Le Village aux Huit Tombes

De Seishi Yokomizo. Denoël, 1993. Roman policier. Très bonne lecture [307 p.]

Titre original : Yatsuhakamura, 1951

Traducteurs : René de Ceccatty et Ryôji Nakamura

villagehuittombesRésumé : « Nous sommes dans l’après-guerre. Une double malédiction a frappé un petit village traditionnel du Japon profond. Les huit tombes qui lui donnent son nom abritent les corps de samouraïs assassinés dans des temps très lointains par les villageois désireux de s’emparer d’un trésor fabuleux. Un second massacre, plus récent, a été perpétré par un amant fou de jalousie. Y aura-t-il une troisième tuerie ? Avec l’arrivée du narrateur, Tatsuya, jeune homme au passé mystérieux, le pire est à craindre. Le carnage commence dès son entrée en scène. Son grand-père et son demi-frère sont empoisonnés. Tout l’accuse. Acueilli avec suspicion par les villageois, il comprend avec horreur que les crimes se succèdent selon un système imparable – qui n’est pas sans rappeler Dix petits nègres – dont il tente de comprendre les lois avec l’aide d’un détective à la fois futé et décontracté, Kôsuke Kindaichi. Huit samouraïs assassinés, huit tombes, huit victimes. Mais qui est donc le narrateur ? L’assassin ou l’ultime victime ?« 

De romans japonais je n’ai lu qu’extrêmement peu de titres, et de romans policiers japonais je ne me souviens que d’un Ranpo Edogawa (merci Détective Conan [un manga] pour la référence ! 😉 ) qui m’avait bien plu.

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Le Post-apocalyptique

[Collectif]. ActuSF, 2013. Essai. Très bonne lecture. [90 p.]

Collection(s) : La Maison d’Ailleurs

43777Résumé : « Le post-apocalyptique est un genre relativement connu, principalement grâce aux innombrables productions cinématographiques hollywoodiennes qui sont apparues sur nos écrans cette dernière décennie. Or, il serait terriblement réducteur d’imaginer que seuls Le Jour d’après, La Route, 2012 et autre After Earth sont représentatifs d’une tradition aussi ancienne que diversifiée. Afin de mieux saisir la spécificité et la richesse de cette esthétique, la Maison d’Ailleurs a confié à quatre spécialistes le soin de proposer des points de vue inédits sur ces récits faisant la part belle aux zones et, surtout, à la manière dont les humains tentent de reconstruire une société digne de ce nom après la catastrophe. Quatre essais, une sélection iconographique exceptionnelle : le post-apocalyptique dévoile ses secrets.« 

Récemment j’ai réalisé que ça n’allait pas faire très loin d’un an que j’avais reçu ce livre de la Faquinade à l’issue de la session 2014 de Août, Nouvelles coûte que coûte. Étant en plus plutôt dans des lectures SF en ce moment, je me suis dit que c’était un bon moment pour le sortir de ma PàL.

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La plus grande cuillère à riz du monde

De Sirisombath. Editions Kotoji, 2012. Documentaire. Bonne lecture. [99 p.]
Sous-titre : Ou 50 choses utiles et inutiles à connaître sur le Japon.
Illustrations : Olivier Romac.
cuillerearizRésumé : « Connaître un pays, c’est à la fois comprendre les mécanismes généraux qui le gouvernent, par exemple les principales religions qui y sont pratiquées, ses données économiques et politiques, mais aussi observer les petites choses inutiles de tous les jours : un héros de dessin animé ambassadeur, ne plus porter de cravate pour sauver de l’énergie, toutes ces choses qui en disent long sur un peuple. Cet ouvrage peut se lire et se relire dans n’importe quel ordre, un livre pour tous les passionnés ou simples curieux de ce pays fascinant qu’est le Japon.« 
J’avais repéré ce livre pour la première fois lors d’une journée en l’honneur du jumelage Nancy – Kanazawa (la ville à la fameuse lanterne aux pieds irréguliers, que je connaissais déjà car Nancy en possède une offerte par sa ville jumelle dans un espace vert où je vais souvent me promener). Les auteurs étaient présents dans un hall de la mairie et dédicaçaient leur ouvrage sur fond d’exposition de certaines « planches » (texte + illustrations de certains faits choisis). J’avais lu quelques-unes de ces pages sans me décider à l’acheter mais en admirant le travail soigné, peut-être un peu trop « grand public » pour mes goûts, peut-être pas une priorité de lecture, mais tout de même un bel ouvrage visiblement, et probablement plaisant à lire.
Aline ayant elle craqué dessus, le livre s’est retrouvé naturellement dans la pile qu’elle m’a prêté récemment.
Je ressors de ma lecture avec un sentiment mitigé. Je ne suis pas à proprement dire déçue, je pense que ce projet de livre – qui se tient tout à fait – a été correctement exécuté, mais je lui ai trouvé un certain nombre de défauts qui ont quelque peu entaché ma lecture, et un contenu qui n’a pas tout à fait répondu à mes attentes personnelles.

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Sadako

De Kôji Suzuki. Fleuve Noir, 2014. Épouvante. Moyen, voire pas terrible. [359 p.]
Titre original :  S, 2012
sadakoRésumé : « Takanori Andô, graphiste spécialiste de l’analyse d’image, reçoit une vidéo amateur montrant un suicide à l’intérieur d’un appartement banal. Son client souhaite déterminer s’il s’agit d’un véritable suicide ou d’une mise en scène de génie. À chaque visionnage de la vidéo, Takanori se rend compte que le cadre de l’image se décale très légèrement, permettant de voir jusqu’au visage du suicidé : Seiji Kashiwada. Ce dernier est un serial killer condamné à la peine de mort pour le meurtre de quatre fillettes, douze ans plus tôt, et dont l’exécution a eu lieu peu de temps auparavant…
Takanori se lance dans une enquête effrayante tandis que d’étranges phénomènes envahissent sa vie et celle de sa compagne.

Kôji Suzuki est considéré comme le « Stephen King japonais ». Sa série Ring ainsi que Dark Water ont été adaptés au cinéma et ont connu un succès international.

« 
J’ai emprunté ce livre cet après-midi et l’ai déjà fini, il est en fait assez court car écrit très gros, et se lit très rapidement. Le style ne m’a pas marqué particulièrement, c’est parfois vaguement poétique, ou peut-être est-ce le regard japonais qui me donne une impression d’exotisme ? Les phrases et enchaînements de paragraphes, bien que très fluides, ne m’ont pas paru empreint d’aucun style particulier.
En le lisant j’ai compris qu’il se voulait une suite de « Ring« , dont je n’ai vu que l’adaptation cinématographique, d’un œil, en essayant de ne pas voir le « flippant » (raté j’ai enlevé mes mains au mauvais moment) – et je ne sais même plus laquelle ! (il n’y avait pas une sombre histoire de version US vs version J ?) De toutes manières Sadako rappelle les évènements de l’histoire de Ring (le livre), c’est clair même si ça dévoile l’histoire en entier (je la connaissais en gros, je n’ai pas eu de surprise) – donc je conseillerais à ceux qui seraient passés totalement à côté de Ring de ne pas lire ce roman en premier s’ils souhaitent découvrir l’intrigue « de base ».
Le côté épouvante… ne m’a pas épouvantée du tout. Mais alors vraiment pas. On voit tout arriver de très très loin, même si parfois c’est par étapes que ça se passe, et hormis un vague malaise à certains moments (l’atmosphère reste toute de même déplaisante) je n’ai franchement rien ressenti du tout. Je précise en passant que je trouve les Chair de Poule flippants. Certains m’ont même collé des cauchemars à 12 ans. J’ai lu quelques King et certains m’ont moins plu que d’autres, mais dans l’ensemble il arrive au moins à créer une atmosphère bien malsaine, un sentiment de tension chez le lecteur (parfois frustré en fin de compte, je n’ai plus de titres précis mais j’ai eu quelques semi-déceptions). Ici – rien, ou quasiment rien. J’aurais pu lire un roman d’aventures, ou à énigmes.
Je ne me suis pas vraiment ennuyée non plus car il se passe des choses dans le livre et j’ai apprécié les relations entre les différents personnages. J’ai aussi pu remarquer certaines différences de pensées, propres peut-être aux Japonais, ou en tous cas différentes de ce qu’on aurait pu lire dans un roman français ou américain. Néanmoins si le but du roman était de créer une atmosphère de terreur, je trouve que c’est tombé à plat.

 

Chroniques d’ailleurs :  Plume de Cajou

Le Vent se lève

De Hayao Miyazaki. 2014. Film d’animation. Grosse claque. [2h06]
Titre original : Kaze tachinu, 2013
leventseleveRésumé : « Dans les années 1920, le jeune Jiro Horikoshi, fasciné par le ciel et le vent, rêve de devenir pilote d’avion. Mais sa mauvaise vue l’en empêche. Il se fait alors embaucher dans une entreprise d’aéronautique : puisqu’il ne peut pas piloter, il dessinera le plus bel avion du monde…« 
Je sors tout juste de la séance – il était temps, je pense, car les horaires VO se réduisent de semaine en semaine, et je bosse (et je veux aller aux séances de 14h parce que c’est moins cher :p).
J’en suis encore positivement traumatisée. Je suis sortie du ciné avec cette étrange impression, que je vous souhaite avoir déjà expérimentée, que le monde réel n’est pas plus réel que celui dans lequel vous venez de vivre vos 10 dernières années 2 dernières heures – moins beau, moins fluide, un peu plus terne, moins éblouissant et étrangement familier.

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The Bamboo Sword and Other Samurai Tales

De Shuhei Fujisawa. 2005. Contes. Excellente lecture. [253 p.]
Ces contes sont extraits de différentes publications japonaises éditées dans les années 70/80 – je ne suis par contre pas sûre qu’ils trouvent leur origine (écriture) au 20e siècle.
the-bamboo-swordRésumé : « This delightful collection of eight stories evokes life in early seventeenth-century Japan, a time when peace finally reigns after centuries of civil war. Tokugawa Ieyasu has defeated his rivals to become shogun, and is busily establishing the regime that ruled the country for the next two and a half centuries.
It is a period of political upheaval full of intrigue, rivalry, and betrayals. The samurai are still valued for their swordsmanship, and are a cut above the peasants, artisans, and merchants in the social hierarchy. Without battles to fight, however, these career warriors struggle to retain their sense of pride and meaning in life as they attempt to settle into mundane jobs and family life. Occasional flashes of the sword are tempered by the sympathies, conspiracies, kindnesses, and enmities arising between people from across the social spectrum.
Fujisawa brings a distant culture richly to life, with characters that modern audiences the world over can relate to presented against a detailed, realistic historical backdrop.« 
This delightful collection of eight stories evokes life in early seventeenth-century Japan, a time when peace finally reigns after centuries of civil war. Tokugawa Ieyasu has defeated his rivals to become shogun, and is busily establishing the regime that ruled the country for the next two and a half centuries.It is a period of political upheaval full of intrigue, rivalry, and betrayals. The samurai are still valued for their swordsmanship, and are a cut above the peasants, artisans, and merchants in the social hierarchy. Without battles to fight, however, these career warriors struggle to retain their sense of pride and meaning in life as they attempt to settle into mundane jobs and family life. Occasional flashes of the sword are tempered by the sympathies, conspiracies, kindnesses, and enmities arising between people from across the social spectrum.

Fujisawa brings a distant culture richly to life, with characters that modern audiences the world over can relate to presented against a detailed, realistic historical backdrop. – See more at: http://www.kodanshausa.com/books/9784770030054/#sthash.C19QB232.dpuf

This delightful collection of eight stories evokes life in early seventeenth-century Japan, a time when peace finally reigns after centuries of civil war. Tokugawa Ieyasu has defeated his rivals to become shogun, and is busily establishing the regime that ruled the country for the next two and a half centuries.It is a period of political upheaval full of intrigue, rivalry, and betrayals. The samurai are still valued for their swordsmanship, and are a cut above the peasants, artisans, and merchants in the social hierarchy. Without battles to fight, however, these career warriors struggle to retain their sense of pride and meaning in life as they attempt to settle into mundane jobs and family life. Occasional flashes of the sword are tempered by the sympathies, conspiracies, kindnesses, and enmities arising between people from across the social spectrum.

Fujisawa brings a distant culture richly to life, with characters that modern audiences the world over can relate to presented against a detailed, realistic historical backdrop. – See more at: http://www.kodanshausa.com/books/9784770030054/#sthash.C19QB232.dpuf »

J’ai passé un excellent moment (samedi matin :p) sur cet ensemble de contes japonais se situant au début du XVIIe. Je me mélange beaucoup trop les pinceaux dans l’histoire du Japon (que je connais uniquement par bribes très incomplètes) pour pouvoir affirmer que c’était l’âge d’or des samouraïs, mais c’est tout de même un peu l’impression que j’ai eue en parcourant ces pages.
En tous cas, je n’ai pas de mauvais points à donner à ce livre : bel objet, relié, avec des pages épaisses, une typologie agréable, une mise en page classique mais efficace pour des contes – j’aurais aimé avoir quelques illustrations mais ça ne m’a pas manqué non plus (et la couverture est tout à fait dans le ton ! 🙂 ), tant les auteurs dans leur diversité ont tout de même un point commun : s’assurer que le lecteur sait de quoi on parle, et dans quel environnement on se trouve. En fait, toutes les histoires se passent dans un cadre très limité : un château ou un village, voire même le quartier d’un village, dans lequel vivent, simplement, des gens. Des hommes, des femmes, des plus ou moins jeunes, avec leur famille, leurs amis, leurs relations.
Ici, pas de grandes batailles ou d’histoires de guerriers défaisant des dragons, non – les samouraïs (ou autres, car deux ou trois héros ne semblent pas correspondre à ce titre ?) de ce recueil sont présentés comme des gens simples, désireux avant tout de préserver ou rétablir une certaine harmonie dans la petite société dans laquelle il vivent, ou au sein de leur famille (ça n’empêche pas certains de se servir de leur arme, rassurez-vous :p). Le fantastique n’est pas du tout présent, au contraire d’autres contes japonais que j’ai pu lire. Pourtant j’ai énormément apprécié la manière par laquelle les auteurs nous font ressentir l’importance de l’équilibre, de la justice au sein d’une communauté – tous les contes sans exception sont ancrés autour de cette nécessité (plus que « vertu »). Contrairement à la plupart des contes occidentaux, la morale est assez peu présente, ou pas sous la même forme : plus subtile, plus évidente, et aussi beaucoup plus portée, toujours, sur la communauté – peut-être pas non plus aux dépends de l’individuel ! – mais l’individu comme pièce indissociable de la communauté, dont la recherche d’un meilleur comportement profite aux deux. 🙂 D’où une impression d’exotisme en même temps que des images familières !
Question style je n’ai rien à dire non plus, c’est assez simple à lire (le seul moment « difficile » pour moi était au début du premier conte, quand on apprend que le samouraï était au service d’untel, du clan machin de la région truc… argh – mais finalement c’était pas très grave que je ne garde pas en mémoire certains de ces détails, en tous cas pas pour la suite du conte 😉 ) – l’humour est curieusement assez présent (je ne m’y attendais pas !), entre répliques cinglantes, querelles de ménages, mesquineries, ou simplement remarques un peu moqueuses sur certains personnages plutôt cocasses. On a un peu l’impression d’être au théâtre, de voir les personnages vivre leur quotidien soudainement chamboulé, puis leurs problèmes résolus. Même dans les quelques contes « plus sérieux » il y a une certaine légèreté, comme si après tout ce n’était pas si grave, ou que le lecteur était officiellement autorisé à se distraire avec l’histoire avant toute chose, même s’il y a des complots et des morts.
Un recueil de contes parfois légèrement dramatiques, parfois plutôt rigolos, mais toujours très optimistes dans leur résolution de conflits et problèmes sociétaux. Une lecture qui fait du bien ! 🙂

20 clés pour comprendre le bouddhisme

Collectif. 2013. Synthèse documentaire. Bonne lecture.
20clesbouddhismeRésumé : « Religion, philosophie ou spiritualité, le bouddhisme sous toutes ses formes ne cesse de fasciner l’Occident. Des origines indiennes aux pratiques contemporaines en passant par les livres sacrés, les fêtes, les divinités, les symboles, la méditation ou encore la religion populaire, le présent volume fait le point sur une tradition multiple et encore méconnue.
Avec : Catherine Barry, Patrick Carré, Véronique Combré, Philippe Cornu, Thierry-Marie Courau, Laurent Deshayes, Michel Hulin, Fabrice Midal, Éric Rommeluère, Dominique Trotignon et Odon Vallet.« 
Malgré des débuts, et même certains chapitres à l’intérieur, que j’ai eu du mal à comprendre dans leur détail, ça a été une bonne lecture, relativement enrichissante.
Tout comme 20 clés pour comprendre le chamanisme, le livre est constitué d’articles du journal Le Monde (non, je ne suis pas abonnée, j’aime juste cette collection ^^) sous forme de courts chapitres – vingt très exactement – chacun portant sur un aspect ou détail différent du bouddhisme : Bouddha, la méditation, les origines du bouddhisme, les fêtes, le bouddhisme populaire, ses évolutions, les rites, etc. Ces chapitres ne suivent pas d’ordre très logique (mis à part « origines » et « évolutions récentes », placés au début et à la fin), il s’agit donc de cheminer au cours du livre à travers des notions différentes, et d’en apprendre un peu plus dans le  chapitre 8 à propos d’un détail évoqué brièvement dans le chapitre 4, ou que vous pensiez ne pas avoir tout à fait compris dans le chapitre 5.
Comme je le disais en introduction, j’ai vraiment du mal à comprendre certains aspects de cette religion – non pas les accepter mais vraiment, basiquement, comprendre ce qu’ils sont, comment ils fonctionnent, et pourquoi. Autrement dit, tout comme quand j’essayais de lire Les Philosophies orientales, j’ai eu cette forte impression d’estrangement, de distance, que les mots n’arrivent pas à combler suffisamment, particulièrement lorsqu’il s’agit de la pensée de ce courant religieux, de la façon dont ils voient et expliquent le monde et la place de l’humain, ainsi que les rites qui en découlent (oui, je sais, c’est la base de la religion, donc c’est dommage de rater cette partie-là !).
Cependant j’ai tout de même apprécié le livre dans son ensemble, et de nombreux chapitres ne m’ont pas paru abscons ! Les fêtes, les personnalités, le titre de bouddha qui est en quelque sorte diffusé au cours des siècles et dans différents endroits… J’ai bien aimé les explications sur le côté très populaire de cette religion, qui n’hésite pas à faire dans le syncrétisme et à absorber d’autres rites ou croyances sans pour autant les relier tout à fait aux siens, en particulier dans certains pays et régions. Il y avait aussi des explications plutôt claires sur le concept du bouddhisme, qui est conçu comme un choix de vie, un cheminement, et peut par conséquent être rejeté ou abandonné pour un temps (ou toujours), et repris, comme le pratiquant le souhaite, à la différence notable des « grands classiques » que sont l’islam, le judaïsme, et le christianisme (certains ont essayé de se faire « débaptiser », mais en théorie c’est juste pas prévu – un jour chrétien, toujours chrétien, qu’on le veuille ou non ! – et il paraît que c’est pareil pour les deux autres religions, amenant fatalement des genres de « brebis galeuses égarées » aux yeux des croyants).
Les chapitres traitant des différents bouddhismes et leurs évolutions « occidentales » reflétaient ce que j’avais déjà lu et retenu du livre précédent sur le même sujet – un petit peu compliqué à retenir dans le détail pour moi qui n’y connais pas grand’chose au départ, mais très intéressant de manière générale.
Une synthèse qui me paraît plutôt complète et bien référencée, même si le sujet peut être difficile à comprendre concernant certains de ses aspects.

Ces endroits que les livres m’ont donné envie de découvrir

Je reprends cette idée d’article à la suite du Top Ten Tuesday publié parla tête dans les livres cette semaine : Endroits / Univers que j’ai envie de découvrir.
Tous endroits confondus, réels ou imaginaires :
1. La Terre du Milieu – Tombée très tôt dans le chaudron de Tolkien, n’en suis jamais véritablement ressortie. Trop de choses à voir dans cet univers, d’endroits différents mais tous avec un certain côté féérique ou grandiose, d’après les descriptions de l’auteur. Bon, après, savoir si je serais capable d’y survivre c’est une autre question ^^.

tdm

2. L’Angleterre – découle en partie de Tolkien, qui s’est entre autres inspiré de la campagne du Warwickshire, d’où était originaire sa femme Edith, et du Worcestershire où il a passé son enfance (où est situé le fameux Moulin de Sarehole). J’aimerais aussi (dans l’absolu) aller faire un tour en Cornouailles, pays de contes et légendes, et pas qu’arthuriennes ; et également à Lyme Regis sur la côte sud (les livres sur la paléontologie, ça compte, hein ^^).
rose
3. Londres – j’y suis déjà passée mais en fait j’ai tellement de choses à y voir qu’il me faudrait un mois ! Des quartiers chics aux bas-quartiers, même s’ils n’ont plus la tête qu’ils avaient au XIXe, juste pour retrouver le monde de Sherlock Holmes, de Henry James, et de bien d’autres auteurs jeunesse et adultes qui ont tous quelque chose à décrire, une anecdote à raconter, des légendes à partager, des siècles d’Histoire à transmettre…

saintpaul

4. Oxford – un peu la même chose que Londres, j’ai eu l’occasion d’y passer mais la ville et grande et les références bien trop nombreuses : Tolkien, mais aussi C.S.Lewis, Lewis Carroll, et Philip Pullman… au moins.oxford
5. Isla Nublar – Je veux visiter le Parc Jurassique !!

JP

6. Venise – je pense tout particulièrement à Kai Meyer et sa trilogie jeunesse dont j’ai oublié le nom. Ville d’art et de mystère, assaisonné de complots politiques. Hmm 🙂

lionvenise

7. Le monde de Lyra – rien que pour aller visiter son college, et faire un tour dans cette drôle d’Angleterre à moitié magique ! Et avoir mon propre daemon :p

martre

8. Le Japon – je n’ai pas envie d’y vivre car j’ai toujours Stupeur et Tremblements en tête, mais je serais curieuse d’aller voir sur place en quoi les mangas sont une bonne vitrine ou une image trompeuse, et découvrir le mode de vie oriental parait-il si différent du nôtre, partiellement dévoilé par les livres.

sakura

9. TerremerUrsula Le Guin m’a donné l’impression que c’était un endroit magnifique et super tranquille, parfait pour passer ses vacances avec un bon livre.

terremer

10. Narnia – l’univers en lui-même me plaît bien : les créatures sont sympathiques, la magie est relativement neutre, les paysages diversifiés et pas trop cauchemardesques !

narniabaynes

J’en aurais encore quelques autres à ajouter, mais la liste deviendrait longue… Et vous ?

Histoires japonaises d’esprits, de monstres et de fantômes

 De Eric Faure. 2006. Essai / livre d’étude. Très bonne lecture, mais très (trop ?) complet.
histoiresjaponaisesBien que ce livre ne soit pas très gros (240 p.) j’ai mis assez longtemps à le lire. En effet l’auteur est professeur d’université au Japon, installé depuis 12 ans dans le pays, et apparemment spécialisé dans la culture locale de Kyôto, et bien que son ouvrage soit classé dans les « contes » à la médiathèque, le simple fait qu’il soit édité chez L’Harmattan aurait dû me mettre la puce à l’oreille. Il s’agit là plus d’un ouvrage d’étude sur la culture folklorique du Japon qu’un livre de contes traditionnel qu’on peut lire à  ses enfants ou parcourir d’un œil distrait à la fin d’une longue journée. Le niveau de langue est assez haut, et on a autour de chaque conte énormément d’explications sur les lieux physiques réels, les noms que ce soit des lieux ou des personnages, historiques ou non, avec idéogrammes et significations associés, sans parler de tout l’environnement politique et historique, les ères, les changements sociaux, l’évolution de l’art, la religion. En bref : il faut s’accrocher. J’ai appris pas mal de choses concernant le mode de vie, de croyance et sur les lieux sacrés japonais, mais je me suis sentie noyée dans les noms et les références, n’en ayant que très peu concernant ce pays, et du coup je n’en ai en gros retenu aucun.
Concernant les contes en eux-mêmes, j’en connaissais la trame pour la plupart, et quelques personnages et créatures récurrentes, j’ai donc été moins perdue. On a souvent droit à plusieurs versions (annoncées) du même conte, avec toujours des explications pour justifier l’apparition de tel ou tel détail. Il y a aussi beaucoup de références à l’art japonais (peinture, théâtre, architecture) – et là encore les informations sont multiples, et les analyses qui vont avec.
Néanmoins, mis à part le chapitre sur les objets animés – concept qui ne me disait franchement rien ! – je n’ai pas une seule fois réellement décroché du livre. Le style de l’auteur est assez fluide malgré tout, et permet régulièrement au lecteur de « souffler » avec des focus sur des concepts simples ou des relâchements dans les accumulations d’explications et de références.
Je conseillerais ce livre aux gens qui s’intéressent au Japon, au folklore ou aux contes, en les prévenant que c’est une étude et non pas un simple recueil, et que c’est une lecture d’un niveau exigeant (universitaire plutôt que grand public).

Gamba et les rats aventuriers

De SAITÔ Atsuo. 2011. Aventure jeunesse. Bonne lecture.
Roman publié au Japon en 1982.
J’ai lu extrêmement peu de romans japonais (dans l’univers des mangas, on en oublierait presque qu’il existe toute une littérature nippone), et il me semble que c’est le premier ouvrage jeunesse sur lequel je tombe.
gamba
Résumé : Gamba, rat des villes casanier, est un jour plus ou moins contraint par son ami et voisin à rejoindre une fête chez les rats dockers, sur les quais, près de la mer qu’aucun des deux n’a jamais vue. Se laissant convaincre, Gamba, toujours accompagné de son ami, va non seulement rencontrer plein d’autres rats de style bien différents que ce à quoi il est habitué, mais aussi se retrouver mêlé à une sombre histoire de rats opprimés par une belette féroce et tout son clan, sur une île non loin de là.
La toute première réflexion que je me suis faite en voyant le livre était : »Oh, un Rougemuraille japonais ! » Rougemuraille ou Redwall en anglais est une série de livres d’aventures jeunesse (8-12 ans) créée par Brian Jacques en 1986, et publiée jusqu’à la mort de l’auteur il y a quelques années. Elle consiste en une grosse vingtaine d’histoires, d’environ 400 pages chacune (plutôt 800 en édition française car la typo et la mise en forme sont très lâches), formant une énorme saga. Il existe aussi une série animée très censurée, ce qui la rend accessible dès 2 ans mais plus guère au-delà de 8… alors que la série littéraire, bien que mettant en scène de petits animaux, se caractérise par un ton parfois sombre, des combats épiques, etc. En cela, je ne me suis pas trop trompée en comparant les deux ouvrages.
Cette caractéristique se retrouve dans Gamba : bien que j’ai eu un peu de mal à vraiment accrocher au début, à cause d’abord du style (phrases « coupées », langage parfois très familier – j’ai supposé que c’était simplement soit un style japonais soit le style de l’auteur ; je ne pense pas que le traducteur soit vraiment en cause et finalement cela s’intègre bien à l’histoire et au mode de narration, et je m’y suis habituée au fil de ma lecture), et aussi à cause du rythme assez lent dans les premières pages. La présentation de tous les rats avec toutes leurs caractéristiques m’a assez fait penser à la scène du début de Bilbo le Hobbit, avec l’arrivée des Nains ! Le cadre est japonais bien sûr, ce qui amène une touche d’exotisme (de mon point de vue) aux descriptions, aux décisions des rats, à leur manière de s’exprimer les uns envers les autres…
Comme je l’ai laisse entendre ci-dessus, l’histoire réserve des surprises concernant le ton et les péripéties. Loin de s’adresser à un lecteur naïf, le récit s’organise autour d’évènements dramatiques (oppression, manque de nourriture, massacres…) ou potentiellement traumatisants (dès le début de l’histoire en fait, avec le départ bon gré mal gré de Gamba de son nid sécurisé). Les thèmes de la loyauté, de la solidarité et de l’amitié sont également traités, encore une fois avec un regard assez juste sur ces notions et les questions qu’elles entraînent.