Les Aventures de Pinocchio

De Carlo Collodi. Éditions de Crémille, 1973. Conte / récit d’aventures jeunesse. Bonne lecture. [247 p.]
Titre original : Le avventure di Pinocchio, storia di un burattino, 1881-1883 (parution en feuilleton)
pinocchioRésumé : Pinocchio est un pantin parlant et bougeant, créé à partir d’une bûche de bois quelconque par un artisan démuni. Cela ne l’empêche pas de vouloir se comporter en petit garçon, avec toutes les difficultés du monde pour s’intégrer au monde des hommes à cause de son manque total de moralité, de volonté ou de gentillesse. Son caractère, qu’il désire pourtant changer, va lui causer maints tracas et mésaventures.
Encore un ouvrage de cet éditeur suisse qui m’est complètement inconnu mais qui publie (publia ?) des jolis petits classiques qui se tiennent bien en main, ont une mise en page très agréable, des dessins un peu partout (un peu vieillots à mon goût mais aussi assez en phase avec le contexte de l’histoire !), et sont reliés (simili- ?)cuir pour ne rien gâcher. Bref, de beaux objets à avoir dans sa bibliothèque !

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Peter Pan

De Sir James Barrie. Editions Famot, 1974. Conte adapté aux enfants. Bonne lecture. [250 p.] version adaptée
Autres mentions : copyright chez Hachette en 1956, « racontée aux enfants par May Byron, version française de Madeleine Chabrier« .
Je ne vous ferai pas de résumé à proprement parler, étant donné que je compte vous parler de l’histoire dans ma chronique et aussi que cette édition n’en comporte pas – en admettant que vous soyez parmi les rares personnes à n’avoir aucune idée du thème ou personnage principal !
peter-panJ’ai découvert Peter Pan comme j’imagine beaucoup d’enfants par la version de Walt Disney, conte qui m’a bien fait rêver quand j’étais plus jeune mais auquel j’ai fini par ne plus donner autant d’importance (peut-être à la suite d’un nombre de revisionnages trop massif, aussi). J’ai également vu Hook et Neverland (deux excellents films d’ailleurs, bien que très différents) et lu quelques adaptations modernes (Cyberpan, la Véritable Histoire du capitaine Crochet) de la pièce de théâtre originelle – car si je ne m’abuse c’en est bien une, qui a été transposée en roman par la suite, par l’auteur lui-même il me semble. On voit déjà quelques divergences entre les diverses adaptations les plus récentes du personnage et de ses aventures, et j’avais aussi entendu dire que la version Disney n’était, comme bien d’autres films de la même compagnie, qu’une piètre retranscription très largement édulcorée. Outre les détracteurs les plus virulents des grands studios, quelques lectures analytiques sur le fantastique ou les contes dans lesquels le texte de Peter Pan avait été cité et étudié m’avaient amenée aux mêmes conclusions et attentes. Je m’attendais donc, en ouvrant ce livre, à quelque chose d’acide, d’effrayant, d’horrible, de triste… Enfin, peut-être pas sur toute la longueur non plus, mais dans une certaine mesure ; pourquoi pas même si un peu différemment à la manière de Lewis Carroll et de son Alice.

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La Belle et la Bête

De Mme de Villeneuve et Mme Leprince de Beaumont. 2013. Contes. Bonne lecture. [159 p.]
Versions originales datées de 1740 et 1756.
belleetbeteRésumé : « «Non, ma chère Bête, vous ne mourrez point, lui dit la Belle ; vous vivrez pour devenir mon époux ; dès ce moment, je vous donne ma main, et je jure que je ne serai qu’à vous.»
Illustré de gravures anciennes, ce livre réunit les deux versions du célèbre conte de La Belle et la Bête. Celle de madame de Villeneuve (1685-1755), parue en 1740, raconte notamment l’enfance et l’histoire de la Bête. La version de madame Leprince de Beaumont (1711-1780), publiée en 1756, a été adaptée à plusieurs reprises sur grand écran, notamment par Jean Cocteau et par Walt Disney et est la plus connue aujourd’hui.« 
Je suis un peu en vrac, là, donc ma chronique va être courte – d’autant que je n’ai pas grand’chose à en dire de toutes manières.
Cette édition m’a sauté aux yeux, elle est très belle, avec une reliure vaguement « molletonnée » (ça ne doit probablement pas être le bon terme technique, mais tant pis !), épaisse, en grand format. L’intérieur est également très plaisant, c’est écrit dans une police moyenne, et il y a de très belles illustrations (dont certaines tirées du Blue Book of Fairy Tales*, d’Andrew Lang ! :)). Le livre dans l’ensemble a un style un peu vieillot, c’est très sympa.
J’ai appris sur le tas que Mme Leprince de Beaumont, malgré les rumeurs qui vont en ce sens, n’est pas à l’origine du conte, mais seulement à l’origine de sa version « modernisée », raccourcie.
J’ai bien aimé le style très fantaisiste et plus minutieux de Mme de Villeneuve – avec elle on explore le château, on a plus de contact avec la Belle et ses hésitations – par contre j’ai trouvé l’histoire de la Bête, et d’autant plus celle de sa mère, un peu en trop. De plus, cette histoire de naissance prestigieuse de la Belle gâche à mon sens la moitié de la morale du conte ! Bref, je pense que je suis plus habituée à la seconde version, que j’ai eu l’occasion de lire dans des versions allongées (ou, si vous préférez, une version tronquée de celle de Mme de Villeneuve). En fait la première version (V) fait à peu près 130 pages, pendant que la deuxième (L de B) n’en fait que 20 !
On trouve quelques références à la fin, mais forcément peu, vu que le contenu du livre reste dédié aux deux contes ! On a également les biographies des deux auteurs.
Le détail qui me fait toujours sourire : les sœurs de la Belle, dans la version de Mme Leprince de Beaumont, qui se frottent les yeux avec des oignons pour se faire pleurer.
Une jolie réédition d’un conte que j’aime beaucoup. Une relecture agréable, dans deux styles différents mais qui restent faciles d’accès.
Chroniques d’ailleurs :  Bazar de la littérature, Une tasse de culture, Books and cups of tea (qui ont lu soit l’une soit l’autre version)
*Malgré mes nombreuses incursions dans le monde des contes, j’ai trouvé et retenu cette référence dans la biographie de J.R.R. Tolkien. Il l’aurait lu et apprécié dans son enfance.

The Revenge of the Shadow King

De Derek Benz & J.S. Lewis. Fantasy/fantastique jeunesse. Très bonne lecture.
(Grey Griffins, T.1 – trois autres livres sont déjà sortis )
revengeskSum-up : « Max Sumner and his three best friends, Harley, Ernie, and Natalia–who form the secret club The Grey Griffins–seem to be the only people in their very normal Minnesota town to notice that strange things have started to happen. When creatures like goblins and fairies and unicorns, all characters from a card game the Grey Griffins play, begin to make appearances in Max’s backyard, Max and his friends know something is terribly wrong. And it’s up to them to stop the wicked creatures of the cards from destroying their town-indeed, their world. »
     Nous avons donc nos quatre jeunes héros, qui ont pour une fois dans mes lectures (de ces dernières années) 11 ans et pas 14, et m’ont à travers toute l’histoire fait pas mal penser à ces séries que j’ai pu lire étant plus jeune : les Club de Cinq (Famous Five en VO), le Clan des Sept (même s’ils étaient moins doués que les précédents), les Alice Roy (qui s’appelle en réalité Nancy Drew…), et les autres dont j’ai oublié les noms mais qui m’ont fait partager plein d’aventures parfois cocasses, parfois tirées par les cheveux, s’en sortant parfois avec des astuces dignes de McGyver, et accumulant aussi les coups de bol/pas de bol au fil de leurs épopées… Bref un vrai et agréable retour en arrière !
J’ai souri en trouvant encore le thème des Templiers, il semble me poursuivre dans mes lectures ces derniers temps ! Ou alors c’est inconscient, j’emprunte des séries de livres sur des thèmes semblables pendant certaines périodes. En tous cas ce n’est pas la première fois que ça m’arrive, la dernière fois c’était Napoléon qui me poursuivait (avec Téméraire, entre autres). Cependant, bien que les thèmes ésotériques/féériques soient bien là, ils n’ont de vocation qu’à servir de prétexte à une suite de péripéties aventureuses d’une bande de gamins, et n’ont rien de très « sérieux » (mélange des thèmes, « pistes » non creusées, gros stéréotypes…). Le point fort de ce livre, d’après moi, c’est justement son mélange de fraîcheur (scénario simple et attendu, personnages enfants et stéréotypés) et de profondeur qui tient surtout dans la psychologie des personnages, des réflexions sur la vie, l’école, la famille, les amis, et aussi des vertus comme le courage ou l’obéissance.
On peut trouver ça simpliste, et je pense que certains lecteurs n’accrocheront tout simplement pas ce livre car ils ne lisent plus d’ouvrages typiques « jeunesse » depuis longtemps – ou n’en ont jamais lu, tout simplement, parce qu’ils n’en aiment pas le style.
Bonus : Et allez on s’amuse avec une page que j’ai trouvée en cherchant si c’était traduit en français ou pas. Visiblement, c’est « ou pas », désolée pour ceux que ça aurait tentés mais qui ne lisent pas l’anglais 😦 – mais c’est bien drôle tout de même : Lire Griffins gris.

Faërie (Feist)

De R.E. Feist. 2007. Merveilleux horrifique. Bonne lecture. [631 p.]
Titre original : Faerie Tale
faerieRésumé : « La maison du vieux Kessler était perdue dans les bois…
Une ferme splendide et pleine de recoins, où Phil et Gloria pensaient trouver le calme, loin de la ville et de l’agitation. Mais ce que trouvent leurs trois enfants est bien différent : d’étranges histoires de clairières hantées, de lueurs qui dansent dans la forêt et de trésors enfouis…
Tout un monde secret, enchanté par l’ancienne magie celtique et habité par de mystérieuses présences. S’agit-il des fées et du vieux peuple des légendes? Ou d’êtres plus dangereux, animés de désirs inquiétants ?…
Bientôt, ce qui avait la couleur du rêve se change en un terrifiant cauchemar. Des puissances oubliées se sont réveillées et convoitent les enfants. Pire encore: leurs âmes.« 
Un Feist assez différent des Chroniques de Krondor (seul autre livre que j’ai lu de lui), visant cette fois-ci un public adulte, avec des histoires de Petit Peuple qui n’ont rien à voir avec les gentils contes pour enfants.
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Le Guide du chasseur de fées

De Édouard Brasey. 2005. Essai merveilleux. Très bel ouvrage, très plaisant à lire.
guide
Résumé : « Nourri aux sources les plus authentiques, ce guide s’adresse à tous ceux qui sont désireux de se lancer dans l’envoûtante et parfois dangereuse quête des fées. On y trouve, abondamment commentées et illustrées, moult recettes éprouvées pour observer les gentes demoiselles, connaître leur histoire, leurs mœurs, leur culture, leurs secrets, solliciter leur aide ou la grâce de leurs dons, voire se lier à elle d’amitié et d’amour – car les fées, grandes amoureuses, s’unissent souvent aux humains. De même, ce guide évoque les mille pièges et chausse-trapes guettant le chasseur de fées, ainsi que les moyens de les éviter – car plus d’un s’est retrouvé gibier, pourchassé par les accortes jouvencelles et malmené par leurs jeux cruels. Le monde de Féerie n’est pas de tout repos, et qui en méconnaît les règles ou les transgresse, que ce soit par défi, par folie ou par inadvertance, se retrouve « enféé  » pour le meilleur ou pour le pire – généralement le pire, car une fois bafouées, les belles dames sont sans merci. »
Je débute cette lecture avec Altan (groupe traditionnel irlandais, titre Gleann Nimhe) et une tasse de thé vert… Non ce n’est pas vraiment fait exprès, c’est juste que le CD et le livre sont tous les deux des emprunts en retard, alors je cumule ! En tous cas ça va bien ensemble.
La première chose qui me saute aux yeux c’est la qualité esthétique du livre : très bon papier, typo agréable, mise en page style « journal de bord », avec pas mal de croquis et illustrations, et aussi des esquisses en filigrane [Ed. le Pré aux Clercs].
Même si je sais que Edouard Brasey est un grand nom – fameux en ce qui concerne le domaine du folklore, du Petit Peuple et autres merveilles – je me rappelle n’en avoir lu que très peu (alors qu’il a beaucoup publié) ; je redécouvre donc plus ou moins sa plume : précise, très littéraire, usant d’un vocabulaire parfois un peu désuet, mais toujours riche et coloré – j’ai presque envie de dire parfumé, empreint d’une certaine délicatesse.
Il semble beaucoup s’amuser de ce qu’il écrit, le ton est assez humoristique. Il donne aussi un très grand nombre de sources de documentation, ce que j’attendais effectivement de ce livre.
En bref cet ouvrage est non seulement plaisant à lire mais aussi très complet pour son format et son épaisseur (140 p.). A conseiller à tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin au sujet des fées, des croyances populaires ou des contes et légendes.