Strom, T.2 : les Portails d’outre-temps

D’Emmanuelle et Benoît de Saint Chamas. 2011. Série jeunesse d’aventures ésotérico-mythologiques . Très bonne lecture.
Trois tomes sortis pour le moment :
1. Le collectionneur
2. Les portails d’outre-temps
3. La 37e prophétie
stromRésumé : « Il y a certains secrets qu’il est préférable de taire, certaines portes qu’il vaut mieux laisser fermées. Ainsi, depuis des siècles, et grâce aux pouvoirs du Strom, la confrérie des Chevaliers de l’Insolite cache l’existence de portails ouvrant sur l’inconnu.
Membres de la future génération de chevaliers, Raphaël et Raphaëlle découvrent l’un de ces passages : un portail d’outre-temps, qui permet de voyager dans le passé – au risque de ne jamais revenir… »
Un bon livre, distrayant et prenant. Ce qui est sympa c’est que déjà concernant le premier tome je n’étais pas plus emballée que ça, et l’impression des toutes premières pages est assez « enfantine », simple et un petit peu stéréotypée par moments, typique des lectures jeunesse 10-12 ans – pourtant la narration finit toujours très vite par me happer, et je me retrouve prise dans l’histoire sans aucun problème et sans plus me poser de questions sur la maturité du texte ou quoi que ce soit. C’est dynamique, humoristique, léger. Ça se lit super bien.
Le Strom, la Confrérie de Saint Georges n’est pas sans rappeler, encore une fois Harry Potter. De mon point de vue c’est suffisamment différent pour n’en retenir que les bons côtés (apprentissage du Strom, camaraderie, vie et découvertes au sein de l’organisation) sans crier au plagiat. Les deux héros sont jumeaux, ce qui m’a cette fois rappelé plutôt la série des Nicolas Flamel (que par comparaison je trouve beaucoup plus mal fichue en termes d’équilibre interne et de subtilité, même si elle s’adresse pourtant à un public un peu plus âgé !).
En conclusion, ne casse pas trois pattes à un canard pour son originalité, mais s’assume pleinement en tant que tel. Thème et écriture maîtrisés, agréables. Rien à redire 🙂

 

Chroniques d’ailleurs :  Let’s Be ExtraVagant

Nosferas

De Ulrike Schweikert. 2012. Fantasy jeunesse. Très bonne lecture.
Titre original : Der Erben der Nacht – Nosferas, 2008
nosferas
Résumé : Dans l’Europe du XIXe siècle, cinq clans de vampires tentent tant bien que mal de survivre, face aux humains et aussi face à eux-mêmes, puisqu’ils sont tous rivaux. De là la bonne idée, bon gré mal gré, de rassembler et d’éduquer les jeunes des clans afin de les armer contre le monde, et aussi de leur inculquer que de se chercher des noises comme leurs parents c’est pas une solution. Bien sûr, c’est loin d’être gagné d’avance. D’où une atmosphère qui m’a assez fait penser à la découverte de Poudlard par le jeune Harry Potter, ses amitiés et inimitiés du début, etc. En arrière-plan (pour le moment), des intrigues politiques dans l’environnement du pape Pie IX, incluant guerres intestines et luttes de pouvoir, mais aussi chasse aux vampires.
Une très bonne surprise. J’ai pris le livre sans être convaincue (la 4e de couv’ n’est pas terrible non plus), j’ai ensuite eu peur dans les premières pages d’être tombée sur quelque chose de pas très bon, voire mauvais question scénario et personnages… et finalement l’histoire s’est lancée, les personnages sont venus de plus en plus nombreux, se sont complexifiés, et j’étais conquise à la moitié du livre (qui fait près de 500 pages, au fait). Un point très fort de cet ouvrage est le cadre. L’auteur s’est visiblement  bien documentée sur le Rome et l’Europe du XIXe, ce qui donne un aspect historique à un livre qui ne prétend pas l’être puisque l’intrigue reste du ressort de l’imaginaire.
C’est bête à dire, mais c’est une fois de plus un coup de cœur dans la collection Wiz d’Albin Michel (ah tiens, oui, c’est du Albin Michel ?), avec les Angie Sage (Magyk), Jonathan Stroud (La trilogie de Bartimeus), les Fabrice Colin (Bal de givre à New York, Le Maître des dragons/La Malédiction d’Old Haven (qui forment un dyptique)) — bon je regarde le sommaire des titres Wiz et il y en a dans lesquels je ne me plongerai pas en fait ! :p Mais j’aime tout de même beaucoup cette collection.
Indications sur le livre : premier d’une saga (Der Erben der Nacht) dont le titre général n’est pas encore traduit en France (« Les Héritiers de la nuit », merci Reverso) parce que l’éditeur n’était prétendument pas sûr d’arriver à les vendre [mode élitiste on] c’est sûr quand c’est pour importer du caca de vampires des pays anglo-saxons on sait qu’on a le public, mais pas pour de la fantasy allemande de meilleur niveau, sait-on jamais que les gens soient trop cons pour lire ça [/mode élitiste off]. Cinq tomes en tout sont parus en Allemagne.
Tome 1 : Nosferas (2008)
Tome 2 : Lycana (2008)
Tome 3 : Pyras (2009)
Tome 4 : Dracas (2010)
Tome 5 : Vyrad (2011)
(en cherchant ces infos, et d’autres sur l’auteur, j’ai découvert un blog qui a l’air génial. Et le blog de l’auteur.)

Gótico

De Rafael Ábalos. 2011. Roman jeunesse hybride*. Excellente lecture.
Titre original : Kôt, 2007
*Roman jeunesse « inclassable », regroupant intrigue policière, fantastique, et occultisme sur fond historique.
gotico
Résumé : « Un vieil homme s’éveille sans mémoire dans un cachot médiéval. Une neurologue est retrouvée morte, le mot KôT marqué au fer rouge sur la main. Nicholas et Beth, deux lycéens brillants doivent résoudre des énigmes qu’on leur envoie par e-mail. Rien de commun à ces trois évènements, pourtant ils sont liés par un ténébreux secret qui peut changer le cours du monde… »

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Gamba et les rats aventuriers

De SAITÔ Atsuo. 2011. Aventure jeunesse. Bonne lecture.
Roman publié au Japon en 1982.
J’ai lu extrêmement peu de romans japonais (dans l’univers des mangas, on en oublierait presque qu’il existe toute une littérature nippone), et il me semble que c’est le premier ouvrage jeunesse sur lequel je tombe.
gamba
Résumé : Gamba, rat des villes casanier, est un jour plus ou moins contraint par son ami et voisin à rejoindre une fête chez les rats dockers, sur les quais, près de la mer qu’aucun des deux n’a jamais vue. Se laissant convaincre, Gamba, toujours accompagné de son ami, va non seulement rencontrer plein d’autres rats de style bien différents que ce à quoi il est habitué, mais aussi se retrouver mêlé à une sombre histoire de rats opprimés par une belette féroce et tout son clan, sur une île non loin de là.
La toute première réflexion que je me suis faite en voyant le livre était : »Oh, un Rougemuraille japonais ! » Rougemuraille ou Redwall en anglais est une série de livres d’aventures jeunesse (8-12 ans) créée par Brian Jacques en 1986, et publiée jusqu’à la mort de l’auteur il y a quelques années. Elle consiste en une grosse vingtaine d’histoires, d’environ 400 pages chacune (plutôt 800 en édition française car la typo et la mise en forme sont très lâches), formant une énorme saga. Il existe aussi une série animée très censurée, ce qui la rend accessible dès 2 ans mais plus guère au-delà de 8… alors que la série littéraire, bien que mettant en scène de petits animaux, se caractérise par un ton parfois sombre, des combats épiques, etc. En cela, je ne me suis pas trop trompée en comparant les deux ouvrages.
Cette caractéristique se retrouve dans Gamba : bien que j’ai eu un peu de mal à vraiment accrocher au début, à cause d’abord du style (phrases « coupées », langage parfois très familier – j’ai supposé que c’était simplement soit un style japonais soit le style de l’auteur ; je ne pense pas que le traducteur soit vraiment en cause et finalement cela s’intègre bien à l’histoire et au mode de narration, et je m’y suis habituée au fil de ma lecture), et aussi à cause du rythme assez lent dans les premières pages. La présentation de tous les rats avec toutes leurs caractéristiques m’a assez fait penser à la scène du début de Bilbo le Hobbit, avec l’arrivée des Nains ! Le cadre est japonais bien sûr, ce qui amène une touche d’exotisme (de mon point de vue) aux descriptions, aux décisions des rats, à leur manière de s’exprimer les uns envers les autres…
Comme je l’ai laisse entendre ci-dessus, l’histoire réserve des surprises concernant le ton et les péripéties. Loin de s’adresser à un lecteur naïf, le récit s’organise autour d’évènements dramatiques (oppression, manque de nourriture, massacres…) ou potentiellement traumatisants (dès le début de l’histoire en fait, avec le départ bon gré mal gré de Gamba de son nid sécurisé). Les thèmes de la loyauté, de la solidarité et de l’amitié sont également traités, encore une fois avec un regard assez juste sur ces notions et les questions qu’elles entraînent.