La Dame pâle

D’Alexandre Dumas. Magnard, 2011. Nouvelle fantastique. Bonne lecture [71 p.]
Première parution en 1849.
damepaleRésumé : « Plongez dans ce conte et transportez-vous avec l’héroïne, Hedwige, dans un étrange château entre la Roumanie et la Pologne, au beau milieu des Carpates. Ici, tout est mystère et légendes, là, les morts viennent rendre visite aux vivants et parfois les hanter ou les rendre « pâles » de peur…« 
Je connais Dumas par ses récits de cape et d’épée mais je n’ai jamais trop cherché à savoir ce qu’il avait écrit d’autre. J’imaginais d’ailleurs ce titre comme un texte d’au moins 300 pages car je ne savais pas du tout qu’il avait rédigé des nouvelles.
Je n’ai pas énormément de choses à dire sur cette lecture – elle s’inscrit très étroitement dans le cadre narratif défini par la nouvelle fantastique du XIXe, avec son château isolé dans les montagnes, des personnages appartenant à la noblesse, et la figure du vampire, vue comme une menace à éliminer. Le texte est court mais plutôt efficace – les aficionados du genre risquent de ne pas avoir de très grande surprise quant au déroulement des faits, mais en même temps j’ai été convaincue par la logique choisie et explicitée par l’auteur, qui est assez concordante avec ce que l’on peut attendre de certains courants romantiques (je parle bien ici du mouvement littéraire et non pas de romance).
Un mot au sujet de l’édition : Je suis ravie de savoir ce livre au programme de collège, mais les nombreux synonymes ou définitions données en notes de bas de page ont quelque peu ralenti ma lecture (sans compter que je n’ai pas vraiment compris certaines décisions – certains mots définis n’étaient pas très archaïques ou rares tandis que d’autres l’étaient qui n’étaient pas définis). Je n’ai pas trouvé non plus de très grand intérêt au dossier post-texte, qui m’a semblé être surtout constitué de pistes de réflexion pour l’élève plus que d’informations bonus, jusqu’au groupement de textes final qui lui m’a beaucoup plu car permis de découvrir un extrait de conte d’Hoffmann et quelques extraits de poésie de la même époque / sur le même thème du vampire.
Chroniques d’ailleurs :  Lynnae
Parallectures :
In a Glass Darkly, de Sheridan le Fanu
Le Château des Carpathes, de Jules Verne

Night Ocean et autres nouvelles

De H. P. Lovecraft. Éditions J’ai Lu, 2005. Recueil de nouvelles. Excellente lecture [250 p.]
Titre original : The Night Ocean, 1936 (pour la nouvelle éponyme ; 1919-193? pour les autres)
nightoceanRésumé : « Océans qui ne sont pas de ce monde, eaux maudites par la lune, lugubres rivages et, dans le mystère des profondeurs, l’innommable… Pourtant, réduire Lovecraft aux indicibles horreurs qui hantent les nouvelles liées au mythe de Cthulhu -dont certaines sont incluses dans le présent recueil – serait erroné. Car Lovecraft fut aussi un maître de l’onirisme poétique, influença les œuvres de nombreux écrivains en herbe, collabora avec plusieurs de ses contemporains publiés, tout comme lui, dans les  » pulps « , ne rechigna pas à écrire des textes empreints d’un humour absurde, pour le moins étonnant sous sa plume, et fut un essayiste au sens critique et à l’esprit analytique des plus affûtés. Découvrez ici toutes ces facettes peu connues de son talent…« 
De tous les recueils que j’ai pu trouver ou lire sur le Rêveur de Providence, en voilà un à la fois très bon, très intéressant et très varié ! Je suis tout à fait d’accord avec le résumé de l’éditeur, Lovecraft ne se résume pas plus à Cthulhu* que Tolkien aux Elfes, même si on les aborde souvent par ces deux points respectifs. J’ai ce recueil dans ma bibliothèque depuis assez longtemps pour ne plus savoir avec certitude d’où je le tiens (Imaginales 2011 ? Stand du village du Livre de Fontenoy-la-Joute ? ou pas), c’est je crois le seul livre de Lovecraft que je détiens en français – malgré le titre trompeur au premier abord – et d’ailleurs je ne peux m’empêcher de « lire l’anglais derrière » à certains passages (certains verront de quoi je parle), étant une habituée du style et du vocabulaire de l’auteur. Plusieurs des textes présents ici ont également été écrits à quatre mains, ou plus (avec R. H. Barlow surtout), et certains sont de véritables exercices de style.

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Armageddon Rag

De George R. R. Martin. Folio (SF), 2014. Roman. Une lecture looooongue. [586 p.]
Titre original : Armageddon Rag, 2013.
~ Merci à nymeria de Avides Lectures et aux éditions Folio de m’avoir fait gagner et envoyé cet exemplaire ~
armageddon-ragRésumé : « Jamie Lynch, l’imprésario d’un des plus grands groupes de rock des années soixante, les Nazgûl, est retrouvé ligoté à son bureau et le cœur arraché. Un meurtre qui en fait remonter un autre à la surface : celui du chanteur du groupe, abattu en plein concert, en 1971. Deux crimes non élucidés distants d’une dizaine d’années. Une énigme. Parce que son quatrième roman est au point mort, parce qu’il a suivi l’affaire Charles Manson en tant que journaliste, parce qu’il est fasciné par l’histoire et la musique des Nazgûl, l’écrivain Sander Blair décide de mener sa propre enquête et d’en tirer un livre, son De sang-froid. Mais Sander va rapidement se rendre compte que, malgré les apparences, le meurtre de Jamie Lynch n’est pas une nouvelle affaire Sharon Tate. C’est bien plus compliqué. Et bien pire.
Thriller fantastique hanté par des visions d’apocalypse, fascinante plongée dans l’Amérique de l’après-guerre du Viêt Nam sur laquelle plane le fantôme de l’âge d’or du rock, Armageddon Rag est une des réussites majeures de George R. R. Martin…  « 
Ce titre est le troisième Martin que j’avais envie de découvrir cette année, coûte que coûte j’ai envie de dire puisque les deux premiers essais n’ont été concluants ni l’un ni l’autre. Je vais désormais arrêter de m’acharner et retourner à d’autres auteurs.
La classification en « SF », oui, oui, la belle collection toute argentée qui regroupe space-opera et autres récits d’anticipation, me laisse encore pantoise. Dites-vous que le premier élément véritablement SF, et encore ! arrive vers la page 520. Cinq cent vingt pages sur cinq cent quatre-vingt-six pages sont consacrées à plein de choses, dont certaines peuvent paraître étranges, certes, mais dont pas 1% ne peut être expliqué par la fatigue ou la consommation de substances licites ou illicites potentiellement hallucinatoires, et qui se déroulent toutes dans un présent tout à fait réaliste. Étant donné que ce livre n’a pas grand’chose non plus d’un thriller, je dirais que le rédacteur de la 4e a également halluciné quelque peu… ou n’a pas lu le livre, c’est selon. Si vous voulez lire de la SF, un « pur » thriller contemporain ou un roman policier classique, ne choisissez peut-être pas ce livre.

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Comme des fantômes

De Fabrice Colin. Folio, 2011. Recueil de nouvelles. Excellente lecture. [474 p.]
Sous-titré : Histoires sauvées du feu. Première publication aux Moutons électriques, 2008.
Comme-des-fantomes-Colin-fabriceRésumé : « Que se passe-t-il quand un auteur abandonne ses personnages ? Quand l’Alice de Lewis Carroll oublie de fêter ses 130 ans ? Quand Peter Pan entend vous faire payer ses orientations sexuelles ? Que se passe-t-il lorsqu’un lecteur est pris au piège d’un cadavre d’histoire, qu’un détective devient fabriquant de spectres ou que la mort d’un poète fait surgir une forêt ? Expert en fantômes et en fées, docteur ès faux semblants et machinations troubles, Fabrice Colin possédait sur ces questions – et sur d’autres – des avis très personnels. C’était avant 2005 : avant qu’un incendie accidentel ne mette un terme brutal à ce qu’il appelait lui-même  » ma petite carrière d’ombres « . Ce recueil de nouvelles se veut hommage autant qu’étude ; s’y dévoile par à-coups une personnalité tourmentée et complexe dont les textes ici présentés ne sauraient suffire à épuiser pleinement le mystère. Suicide ou disparition ? Mythomanie chronique ou soif d’histoires compulsive ? La réponse, si elle existe, se trouve à l’intérieur.« 

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Imaginales 2014

Comme chaque année ou presque depuis quelques temps (en fait j’ai mis au moins 3 ans après mon arrivée à Nancy à me décider à bouger d’à peine 60 bornes), je me réserve un peu de temps pour sortir voir des auteurs, les nouveautés, et flâner dans les environs et lieux sympathiques des Imaginales d’Épinal !

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Petite présentation du festival en lui-même
Comme leur nom l’indique plus ou moins, les Imaginales sont focalisées sur les littératures de l’imaginaire : science-fiction, fantasy, fantastique et tous leurs dérivés (uchronie, dystopie, bit-lit, anticipation, romance surnaturelle), contes et légendes. On peut également y trouver quelques romans historiques, ésotériques, romans policiers et même un poil de contemporain ou philosophique lorsque les auteurs sont diversifiés dans leurs travaux !
Le centre du festival reste la « Bulle du livre », le chapiteau où sont parqués installés les auteurs (je plaisante, hormis les inconvénients d’être assignés à une place limitée et les problèmes de température du chapiteau ils n’ont pas l’air trop maltraités 🙂 – je l’espère du moins !) et les stands des petits éditeurs (l’Homme Sans Nom, le Chat Noir, La Clef d’Argent malheureusement absente cette année car sur autre festival, Rebelle, Rebelyn (je n’ai pas pu m’empêcher de rire en remarquant la similitude) et associations diverses (Elbakin), un coin bouquiniste de Fontenoy-la-Joûte (village du livre), d’autres bouquinistes dont je n’ai pas retenu le nom, des illustrateurs… Autour de cette Bulle on trouve un local avec expositions et espace de conférence (et les toilettes !), les deux Magic Mirrors qui accueillent aussi discussions et conférences, et quelques autres tentes plus petites avec d’autres exposants (jeux de société/cartes/rôle, GN, acteurs du climat/écologiques locaux).
Outre les auteurs et autres personnes du monde du livre vous croiserez peut-être des échassiers, individus peinturlurés (pourquoi ne voit-on que des femmes, d’ailleurs ?), reconstituants historiques, visiteurs costumés…
Pour le moment (mais je pense et j’espère que ça restera le cas), c’est un festival assez petit, où l’on a globalement la place de circuler (sauf samedi et dimanche après-midi où ça devient un peu trop achalandé à mon goût), le temps de discuter avec les exposants et auteurs, que l’on peut apprécier par petites touches ou embrasser entièrement. Le fait que ça se passe à moitié en plein air (le Cours est un parc sur les bords de la Moselle) le rend également plutôt convivial, accessible à tous, sympathique et gratuit.
(Je n’ai pas pris de photos du festival cette année, j’étais plus focalisée sur la rencontre en elle-même !)
Samedi 24 mai
Un jour nous a pour le moment toujours suffi pour profiter de ce festival : nous n’allons en général pas aux conférences ou débats (ou rarement, et juste à une ou deux), et nous sommes suffisamment proches pour faire l’aller-retour dans la journée. De toutes façons en général l’un de nous travaille la semaine ce qui nous empêche d’y aller plus tôt, et franchement je crois qu’on apprécie aussi tous les deux d’avoir le dimanche « tranquille »(puisqu’on préfère y aller le samedi parce qu’il y a plus de choses ouvertes en ville et que c’est plus pratique pour les transports !), ce qui fait que je doute fortement d’avoir un jour une motivation suffisante pour passer la nuit là-bas et recommencer le lendemain. 🙂
8h20 : Nous quittons mon homme et moi Nancy à bord d’un TER. Une petite heure de trajet plus tard nous arrivons en gare d’Épinal, où beaucoup d’autres gens descendent aussi ! On sent qu’il est encore tôt et qu’on est le week-end, c’est assez tranquille. Il fait un peu frais, j’espère que le ciel va se dégager pour que le soleil puisse me réchauffer – j’ai changé au moins quatre fois d’avis sur comment m’habiller tellement le temps se montre changeant depuis le début de la semaine ! Finalement, au diable les idées d’habillage « cool » ou un peu chic, j’ai enfilé un haut à manches longues rouges avec mon sweat/veste Zelda (vert bouteille à capuche avec un symbole du jeu dans le dos – triforce avec des ailes, je crois – acheté à la dernière Anim’Est) par-dessus. C’est sans doute loin d’être hype, mais au moins j’ai relativement chaud et me sens à l’aise. Je jetterai de nombreux coups d’œil appréciateurs aux gens costumés par la suite, mais continuerai à ne pas regretter de ne pas être habillée de même dans certains cas !

sweat

10h environ : arrivée sur le Cours – nous nous dépêchons d’aller voir le bouquiniste à l’autre bout du chapiteau, l’année dernière on m’avait dit que j’avais raté de belles choses ! Finalement je prends un essai sur la fantasy, pour me rendre compte que c’est surtout une liste de titres avec leurs résumés et le reposer. Mon homme pondère sur les Lames du Cardinal de Pevel (qu’on a déjà lues), en jolies couvertures et format poche – mais il n’y en a que deux sur trois. Je remarque également un titre de la « trilogie cosmique » de C.S. Lewis (que j’ai déjà lue) – mais seul, et en français. J’essaye au maximum, pas seulement pas principe mais par intérêt, de lire les auteurs anglophones en VO. Du coup je rejette tout un tas de titres que j’ai pourtant envie de lire.
Je traîne près du stand des éditions de l’Homme Sans Nom mais ne me décide toujours pas à sauter le pas. Un ou deux auteurs m’abordent de manière très enthousiaste, et bien sûr ce ne sont pas ceux sur les bouquins de qui je bave le plus ^^’. Situation gênante pour moi, je ne suis pas convaincue par leurs résumés, ni par les critiques que j’ai lues, je n’ai pas l’intention d’acheter mais déjà de me faire convaincre de simplement lire ces œuvres !… (oui je suis chiante en tant qu’acheteuse je sais ce que je veux et aussi ce que je veux pas, et je traîne ma reluctance comme un alien au milieu des shoppeurs en délire ! :p) J’accepte un marque-page de Céline Landressie, qui a l’air très gentille. Je relis ce fichu résumé (Rose Morte) pour au moins la 4e fois,… mais non. J’aurais peut-être dû attaquer de front comme j’avais fait avec Guibé l’année dernière (sans savoir que c’était lui ! ^^ – dernière partie de l’article en lien) par rapport à mes réticences et visions de certains livres, donner une chance à l’auteur de me fournir des détails, son but, etc. (ce qui n’aurait peut-être rien changé mais aurait sans doute pu au moins donner une conversation sympathique :)) Mais cette année il faut croire que j’avais moins d’énergie à revendre, ou que je n’en avais pas suffisamment pour affronter 6 auteurs alignés sur deux mètres – ils semblaient tous très soudés ! ^^’ Du coup je me suis barrée avec son marque-page (que je n’ai pas encore dû sortir du sac d’ailleurs, je ne le vois pas avec les livres).
A l’inverse je suis un peu triste de ne pas trouver la Clé d’Argent (à mon commentaire sur Facebook ils me répondent que 1. c’est un peu cher les Imaginales pour eux et 2. ça commence à être trop orienté ado pour leur ligne éditoriale. Je réfute bravement cette dernière affirmation même si je vois de quoi ils parlent ; mais si ça devait vraiment prendre cette tournure je perdrais pas mal d’intérêt au festival !), je me rabats sur leurs collègues de Malpertuis, avec qui je papote des Grands du fantastique du XIXe / XXe – quelle joie de croiser des gens qui ont lu et adoré Hodgson ou Sheffield ! 😀 Je remarque une réédition du Roi en jaune de Chambers – un classique qu’il faudrait que je lise !
Finalement la matinée se passe entre tour de la Bulle, repérage des auteurs, tour des stands autour, retrouvailles avec Lynnae, retour au coin bouquiniste, et quelques discussions avec les exposants. Je n’ai rien trouvé qui me plaisait, tant mieux pour mon porte-monnaie. Mon copain a lui craqué sur la BD de Bilbo le Hobbit (occas), et se félicite d’avoir trouvé le tome 2 de la Mallorée d’Eddings dans l’édition qu’il nous fallait (série achetée d’occasion il y a quelques années, lue en entier grâce à la médiathèque pour le tome manquant). Nous guettons Pierre Pevel mais il n’est pas là ! Sans doute en conférence, il est pas mal demandé. Je croise aussi Méli du Bazar de la littérature, que j’irais saluer un peu plus tard dans la journée.

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Je passe aussi un très bon moment avec un auteur-éditeur qui vend une technique d’écriture basée sur l’analyse de grands auteurs, et aussi de gens que je ne connais pas. Il m’hameçonne au passage alors que je regarde les couvertures des 3 livres du stand, curieuse mais pas du tout tentée d’acheter (99% de ma vie). Il se lance dans un speech commercial à base de « vous écrivez ? (« un peu ») Fabuleux, ce livre va vous blablablabla » – puis je lui dit qu’autant me baser sur Hugo, pourquoi pas (encore que…) mais Flaubert j’ai détesté (« ah ») [encore que ce soit l’histoire qui m’ait déplu, je ne me souviens pas de son style en fait], mais bon heureusement il y a aussi un tas d’auteurs entre les deux, n’est-ce pas ? (« ah une connaisseuse »)[lol] Il me fait rire à deux ou trois reprises mais il se rattrape très bien et finalement nous partons à discuter de plein d’auteurs – il tente de m’impressionner avec R. E. Howard (en tous cas j’en ai eu l’impression) – hélas monsieur vous parlez à une rôliste et fan de Lovecraft et d’autres vieux auteurs et je m’intéresse à ce qu’il y a autour, vous ne m’aurez pas (complètement) sur ce terrain ! :p Je ne lui ai pas dit tout ça, mais cette situation m’arrive fréquemment. J’aime particulièrement le moment où la personne en face se rend compte que oui, je veux bien discuter, mais que non, je ne suis ni dupe ni impressionnée parce que je partage ses connaissances et repères, cet instant où les limites du « jeu » tombent et où je sens que le discours prend un ton plus naturel, où un certain respect mutuel prend le pas sur le numéro de départ !
Pour déjeuner, après maints bourlinguages dans la ville (trop cher / fermé / non pas ça), nous nous rabattons sur la brasserie Léopold, dans la galerie commerciale. Ce que nous commandons n’est ni fabuleux, ni mauvais – correct. Par contre le buffet de desserts à volonté c’est nul, ça m’incite à trop manger (pour en goûter plusieurs) !! :p En repassant par d’autres quartiers de la ville nous remarquons le Pizza’telier, une pizzeria pas loin du cours, qui présente bien, et avec des prix sympas : à noter pour la prochaine fois, ça nous inspire !
Après le repas (et la promenade digestive appréciable), tour des tentes adjacentes à la Bulle du Livre, nous croisons aussi des connaissances, puis partons pour les dédicaces proprement dites. Les auteurs sont revenus de déjeuner et des conférences – pour la plupart, et les visiteurs affluent en masse ! J’avais traîné un peu près des emplacements de Fabien Clavel et Thomas Geha, je repartirai finalement sans aucun de leurs bouquins ni sans avoir vraiment discuté avec eux (quand je n’ai rien ou quasiment rien lu je ne sais parfois pas comment aborder les auteurs…:/). Pareil pour Christopher Priest, sauf que mis à part le Prestige, aucun de ses livres ne m’a trop attiré… Après être retournés auprès de Pevel, mon homme se rend compte que le format poche des Lames est en vente en neuf, du coup on retourne chez le bouquiniste – qui n’en a plus qu’un. Tant pis, on complètera. Je traîne près du stand des éditions « Bord des Continents », qui font de très jolies choses illustrées par Sandrine Gestin. J’hésite beaucoup sur un carnet d’adresses… mais il est en même temps un peu grand et trop fin. Le côté « pratique » manque de certains éléments incontournables pour moi, en opposition avec la finesse et l’éclat des dessins ! Les carnets me paraissent trop beaux et je ne sais pas trop quoi en faire. Je ne voudrais pas utiliser un carnet relié et avec une couverture en carton fort pour écrire des bêtises dedans. Du coup je repars sans rien, sous l’œil un peu ébahi de mon copain qui m’a vue pousser des cris de joie à la vue des dragons quand on est arrivés en face du stand ! Il y avait de jolis packs de correspondance, mais là aussi quelque chose ne m’allait pas. Côté esthétique – 0 Côté rationnel – 1. Je craque rarement sur quelque chose de « juste joli » si l’objet est censé avoir un côté pratique et que je n’y trouve pas mon compte, c’est presque maladif.

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Après avoir été saluer Pevel et fait dédicacer les trois tomes des Lames, nous arrivons finalement à faire dédicacer un livre de Pierre Bordage (qui n’était pas là, puis avait du monde, et Yann lisait tous les résumés des livres présents afin d’en choisir un, ce qui lui prenait du temps), puis je vais voir Fabrice Colin, je prends un recueil de nouvelles – ce qui me changera de ses livres jeunesse ! 🙂 – je discute un peu mais pas trop car il y a du monde derrière. J’emporte aussi le catalogue de sa nouvelle maison d’édition, Super 8, qui propose des titres très alléchants ! Je regrette un peu qu’il y ait autant de monde, j’aurais bien discuté plus longuement avec lui des livres que j’ai lus, de ce qui m’a plu ou interpellée, mais la file d’attente est relativement longue derrière moi, alors ce sera pour une autre fois.

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Entre-temps nous avons poussé jusqu’à l’avenue de Provence pour faire un tour au Temple maçonnique, qui proposait aussi des conférences. Comme nous arrivons en plein milieu d’une, justement, nous sommes priés d’attendre dans la « salle humide » – je ne me souviens plus d’où ni pourquoi ça s’appelle comme ça bien que j’aie croisé le terme au cours de mes lectures, et mon homme ne relève pas non plus (mais il n’a pas l’air super à l’aise que je l’aie traîné dans ce lieu peu commun ! :p). Par contre il est vaguement déçu de ne trouver qu’un genre de cafétéria / salle d’attente type foyer municipal, avec peu de symboles ésotériques (sauf sur le fronton des portes, ce qui est mine de rien une symbolique très forte ! :)) ou de decorum exotique. Je regarde les photos formant une exposition sur Cuba qui ornent les murs autour de nous. Cet endroit est très paisible, je bouquinerais bien ici. Après la foule de la Bulle du Livre ça me fait beaucoup de bien de me retrouver dans un endroit plus tranquille, où je peux sentir la fraîcheur des pierres du bâtiment (j’adore les minéraux, leur toucher et leur odeur, un truc de fou !).
Quand nous sommes de retour dans le chapiteau, j’arrive enfin à retrouver Lynnae – que nous n’avions plus recroisée depuis le midi ! Un peu de papotage encore, et c’est le moment de sortir du festival : nous en avons marre (fatigue + afflux de gens trop important qui commence à m’oppresser + objectifs atteints !) tous les deux, et si nous voulons être à la maison avant 8h du soir il va falloir quitter Épinal…
La prochaine fois, je me fabriquerais peut-être un badge, j’ai vu que certains bloggeurs en arboraient et ça me ferait plaisir de croiser les gens du coin (ou déplacés pour l’occasion), même si ce n’est que pour 5 minutes ! 🙂
Je prends toujours autant de plaisir à me promener dans ce festival et à y croiser des gens sympathiques. A l’année prochaine, très probablement !

 

The Turn of the Screw

De Henry James. 1898. Nouvelle / court roman fantastique. Lecture fastidieuse.
Titre français : Le Tour d’écrou*.
* On note la traduction littérale perdant tout le double sens original, et même son sens tout court. *soupir*
turnscrewRésumé : « Widely recognized as one of literature’s most gripping ghost stories, this classic tale of moral degradation concerns the sinister transformation of two innocent children into flagrant liars and hypocrites. The story begins when a governess arrives at an English country estate to look after Miles, aged ten, and Flora, eight. At first, everything appears normal but then events gradually begin to weave a spell of psychological terror.
One night a ghost appears before the governess. It is the dead lover of Miss Jessel, the former governess. Later, the ghost of Miss Jessel herself appears before the governess and the little girl. Moreover, both the governess and the housekeeper suspect that the two spirits have appeared to the boy in private. The children, however, adamantly refuse to acknowledge the presence of the two spirits, in spite of indications that there is some sort of evil communications going on between the children and the ghosts.
Without resorting to clattering chains, demonic noises and other melodramatic techniques, this elegantly told tale succeeds in creating an atmosphere of tingling suspense and unspoken horror matched by few other books in the genre. Known for his probing psychological novels dealing with the upper classes, James in this story tried his hand at the occult—and created a masterpiece of the supernatural that has frightened and delighted readers for nearly a century. « 
Malgré ses 87 pages cette lecture n’a pas tellement été de courte durée. D’abord le rythme est lent, l’histoire s’étire, bien entendu pour préserver le suspense, mais contrairement à d’autres écrits j’ai ici ressenti cette lenteur, et ça n’a pas toujours été très agréable.
De plus le style d’écriture de l’auteur est lui aussi plutôt lourd ; autant j’ai apprécié les quelques irréprochabilités grammaticales que j’ai croisées, en connaisseur, autant j’aurais aimé que toutes les phrases ne fussent pas aussi alambiquées ni aussi longues.
Finalement je n’ai même rien à dire sur l’environnement ou les personnages ; après avoir lu la Dame en blanc de Collins je peux dire que j’ai nettement moins apprécié la prose de James, même si je reconnais ici une bonne qualité littéraire.
Peut-être que si j’avais été plus en forme ou que ma lecture se fût moins étalée sur de si nombreux jours j’aurais pu plus l’apprécier !

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The Literary Fantastic

De Neil Cornwell. 1990. Essai littéraire. Très bonne lecture.
litfantasticRésumé : « This wide-ranging book examines the role and development of the fantastic in literature from the rise of the Gothic in the second half of the eighteenth century, through its heyday in the horror classics of the nineteenth century – from Frankenstein to Dracula – to its appearance in postmodernist fiction of the present.« 
Cet ouvrage s’ouvre sur une très bonne introduction à la fois chronologique et analytique: où, quand et comment est « né » le fantastique, de quoi découle-t-il, quelles sont ses grandes tendances et codes principaux. On retrouve, comme dans l’ouvrage de Françoise Dupeyron-Lafay les concepts de doute, de fracture, de rationnel vs irrationnel. Cornwell va cependant plus loin, il cite des critiques et explique en quoi le genre a eu du mal à se trouver des définitions, surtout quand il était jeune. Suivent des citations d’études portant sur le fantastique, de grands noms comme Todorov (qui paraît-il a d’abord été édité en français), et aussi des noms un peu moins illustres, mais qui ont aussi tenté d’expliciter et d’unifier le genre à leur époque et à leur manière.
Ce qui m’a beaucoup changé d’autres livres que j’ai lu à ce sujet, c’est la manière d’appréhender l’élément « fantastique » : souvent on parle de thèmes (cimetières, manoirs, vampires, fantômes…) ou d’auteurs, mais ici ça va un peu plus loin, même, que les structures narratives évoquées dans l’autre livre que j’ai lu il y a peu de temps et cité ci-dessus (ce qui était déjà très bien). L’auteur parle beaucoup de l’élément de « fantasy ». Il s’agit de ce qu’on pourrait traduire par « fantaisie », « irréel » – cet élément qui permet à la fiction de devenir non-réaliste, en partie ou totalité. De là, l’étude se focalise sur le fantastique, essentiellement, mais aborde aussi la high fantasy, les contes, et mêmes le nouveau roman (en ce qu’il « brise » les règles établies du roman, donc se positionne sur un autre plan de « rationalité »). Le livre s’achève sur Rushdie, Eco et quelques autres auteurs analogues, dont la présence dans l’ouvrage est justifiée parce qu’ils détournent les buts avoués du roman pour construire une narration illusoire : elle se veut rattachée à une certaine réalité, mais sert en fait à analyser/démontrer/dénoncer autre chose. (A ce que j’ai compris 😉 )
Une approche moins commune que d’autres sur la littérature de l’irréel, qui m’a ouvert de nouvelles perspectives.

Le Fantastique anglo-saxon

De Françoise Dupeyron-Lafay. 1998. Essai / publication universitaire. Excellente lecture.
Sous-titré : Au-delà du réel
fantastiqueRésumé : « Cet ouvrage s’adresse aux (futurs) lecteurs, étudiants et amoureux du fantastique, qu’ils soient ou non anglicistes, et couvre la période allant des années 1820 à la fin de la Première Guerre mondiale, ainsi que les prolongements du fantastique à l’époque contemporaine. Il vise à définir la notion complexe de  » fantastique  » et à délimiter les caractéristiques et les frontières génériques de cette écriture de l’altérité. La réflexion sur la narration, le temps, l’espace et quelques situations et thèmes récurrents du fantastique est conduite à travers l’étude pratique de textes d’origine variées (anglais, irlandais, américains) et de longueurs diverses, du roman à la nouvelle. Le choix du corpus, tout en étant guidé par la notion de certains passages obligés comme H. James, Poe, M. Shelley, Stevenson, Stoker, Wells ou Wilde, a été dicté par un souci de nouveauté. Car certains auteurs, moins connus, excellent aussi dans cette écriture de l’imaginaire et du voyage de l’autre côté du réel.« 
En ces temps obscurs où les masses abêties ne savent plus utiliser les mots avec discernement, cette lecture me fait l’effet d’un bon bain intellectuel ! :p

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Les Portes de l’interdit

De F. R. Tallis. 2012. Fantastique. Bonne lecture.
Titre original : The Forbidden
/!\ Contient des scènes et idées choquantes
portesinterditRésumé : « De retour à Paris après un séjour scientifique dans les Caraïbes, Paul Clément, médecin psychiatre à la Salpêtrière, poursuit le travail entrepris par son mentor sur le système nerveux et la réanimation. Mais bientôt, les souvenirs de son initiation aux pratiques vaudoues refont surface. De sombres créatures aux visages de gargouille hantent ses nuits… et lui confèrent un étrange pouvoir. « 
Une des particularités de ce roman est d’être extrêmement proche des contes fantastiques du XIXe siècle, en termes de structure, de personnages, de thèmes et symbolique utilisés.

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Le Scarabée

De Richard Marsh. 2006 (réédition). Fantastique. Excellente lecture.
Titre original : The Beetle, 1897.
scarabéeRésumé : « À Londres, à la fin du XIXe siècle, une créature mystérieuse venue du fond de l’Egypte antique apporte l’épouvante et la mort. Quelle horrible vengeance poursuit-elle pour assouvir sa haine meurtrière ? Paul Lessingham, jeune politicien de talent, semble bien être au coeur de l’énigme. Rattrapé brutalement par son passé, il entraîne ses proches à son insu dans un cauchemar hors du temps.
Construit en forme de roman policier avant l’heure, Le scarabée invite le lecteur à assembler les éléments d’un puzzle démentiel où s’affrontent malédiction d’un autre âge et rationalité moderne. »
« Le scarabée est l’œuvre la plus célèbre de l’auteur anglais Richard Marsh (1857-1915). Cité par Lovecraft parmi les plus grands thrillers fantastiques, ce roman connut en son temps le même remarquable succès populaire que Dracula de Bram Stoker, paru lui aussi en 1897. »
Je découvre avec ce livre un auteur dont je n’avais pas encore entendu parler (ou je ne m’en souviens plus), et que pourtant j’aurais apparemment eu maintes occasions de croiser, que ce soit au cours de mes lectures ou de mes recherches ! Je l’ai d’ores et déjà classé dans ma liste de « Wanted » : les auteurs durs à trouver (dans les bibliothèques de France*…) mais néanmoins super intéressants d’un point de vue stylistique et historique.

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