Deuils de miel

De Franck Thilliez. Pocket, 2010. Thriller. Bonne lecture. [341 p.]

Première édition : 2006.

deuilsmielRésumé : « Une femme est retrouvée morte, agenouillée, nue, entièrement rasée dans une église. Sans blessures apparentes, ses organes ont comme implosé. Amateur d’énigmes, le tueur est aussi un orfèvre de la souffrance. Et certainement pas prêt à s’arrêter là. Pour Sharko, déjà détruit par sa vie personnelle, cette enquête ne ressemblera à aucune autre, car elle va l’entraîner au plus profond de l’âme humaine : celle du tueur… et la sienne.« 

Ma première réaction en commençant ma lecture a été que Thilliez ne gâtait pas son héros, décidément. J’ai d’ailleurs trouvé que c’était un peu beaucoup, mais bon c’est  vraiment un avis personnel, on sait aussi que parfois la réalité dépasse de beaucoup la fiction, et après tout ça ne change pas grand’chose à l’intrigue policière. C’est juste que bah, il a quand même pas de bol dans sa vie et c’est triste pour lui. Lire la suite

Le Post-apocalyptique

[Collectif]. ActuSF, 2013. Essai. Très bonne lecture. [90 p.]

Collection(s) : La Maison d’Ailleurs

43777Résumé : « Le post-apocalyptique est un genre relativement connu, principalement grâce aux innombrables productions cinématographiques hollywoodiennes qui sont apparues sur nos écrans cette dernière décennie. Or, il serait terriblement réducteur d’imaginer que seuls Le Jour d’après, La Route, 2012 et autre After Earth sont représentatifs d’une tradition aussi ancienne que diversifiée. Afin de mieux saisir la spécificité et la richesse de cette esthétique, la Maison d’Ailleurs a confié à quatre spécialistes le soin de proposer des points de vue inédits sur ces récits faisant la part belle aux zones et, surtout, à la manière dont les humains tentent de reconstruire une société digne de ce nom après la catastrophe. Quatre essais, une sélection iconographique exceptionnelle : le post-apocalyptique dévoile ses secrets.« 

Récemment j’ai réalisé que ça n’allait pas faire très loin d’un an que j’avais reçu ce livre de la Faquinade à l’issue de la session 2014 de Août, Nouvelles coûte que coûte. Étant en plus plutôt dans des lectures SF en ce moment, je me suis dit que c’était un bon moment pour le sortir de ma PàL.

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La Proie

De Michael Crichton. 2004. Thriller* scientifique/S-F d’anticipation. Excellente lecture.
Titre original : Prey.
laproieRésumé : « Personnalité des milieux high-tech de Silicon Valley, Julia dirige Xymos, une jeune société qui fabrique des nanoparticules, ces robots infiniment petits destinés à la recherche militaire. Depuis quelque temps, son comportement est étrange. Elle s’absente de plus en plus souvent, se cache pour téléphoner, se désintéresse de son bébé malade, prononce des phrases incohérentes… Jack, son mari, veut comprendre. Chercheur en informatique, il parvient à se faire embaucher par Xymos pour une mission de consultant. C’est là, dans un curieux complexe technologique au cœur du Nevada, qu’il va découvrir jusqu’où peut aller le génie et la folie des scientifiques. Seul, il devra affronter un prédateur que nul n’avait jusque-là imaginé.
Un prédateur petit, mais qui menace la planète. »
    De tous les Crichton que j’ai lus je pense que c’est celui qui se rapproche le plus du Parc Jurassique (ou Jurassic Park [deux titres français]), autant du point de vue de la tension et de la montée du suspense, que du déroulement du scénario. On (le lecteur) a toujours beaucoup de données, d’une part des informations très scientifiques, qu’ici j’ai eu un peu plus de mal à suivre parce que n’y connaissant vraiment rien en programmation, ni intelligence artificielle, ni nanotechnologies – néanmoins les détails que je n’ai pas bien suivis ne m’ont pas vraiment gênée dans ma lecture – d’autre part beaucoup d’informations narratives, qui amènent souvent le lecteur à comprendre ce qu’il se passe ou ce qu’il va se passer, au moins en partie, bien avant les personnages. Ce trait est assez typique de Crichton, l’intérêt de lire cet auteur réside surtout dans sa maîtrise du suspense et ses scénarios « en cascade », les évènements se précipitant dans une chaîne qui mène droit à une catastrophe, différente de forme et d’échelle selon ses romans.
En cherchant le résumé de la 4e de l’édition que j’ai lue (que je copie-colle à chaque fois, la flemme de tout taper ! :p), je lis que c’est le premier roman de Crichton écrit à la première personne. C’est probablement vrai, mais de mon point de vue la plupart de ses romans sont suffisamment centrés sur un seul personnage, au point de vue interne non omniscient, pour être assez immersifs sans recourir au « je ». En fait, ça ne m’a pas du tout frappée.
Les intermèdes « père au foyer » m’ont assez plu, mais encore une fois les gens qui s’extasient devant ce trait devraient (re)lire au moins Jurassic Park et Le Monde perdu (Crichton, pas Conan Doyle), et si je me souviens bien aussi Variété Andromède. Les personnages très humains chez Crichton sont justement là, je pense, pour mieux nous faire prendre conscience des dangers éventuels des dérives scientifiques, tout comme les personnages très froids, calculateurs qui se font détruire de manière horrible par leurs créations semblent être des sortes de modèles « voilà ce qui vous attend ET vous l’avez bien mérité ».
Cf aussi Invisible, de Fabrice Colin, sur les nanotechnologies.
* à la différence de « La stèle maudite », qui arborait fièrement un « THRILLER » sur sa couverture, sans vraiment de justification, « La Proie » mentionne sobrement « roman », alors qu’il peut être classé en « thriller ». Ne surtout pas chercher à comprendre. (blague à part je pense qu’on a besoin des éditeurs)