Janua Vera

De Jean-Philippe Jaworski. Folio SF, 2015. Nouvelles Fantasy. Excellent. [488 p.]

Première édition aux Moutons Électriques, 2007.

A 46426-Janu vera.inddRésumé : « Né du rêve d’un conquérant, le Vieux Royaume n’est plus que le souvenir de sa grandeur passée… Une poussière de fiefs, de bourgs et de cités a fleuri parmi ses ruines, une société féodale et chamarrée où des héros nobles ou humbles, brutaux ou érudits, se dressent contre leur destin. Ainsi Benvenuto l’assassin trempe dans un complot dont il risque d’être la première victime, Ædan le chevalier défend l’honneur des dames, Cecht le guerrier affronte ses fantômes au milieu des tueries… Ils plongent dans les intrigues, les cultes et les guerres du Vieux Royaume. Et dans ses mystères, dont les clefs se nichent au plus profond du cœur humain…
Jean-Philippe Jaworski met une langue finement ciselée au service d’un univers de fantasy médiévale d’une richesse rare. Entre rêves vaporeux et froide réalité, un moment de lecture unique. Janua vera a été récompensé par le prix du Cafard Cosmique 2008.« 

J’ai acheté ce recueil de nouvelles par curiosité au départ – c’est la première fois que je lis du Jaworski et, si l’on m’en a dit du plus grand bien ici et là j’avais surtout envie de découvrir son monde Fantasy celtique (ou est-ce ainsi que je me l’imagine sans avoir pour le moment mis le nez dedans) de sa saga Rois du Monde. L’univers de Gagner la Guerre, dans lesquelles ces nouvelles sont d’après ce que j’ai compris bien plus ancrées même si elles ne le sont peut-être pas toutes, je n’en sais trop rien, ne me tentait pas trop au départ.

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Comme des fantômes

De Fabrice Colin. Folio, 2011. Recueil de nouvelles. Excellente lecture. [474 p.]
Sous-titré : Histoires sauvées du feu. Première publication aux Moutons électriques, 2008.
Comme-des-fantomes-Colin-fabriceRésumé : « Que se passe-t-il quand un auteur abandonne ses personnages ? Quand l’Alice de Lewis Carroll oublie de fêter ses 130 ans ? Quand Peter Pan entend vous faire payer ses orientations sexuelles ? Que se passe-t-il lorsqu’un lecteur est pris au piège d’un cadavre d’histoire, qu’un détective devient fabriquant de spectres ou que la mort d’un poète fait surgir une forêt ? Expert en fantômes et en fées, docteur ès faux semblants et machinations troubles, Fabrice Colin possédait sur ces questions – et sur d’autres – des avis très personnels. C’était avant 2005 : avant qu’un incendie accidentel ne mette un terme brutal à ce qu’il appelait lui-même  » ma petite carrière d’ombres « . Ce recueil de nouvelles se veut hommage autant qu’étude ; s’y dévoile par à-coups une personnalité tourmentée et complexe dont les textes ici présentés ne sauraient suffire à épuiser pleinement le mystère. Suicide ou disparition ? Mythomanie chronique ou soif d’histoires compulsive ? La réponse, si elle existe, se trouve à l’intérieur.« 

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A Christmas Carol

De Charles Dickens. 1843. Conte. Excellente lecture. [128 p.]
Titre français : Un Chant de Noël / Un Conte de Noël / Le Drôle de Noël de Scrooge
ccRésumé : « Miserly old Scrooge is shown the error of his ways by the ghosts of Christmas Past, Christmas Present, Christmas Yet to Come and the ghost of his old partner, Marley.« 
Après avoir cherché longuement sur Internet une photo de couverture potable, et n’ayant trouvé qu’une très mauvaise image, floue et petite, j’ai résolu d’en prendre une moi-même. Hélas, je crains que le résultat ne soit encore à améliorer !
Cette lecture a été pour moi une relecture car je l’avais déjà lu en français, une nouvelle lecture car c’était ma première immersion chez Dickens en anglais, et aussi ma première lecture commune, avec Charlotte de Books and Cups of Tea ! 🙂
Dans l’ensemble c’est un conte comme il en existe plein d’autres, et qui respecte une certaine structure narrative, à la fois attendue et un minimum surprenante.
Certains d’entre vous connaissent probablement déjà l’histoire que ce soit par la récente adaptation en film par Disney, ou par une autre plus ancienne, ou bien par une adaptation en dessin animé (je pense tout spécialement au Noël de Mickey (1983), qui est une adaptation relativement fidèle du livre de Dickens, à l’exception de quelques détails ou scénettes absents, et que j’ai un peu trop regardé pour ne pas y repenser en lisant ce livre) : un vieux grincheux avare et misanthrope, Ebenezer Scrooge, s’occupe de polluer un maximum la vie des gens qu’il croise. Le soir de la Veille de Noël, il est visité par le fantôme de son défunt ami et associé, Jacob Marley, qui lui annonce qu’il a pitié de son âme et va tenter de le sauver de la damnation éternelle en lui envoyant des fantômes, correspondant au Noëls Passés, Présent, et Futur (À Venir, plus littéralement), pour essayer de changer son comportement. Je me suis vaguement étranglée de rire en lisant la réaction de Scrooge à ces mots – comme vous pouvez le deviner, il est RA-VI ! ^^’
L’ensemble du conte fourmille de détails qui semblent secondaires mais tiennent en fait une grande place à la fois dans l’argumentation, l’univers et le style dickensien. Ces détails vont être souvent rappelés, transformés, utilisés sur et autour de Scrooge, qui, malgré son caractère antipathique, est pour cette raison le personnage central de l’histoire. Par conséquent, on voit très vite tout un petit monde graviter autour de lui, un petit monde constitué de lieux, de personnages, d’activités, d’odeurs, de sensations… C’est très vivant et plutôt réaliste, pas du tout comme dans d’autres contes plus courts ou plus classiques ! Ici on est plutôt chez Gustave Doré, dans ses gravures londoniennes.
En parlant de détails, mais ce n’en est pas un à mes yeux, la plume de Dickens est exceptionnelle – vocabulaire, tournures de phrases, utilisation de techniques ou expressions littéraires, il compose son texte comme d’autres composent des partitions, et je me suis plusieurs fois arrêtée sur une phrase, un rythme de paragraphe, un détail lexical, juste parce que c’était beau, drôle, ou que ça collait bien à la situation. Je dois dire que je ne me suis pas arrêtée dans ma lecture pour consulter le dictionnaire, mais avec cet auteur j’ai de quoi faire, même si je « devine » le sens des mots que je ne connais pas dans énormément de cas maintenant. J’ai aussi remarqué que Dickens, connu pour son réalisme, mais aussi son « misérabilisme » et ses clichés (effectivement, on en trouve un certain nombre, qui servent le conte), peut aussi se montrer très incisif, très mordant et sarcastique – principalement dans la première partie, quand il présente Ebenezer Scrooge ! Charlotte a précisé à raison qu’on aimerait enfermer ce personnage dans un placard pendant les fêtes histoire d’être tranquille :p – et c’est tout à fait ce qu’à l’air de penser l’auteur lui-même de son personnage !
Les éléments des différents « voyages » de Scrooge dans le temps et l’espace sont cc_illuassez attendus si on a fait attention à ce que Dickens nous donne comme informations dans la première partie de l’histoire, concernant les différents personnages. J’ai je ne sais pas trop pourquoi que peu d’atomes crochus avec le premier fantôme, celui des Noëls Passés. Par contre celui du Noël Présent m’a énormément fait penser au Père Noël – on dit toujours qu’il était habillé de vert avant l’appropriation de l’image par Coca-Cola, mais à chaque fois qu’on me sort ça je n’ai pas de référence précise en tête (et ne suis pas sûre que mes interlocuteurs en aient plus ! :p) – or, ici, on a un gros et grand bonhomme jovial, habillé d’un genre de manteau/tunique verte bordée de fourrure blanche, avec une couronne de houx et entouré de nourriture. (illustration ci-contre normalement) Je vous laisse découvrir ou redécouvrir par vous-même le troisième esprit. 😉 D’ailleurs ça c’est marrant, ils sont qualifiés de « Ghosts », donc « fantômes », mais ont plus les caractéristiques d' »esprits » au sens folklorique, avec des attributs et fonctions définis.
Les trois fantômes, leurs attributs et ce qu’ils montrent à Scrooge font tous référence à un certain champ sémantique, ou domaine symbolique, et contiennent des éléments propres, ou un certain point de vue spécifique sur les mêmes éléments et personnages, ainsi qu’une atmosphère définie dès le départ, ce qui ajoute de la profondeur à l’histoire et de la matière au texte. J’imagine d’ailleurs que les petits Anglais doivent certainement avoir ce livre en lecture scolaire, tant il y a à trouver dans ces lignes !
Un très beau et très bon livre, à lire avec des enfants ou sans, en anglais ou traduit, et de préférence avec des illustrations car de très bons artistes se sont penchés dessus ! 🙂
Chroniques d’ailleurs : Books and cups of tea (Charlotte), Mes lectures de l’imaginaire (Olya), Une tasse de culture, l’Aléthiomètre

 

Question LC, c’était une très bonne première expérience ! ça nous a permis de discuter pas mal, et pas seulement du livre, et comme je disais à Charlotte je pense que je n’aurais pas prêté autant attention à certains détails si j’avais lu ce livre seule, ou d’une traite (on a découpé notre lecture suivant les 5 chapitres (« couplets »)). Cependant étant donné mon emploi du temps hasardeux, je ne pense pas pouvoir faire des LC tous les mois, et s’il s’agissait d’un livre plus gros il faudrait peut-être décider d’une découpage différent, ou pas de découpage du tout peut-être ? Si vous avez des conseils ou des remarques sur les LC, je suis curieuse 🙂
Je suis tout de même tout à fait prête à renouveler l’expérience avec un autre titre !

20 clés pour comprendre le bouddhisme

Collectif. 2013. Synthèse documentaire. Bonne lecture.
20clesbouddhismeRésumé : « Religion, philosophie ou spiritualité, le bouddhisme sous toutes ses formes ne cesse de fasciner l’Occident. Des origines indiennes aux pratiques contemporaines en passant par les livres sacrés, les fêtes, les divinités, les symboles, la méditation ou encore la religion populaire, le présent volume fait le point sur une tradition multiple et encore méconnue.
Avec : Catherine Barry, Patrick Carré, Véronique Combré, Philippe Cornu, Thierry-Marie Courau, Laurent Deshayes, Michel Hulin, Fabrice Midal, Éric Rommeluère, Dominique Trotignon et Odon Vallet.« 
Malgré des débuts, et même certains chapitres à l’intérieur, que j’ai eu du mal à comprendre dans leur détail, ça a été une bonne lecture, relativement enrichissante.
Tout comme 20 clés pour comprendre le chamanisme, le livre est constitué d’articles du journal Le Monde (non, je ne suis pas abonnée, j’aime juste cette collection ^^) sous forme de courts chapitres – vingt très exactement – chacun portant sur un aspect ou détail différent du bouddhisme : Bouddha, la méditation, les origines du bouddhisme, les fêtes, le bouddhisme populaire, ses évolutions, les rites, etc. Ces chapitres ne suivent pas d’ordre très logique (mis à part « origines » et « évolutions récentes », placés au début et à la fin), il s’agit donc de cheminer au cours du livre à travers des notions différentes, et d’en apprendre un peu plus dans le  chapitre 8 à propos d’un détail évoqué brièvement dans le chapitre 4, ou que vous pensiez ne pas avoir tout à fait compris dans le chapitre 5.
Comme je le disais en introduction, j’ai vraiment du mal à comprendre certains aspects de cette religion – non pas les accepter mais vraiment, basiquement, comprendre ce qu’ils sont, comment ils fonctionnent, et pourquoi. Autrement dit, tout comme quand j’essayais de lire Les Philosophies orientales, j’ai eu cette forte impression d’estrangement, de distance, que les mots n’arrivent pas à combler suffisamment, particulièrement lorsqu’il s’agit de la pensée de ce courant religieux, de la façon dont ils voient et expliquent le monde et la place de l’humain, ainsi que les rites qui en découlent (oui, je sais, c’est la base de la religion, donc c’est dommage de rater cette partie-là !).
Cependant j’ai tout de même apprécié le livre dans son ensemble, et de nombreux chapitres ne m’ont pas paru abscons ! Les fêtes, les personnalités, le titre de bouddha qui est en quelque sorte diffusé au cours des siècles et dans différents endroits… J’ai bien aimé les explications sur le côté très populaire de cette religion, qui n’hésite pas à faire dans le syncrétisme et à absorber d’autres rites ou croyances sans pour autant les relier tout à fait aux siens, en particulier dans certains pays et régions. Il y avait aussi des explications plutôt claires sur le concept du bouddhisme, qui est conçu comme un choix de vie, un cheminement, et peut par conséquent être rejeté ou abandonné pour un temps (ou toujours), et repris, comme le pratiquant le souhaite, à la différence notable des « grands classiques » que sont l’islam, le judaïsme, et le christianisme (certains ont essayé de se faire « débaptiser », mais en théorie c’est juste pas prévu – un jour chrétien, toujours chrétien, qu’on le veuille ou non ! – et il paraît que c’est pareil pour les deux autres religions, amenant fatalement des genres de « brebis galeuses égarées » aux yeux des croyants).
Les chapitres traitant des différents bouddhismes et leurs évolutions « occidentales » reflétaient ce que j’avais déjà lu et retenu du livre précédent sur le même sujet – un petit peu compliqué à retenir dans le détail pour moi qui n’y connais pas grand’chose au départ, mais très intéressant de manière générale.
Une synthèse qui me paraît plutôt complète et bien référencée, même si le sujet peut être difficile à comprendre concernant certains de ses aspects.

The Turn of the Screw

De Henry James. 1898. Nouvelle / court roman fantastique. Lecture fastidieuse.
Titre français : Le Tour d’écrou*.
* On note la traduction littérale perdant tout le double sens original, et même son sens tout court. *soupir*
turnscrewRésumé : « Widely recognized as one of literature’s most gripping ghost stories, this classic tale of moral degradation concerns the sinister transformation of two innocent children into flagrant liars and hypocrites. The story begins when a governess arrives at an English country estate to look after Miles, aged ten, and Flora, eight. At first, everything appears normal but then events gradually begin to weave a spell of psychological terror.
One night a ghost appears before the governess. It is the dead lover of Miss Jessel, the former governess. Later, the ghost of Miss Jessel herself appears before the governess and the little girl. Moreover, both the governess and the housekeeper suspect that the two spirits have appeared to the boy in private. The children, however, adamantly refuse to acknowledge the presence of the two spirits, in spite of indications that there is some sort of evil communications going on between the children and the ghosts.
Without resorting to clattering chains, demonic noises and other melodramatic techniques, this elegantly told tale succeeds in creating an atmosphere of tingling suspense and unspoken horror matched by few other books in the genre. Known for his probing psychological novels dealing with the upper classes, James in this story tried his hand at the occult—and created a masterpiece of the supernatural that has frightened and delighted readers for nearly a century. « 
Malgré ses 87 pages cette lecture n’a pas tellement été de courte durée. D’abord le rythme est lent, l’histoire s’étire, bien entendu pour préserver le suspense, mais contrairement à d’autres écrits j’ai ici ressenti cette lenteur, et ça n’a pas toujours été très agréable.
De plus le style d’écriture de l’auteur est lui aussi plutôt lourd ; autant j’ai apprécié les quelques irréprochabilités grammaticales que j’ai croisées, en connaisseur, autant j’aurais aimé que toutes les phrases ne fussent pas aussi alambiquées ni aussi longues.
Finalement je n’ai même rien à dire sur l’environnement ou les personnages ; après avoir lu la Dame en blanc de Collins je peux dire que j’ai nettement moins apprécié la prose de James, même si je reconnais ici une bonne qualité littéraire.
Peut-être que si j’avais été plus en forme ou que ma lecture se fût moins étalée sur de si nombreux jours j’aurais pu plus l’apprécier !

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20 clés pour comprendre le chamanisme

De Michèle Bilimoff et consorts. 2013. Essai. Très bonne lecture.
chamanismeRésumé : « Religion primordiale, philosophie de l’harmonie avec la nature et des réalités extrasensorielles, le chamanisme fascine notre modernité à la recherche d’authenticité. Présent aussi bien en Amérique précolombienne qu’en Sibérie ou en Afrique, il donne lieu à un vaste éventail de manifestations culturelles et spirituelles dont le présent ouvrage offre un tour d’horizon complet.

Avec : Michèle Bilimoff, Éric de Rosny, Anne de Sales, Louis-Jacques Dorais, Roberte Hamayon, Jénane Kareh Tager, Serge Lafitte, Frédéric Laugrand, Michel Perrin, Joëlle Rostkowski, Jennifer Schwartz, Odon Vallet et Danièle Vazeilles.« 

Une synthèse courte (150 p. petit format, écrit assez gros et avec beaucoup de divisions à l’intérieur, ce qui « fait moins de texte » :D) mais sympathique, et relativement complète d’après ce que j’ai déjà lu sur le sujet ! J’ai retrouvé des références à Mircea Eliade, qui apparaît une fois de plus comme *la* référence en matière d’histoire des religions (au sens très large : cultes et rites sociaux en général), et aussi quelques noms que je crois avoir croisés auparavant, et qui me semblent tenir des discours cohérents, bien référencés, et plutôt objectifs (ce qui n’est pas toujours le cas pour ce genre de thèmes).
Le livre rassemble 20 articles qui se focalisent tous sur un aspect particulier du thème principal : « La première religion de l’humanité ? » – « Des esprits et des ancêtres » – « Le langage des plantes » – « L’art » – « Afrique » – « Le néochamanisme » – voilà un échantillon pour vous donner une idée ! Du coup on apprécie des explications qui arrivent au fur et à mesure, concentrées à chaque fois sur un aspect précis, ce qui m’a permis de me (re)construire une représentation du concept de chamanisme petit à petit, de manière très méthodique. J’ai trouvé l’agencement des articles pertinent, cela permet une certaine progression dans la lecture, plus ou moins du général au particulier (des origines et pratiques du chamanisme en général à ses particularités rituelles, régionales ou sociologiques).
J’aurais aimé un petit peu plus de références ; mais je suppose que le format du livre ne permettait pas d’en caser plus, d’autant qu’il est clairement destiné à un grand public, et non pas à des universitaires : le langage est relativement clair, les mots scientifiques sont explicités en grande partie.
Un bon ouvrage de synthèse que je recommande à ceux que le sujet intéresse.

Les Sorcières de l’Épouvanteur

De Joseph Delaney. 2011. Fantasy jeunesse / Contes. Très bonne lecture.
Titre original : The Spook’s Stories – Witches, 2009
sorcieresRésumé : « Saviez-vous que l’Épouvanteur John Gregory était prêt à tout pour garder près de lui Meg Skelton, la lamia dont il est tombé follement amoureux ? Que la sorcière Dora a été débusquée et torturée par un redoutable Inquisiteur ? Que la plus redoutable des tueuses, Grimalkin, a eu un bel enfant avec le Malin ? Qu’Alice a affronté une immonde créature mangeuse de cerveaux chez Lizzie l’Osseuse ? Et enfin, que Tom Ward a combattu une divinité celte quand il était en formation avec Bill Arkwright ? Un recueil de cinq récits fascinants et effrayants à souhait ! Des révélations palpitantes sur les personnages les plus importants de la saga de l’Épouvanteur !« 
Un recueil de textes courts sous forme de chroniques annexes à la série racontant les aventures de Tom Ward. On retrouve le style si particulier à Joseph Delaney, du moins quand il se propose de nous faire découvrir le folklore attenant au Comté, ses créatures de l’obscur et les combats qui s’y déroulent de manière semble-t-il quotidienne, pour des question de pouvoir, de vengeance ou de protection.
Je conseille cependant de lire ce livre plutôt après avoir lu la saga écrite auparavant, car il dévoile certains passages-clés. Par contre, je devrais me mettre à relire la série car je ne me souviens absolument plus qui exactement est Meg Skelton dedans, ni comment elle nous est introduite !
Un bon complément à la saga de l’Épouvanteur, qui permet de revenir dans le Comté et d’apprendre quelques détails supplémentaires.

L’Apocalypse selon Marie

De Patrick Graham. 2008. « Thriller* ». Une vraie déception, malgré un style pas si mauvais.
Arrêté page 226, soit la moitié du livre.
* Je pense que le mot est assez inadapté. Pas de frissons, pas d’excitation. Récit proche de l’onirisme, avec des incursions dans le genre policier / thriller de temps en temps.
apocalypsemarieRésumé : « Perdue au milieu d’une foule de réfugiés dans un stade de La Nouvelle-Orléans, Holly, une fillette de onze ans, appelle au secours. Elle a peur de l’ouragan qui dévaste sa ville, peur d’avoir perdu ses parents, peur que quelque chose de terrible ne se soit glissé en elle. Marie Parks, profileuse et médium au FBI, entend son appel. Elle vient de mettre un terme à la carrière du plus sanglant des serial-killers, un tueur bien plus proche d’elle qu’elle n’aurait voulu le croire. Brisée et en colère, elle va pourtant trouver la force d’affronter la terre entière, et même ses anciens collègues du FBI, pour sauver une enfant. Car Holly a des pouvoirs immenses et se révèle l’enjeu d’une lutte ancienne, le seul espoir de l’humanité contre le fléau qui menace de l’engloutir. A moins que le fléau, ce ne soit justement elle… Une seule femme se dresse entre vous et la fin des temps. Patrick Graham a un don pour jouer avec nos peurs primaires, nos espoirs de rédemption et nos émotions les plus intimes. Son roman ouvre un chemin qui mène droit à la fin du monde. Vous n’aurez pourtant jamais envie de faire demi-tour. »
J’avais vaguement entendu parler de cet ouvrage, jusqu’au jour où, passant à la médiathèque avec une amie qui voulait s’initier au thriller, je me le suis moi-même fait chaudement recommander par une des bibliothécaires venue discuter avec nous.
Après être arrivée à la moitié du roman, ce qui m’énerve le plus c’est que la 4e de couverture est totalement mensongère. La fillette, Holly, je l’ai vue quoi ? 30 pages ? Et je n’en sais pas plus sur elle que ce que donne la première phrase du résumé ! Le reste du résumé promet une intrigue haletante, de l’action… mais en fait (toujours là où j’en suis), il ne se passe rien, ou très peu, de tout ça – surtout car tout est assez décousu. On parle d’Untel, puis on se focalise sur quelqu’un d’autre, et finalement tout semble se cristalliser autour de chamans de 400 ans, qui possèdent un genre d’immortalité en même temps que des super-pouvoirs, comme vous allez vous en rendre compte au bout de 30 pages si vous tentez l’expérience vous-même. Ce n’est pas vraiment (du tout) ce à quoi je m’attendais !!

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Histoires japonaises d’esprits, de monstres et de fantômes

 De Eric Faure. 2006. Essai / livre d’étude. Très bonne lecture, mais très (trop ?) complet.
histoiresjaponaisesBien que ce livre ne soit pas très gros (240 p.) j’ai mis assez longtemps à le lire. En effet l’auteur est professeur d’université au Japon, installé depuis 12 ans dans le pays, et apparemment spécialisé dans la culture locale de Kyôto, et bien que son ouvrage soit classé dans les « contes » à la médiathèque, le simple fait qu’il soit édité chez L’Harmattan aurait dû me mettre la puce à l’oreille. Il s’agit là plus d’un ouvrage d’étude sur la culture folklorique du Japon qu’un livre de contes traditionnel qu’on peut lire à  ses enfants ou parcourir d’un œil distrait à la fin d’une longue journée. Le niveau de langue est assez haut, et on a autour de chaque conte énormément d’explications sur les lieux physiques réels, les noms que ce soit des lieux ou des personnages, historiques ou non, avec idéogrammes et significations associés, sans parler de tout l’environnement politique et historique, les ères, les changements sociaux, l’évolution de l’art, la religion. En bref : il faut s’accrocher. J’ai appris pas mal de choses concernant le mode de vie, de croyance et sur les lieux sacrés japonais, mais je me suis sentie noyée dans les noms et les références, n’en ayant que très peu concernant ce pays, et du coup je n’en ai en gros retenu aucun.
Concernant les contes en eux-mêmes, j’en connaissais la trame pour la plupart, et quelques personnages et créatures récurrentes, j’ai donc été moins perdue. On a souvent droit à plusieurs versions (annoncées) du même conte, avec toujours des explications pour justifier l’apparition de tel ou tel détail. Il y a aussi beaucoup de références à l’art japonais (peinture, théâtre, architecture) – et là encore les informations sont multiples, et les analyses qui vont avec.
Néanmoins, mis à part le chapitre sur les objets animés – concept qui ne me disait franchement rien ! – je n’ai pas une seule fois réellement décroché du livre. Le style de l’auteur est assez fluide malgré tout, et permet régulièrement au lecteur de « souffler » avec des focus sur des concepts simples ou des relâchements dans les accumulations d’explications et de références.
Je conseillerais ce livre aux gens qui s’intéressent au Japon, au folklore ou aux contes, en les prévenant que c’est une étude et non pas un simple recueil, et que c’est une lecture d’un niveau exigeant (universitaire plutôt que grand public).