’ai toute une collection de marque-pages, mais j’ai tendance à parfois avoir la flemme d’aller en chercher un, ou bien je veux marquer une deuxième page, donc je me retrouve avec des bouts de papiers divers. ça m’est déjà arrivé de chercher des notes ou une liste de courses / de choses à faire… qui était dans mon livre en cours !
3- Est-ce que tu peux t’arrêter de lire n’importe où dans le livre ou dois-tu attendre la fin d’un chapitre ?
Hélas c’est assez rare que je puisse m’arrêter entre deux chapitres ! J’ai l’habitude de stopper ma lecture n’importe où, même au milieu d’une page.
4- Est-ce que tu manges ou tu bois quand tu lis ?
Parfois. Par exemple le matin il m’arrive d’emporter un livre pour me tenir compagnie pendant le petit-déjeuner. 😀 J’évite néanmoins de manger ou boire juste au-dessus du livre en question, je n’aime pas spécialement avoir des miettes entre les pages. Au cours de la journée, je bois parfois du thé en lisant.
5- Multitâches : musique ou télévision en lisant ?
Musique, parfois ; télévision, impossible – ça a même tendance à me déranger si elle est allumée dans la pièce où je lis ! Dans tous les cas la musique va devenir un bruit de fond pour moi, je ne peux pas être focalisée sur les deux à la fois, lecture et écoute.
6- Un livre à la fois ou plusieurs ?
Souvent plusieurs, et souvent pour des raisons pratiques : par exemple j’en ai un que je dois lire rapidement et l’autre que j’ai déjà entamé ; ou bien l’un des deux est impossible à transporter (traduisez : gros, grand et lourd :p). Cependant j’aime alterner les genres ou les styles quand c’est le cas. Par exemple là je lis un roman en français, et j’ai aussi commencé des contes en anglais. Ça m’est également souvent arrivé de lire un documentaire et un roman en même temps. Je ne vais par contre pas lire, mettons, deux polars en même temps.
7- Lire à la maison ou ailleurs ?
Peu importe ! Je lis souvent à la maison, mais aussi à la médiathèque (ça me permet de ne faire que ça, et pas d’être tentée d’aller sur l’ordi toutes les deux minutes :p – c’est aussi bien quand je trouve que l’ambiance est trop bruyante – télé, tondeuses, travaux…), aux arrêts de bus, à la pause au boulot…
8- Lis-tu à voix haute ou en silence dans ta tête ?
Lire à voix haute est long et fastidieux. ça m’est déjà arrivé, principalement sur des textes en langue étrangère, pour « tâter » de la musicalité de la langue, mais rarement plus de deux ou trois pages à la suite (après j’en ai marre), et seulement quand j’étais tout seule (parce que, il faut le dire, non seulement tu as l’air un peu con mais en plus ça peut déranger ton entourage quand il n’a rien demandé !). Si je commence à marmonner des mots ou bouts de phrases c’est en général parce que ma focalisation sur ma lecture est mise à mal et que je veux le signaler aux perturbateurs ! :p
9- Est-ce qu’il t’arrive de sauter des pages ou même de jeter un coup d’œil plus loin dans le livre ?
Ça m’arrive de lire des bouts de descriptions en diagonale, même quand j’aime le livre. Si je commence à sauter des pages ou aller voir plus loin, c’est en général que j’ai un souci d’intérêt envers le livre, c’est plutôt mauvais signe.
10- Casser la tranche ou la garder intacte ?
°_0 En AUCUN cas je ne vais exprès exploser la reliure du livre, surtout que certaines éditions te lâchent illico des pages si tu tentes le coup (la personne qui a eu l’idée de cette question n’a pas exemple pas dû trop se frotter à des Pocket fantasy… même s’ils publient de bons auteurs, hein :p) – par contre en tant que lectrice qui aime trimballer ses livres et les relire parfois plus de trois fois, je suis consciente que c’est parfois très difficile de garder un livre intact, voire impossible au fil des années.
11- Est-ce que tu écris dans tes livres ?
En général, non. Mais ça m’est déjà arrivé, et même pas qu’au crayon de papier. :p Je suis en général beaucoup moins attentionnée envers les livres scolaires !
Reprenez ce tag si vous le souhaitez, je ne vais nommer personne en particulier. 😉 Vous pouvez poster vos liens ci-dessous en commentaire, comme ça on peut comparer nos habitudes de lecture !

Dans le livre des rêves

De Mikkel Birkegaard. 2013. Science-fiction. Excellente lecture. [509 p.]
Titre original :  Fra drommenes Bog*, 2012
* Mes neurones conditionnés à la trad’ s’activent, trouvent : « fra » = « from » ; « drommenes » = « Traum-« / »dreams » ; « Bog » = « Buch »/ »book » ; autrement dit le titre « Ex Libris Somnia » aurait pu être simplement donné, car je trouve qu’on perd un chouïa la signification de l’expression en la passant ainsi en français : « dans le », au lieu de « from »/ »ex »/ »von », indiquant tous la provenance. « Du livre des rêves » aurait peut-être sonné de manière bizarre ? Ouais, je sais, on s’en fout un peu, le titre est loin d’être mauvais. C’était juste une pensée sauvage.
lelivredesrevesRésumé : « Copenhague, 1846. Arthur avait 10 ans quand son père est mort dans des circonstances inexpliquées. Il en a 17 quand son chemin croise celui de Mortimer Welles, restaurateur de livres anciens et détective amateur à ses heures perdues. Ensemble, ils tentent d’élucider une série de disparitions étranges… Dans le pays, l’heure est à l’obscurantisme et à la censure. Le roi lutte contre la divulgation des idées. Mais Arthur entend parler d’une mystérieuse bibliothèque ou seraient conservés tous les ouvrages interdits par le ministère du Livre. Y aurait-il un lien entre cette bibliothèque et la mort de son père, fonctionnaire de ce ministère ? Aurait-il découvert des informations compromettantes ? Pour le savoir, Arthur et Mortimer plongent dans un univers aussi déroutant que menaçant… Décidément il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark.

Un roman onirique, brillant et inventif à mi-chemin entre les univers de Jules Verne et d’Arthur Conan Doyle, une aventure littéraire fabuleuse. »

Difficile de classifier ce livre sans donner de fausses idées aux lecteurs ! 😉
Petit rappel : la science-fiction donne des explications scientifiques à des phénomènes « improbables » qui vont sous-tendre une intrigue, un univers. On est donc bien ici, en principe, dans de la S-F. Certains trouveront dans le cadre oppressif du Ministère du Livre une idée de dystopie – effectivement ça cadre avec la définition globale (qui fait partie de la grande famille de la S-F, ne l’oublions pas même en ces temps où la dystopie est en train de devenir un genre à part, quelque chose que j’aurais d’ailleurs vraiment envie de qualifier de néo-dystopie, car très loin en termes de codes et d’atmosphère de ce qui se faisait dans les années 1920/60 !). J’ai aussi, malgré tous les éléments de S-F, trouvé un petit air gothique à tout ceci : les vieux livres, le concept onirique, la vieille Copenhague du XIXe… Cependant ce n’est pas à strictement parler du fantastique, à cause justement des explications « rationnelles » citées ci-dessus.

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Bonne résolution du jour

Aujourd’hui est le jour-ultime d’emprunt, prolongation comprise, de Dorian Gray. Deux mois que je l’ai arraché à la médiathèque, deux bonnes semaines que je l’ai commencé, lu page par page (quasiment, par moments !!), principalement dans le bus, moins à la maison où m’attendent Internet (Facebook-la blogosphère-les liens rigolos-les news-les liens avec des zanimaux tout mignons), Diablo III et Diablo II.
(Même si souvent je me jette surtout sur le frigo parce que je rentre rarement avant 13h et que, en commençant tôt le matin, j’ai LA DALLE avant toute autre envie.)
En plus, donc disais-je (pas encore, mais ça allait venir), c’est un livre du challenge des 100 livres à avoir lus lancé par Bianca ; et j’ai de toutes façons envie de lire ce livre depuis un bail, c’est juste qu’en ce moment j’ai plutôt envie de lectures légères et faciles, et même si j’aime beaucoup Wilde, lire un livre du XIXe en anglais c’est un peu plus fatigant que de dévorer un mauvais* polar moderne (ou même un bon).
* Enfin p’têt’ pas non plus un mauvais mauvais, mais un juste assez cliché pour suivre l’histoire d’un œil et pas réveillée.
Je vais donc de ce pas m’exiler à la médiathèque et achever les 80 dernières pages.

lirelibre

Oui, je sais, vous rigolez déjà en vous disant que ce post sera suivi d’un article désolé sur l’amplification soudaine du volume de ma PàL, assorti d’émerveillement quant à la qualité esthétique et les promesses des nouveaux venus. Je vais tâcher d’éviter.
Ou pas plus de deux. Ou uniquement des faciles à lire.
(Comment ça j’ai aucune volonté ? Mais il ne s’agit aucunement de volonté, c’est le destin qui place les titres sur mon chemin)
Ou les bibliothécaires.
J’ai aussi l’option de contournement du problème qui consiste à emmener un deuxième livre à lire pour faire d’autant plus baisser la vieille PàL. 😀
Bref, si vous ne voyez pas de critique sur Dorian Gray dans les deux jours, c’est que ma manœuvre hyper-stratégique aura échoué >>.