De fièvre et de sang

De Sire Cédric. Le Pré aux Clercs, 2010. Thriller fantastique. Bonne lecture. [447 p.]

* * *

defievreRésumé : « Une jeune fille se réveille entièrement nue et entravée sur un matelas couvert de sang. Elle sait qu’elle va mourir, toute tentative de fuite semble inutile. La douleur n’est rien en comparaison de la peur panique qui s’est emparée d’elle…
Le commandant Vauvert mène l’enquête en compagnie d’une profileuse albinos, Eva Svärta. Personnage excentrique et hors norme, Eva a un véritable sixième sens qui fait d’elle une redoutable traqueuse de l’ombre. Ensemble, ils vont tenter de remonter la piste d’un tueur en série qu’ils croyaient mort et qui a pour habitude de vider entièrement ses victimes de leur sang. S’agit-il d’une réincarnation, d’un spectre, d’un homme, d’une femme, d’une créature d’un autre monde ? Suspense, angoisse, horreur, sensations étranges, crises de démence, folie meurtrière, rite satanique… Un thriller oppressant qui entraîne ses lecteurs au-delà de la raison.« 

* * *

   J’ai entendu beaucoup de bien de cet auteur depuis pas mal d’années maintenant (je l’ai aussi aperçu aux Imaginales, il faut dire qu’il est repérable ! ^^). En tant qu’amatrice de thrillers bien sombres et bien ficelés, de fantastique, et même d’un peu d’horreur pourquoi pas de temps en temps, j’ai assez vite pensé qu’il fallait que je tente la lecture d’au moins une de ses œuvres, sans grand risque de déception !
   Finalement je n’ai pas été déçue, mais je n’ai pas non plus compris la passion générale pour cet auteur, en tous cas pas avec ce seul et premier livre.

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Les Lutins Urbains, T.2 : Le dossier Bug le Gnome

De Renaud Marhic. 2014. Roman jeunesse. Bonne lecture. [115 p.]
Résumé : « On les croyait disparus à jamais,
chassés de nos contrées par la modernité.
Erreur ! On peut bien avoir construit des villes à la campagne, les lutins se sont faits urbains !
Et ils n’ont rien perdu de leurs pouvoirs
d’agaceries, tracasseries, et espiègleries…
Le dossier Bug le Gnome-couvertureOrdinateurs en folie… smartphones ensorcelés… Quel est donc ce “virus” qui menace la Grosse Cité ? À peine remis de sa rencontre avec le Pizz’ Raptor, Gustave Flicman doit se rendre à l’évidence : un nouveau lutin menace la ville ! Comme par hasard, revoilà le Professeur B. Avec son aide, le jeune policier se lance sur la piste du redoutable Bug le Gnome. Vite ! Ça sent déjà le grillé… Gustave parviendra-t-il à ne pas péter les plombs ? Car voilà ses 5 sœurs à l’hôpital, victimes d’une mystérieuse intoxication… Tandis que Bug le Gnome s’est introduit dans le Laboratoire d’Étude et de Recherche Nucléaire de la Grosse Cité…« 
Renaud Marhic (que je remercie au passage), des Editions P’tit Louis, m’a recontactée pour me proposer la lecture de son deuxième opus. Comme le premier m’avait enchantée, j’ai bien sûr accepté de suivre à nouveau Gustave Flicman dans la suite de ses aventures urbano-lutines ! J’ai reçu le livre la semaine dernière, accompagné d’un marque-page en plus. 🙂

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Armageddon Rag

De George R. R. Martin. Folio (SF), 2014. Roman. Une lecture looooongue. [586 p.]
Titre original : Armageddon Rag, 2013.
~ Merci à nymeria de Avides Lectures et aux éditions Folio de m’avoir fait gagner et envoyé cet exemplaire ~
armageddon-ragRésumé : « Jamie Lynch, l’imprésario d’un des plus grands groupes de rock des années soixante, les Nazgûl, est retrouvé ligoté à son bureau et le cœur arraché. Un meurtre qui en fait remonter un autre à la surface : celui du chanteur du groupe, abattu en plein concert, en 1971. Deux crimes non élucidés distants d’une dizaine d’années. Une énigme. Parce que son quatrième roman est au point mort, parce qu’il a suivi l’affaire Charles Manson en tant que journaliste, parce qu’il est fasciné par l’histoire et la musique des Nazgûl, l’écrivain Sander Blair décide de mener sa propre enquête et d’en tirer un livre, son De sang-froid. Mais Sander va rapidement se rendre compte que, malgré les apparences, le meurtre de Jamie Lynch n’est pas une nouvelle affaire Sharon Tate. C’est bien plus compliqué. Et bien pire.
Thriller fantastique hanté par des visions d’apocalypse, fascinante plongée dans l’Amérique de l’après-guerre du Viêt Nam sur laquelle plane le fantôme de l’âge d’or du rock, Armageddon Rag est une des réussites majeures de George R. R. Martin…  « 
Ce titre est le troisième Martin que j’avais envie de découvrir cette année, coûte que coûte j’ai envie de dire puisque les deux premiers essais n’ont été concluants ni l’un ni l’autre. Je vais désormais arrêter de m’acharner et retourner à d’autres auteurs.
La classification en « SF », oui, oui, la belle collection toute argentée qui regroupe space-opera et autres récits d’anticipation, me laisse encore pantoise. Dites-vous que le premier élément véritablement SF, et encore ! arrive vers la page 520. Cinq cent vingt pages sur cinq cent quatre-vingt-six pages sont consacrées à plein de choses, dont certaines peuvent paraître étranges, certes, mais dont pas 1% ne peut être expliqué par la fatigue ou la consommation de substances licites ou illicites potentiellement hallucinatoires, et qui se déroulent toutes dans un présent tout à fait réaliste. Étant donné que ce livre n’a pas grand’chose non plus d’un thriller, je dirais que le rédacteur de la 4e a également halluciné quelque peu… ou n’a pas lu le livre, c’est selon. Si vous voulez lire de la SF, un « pur » thriller contemporain ou un roman policier classique, ne choisissez peut-être pas ce livre.

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L’Homme chauve-souris

De Jo Nesbø. Folio policier, 2002. Roman policier. Bonne lecture. [473 p]
Titre original : Flaggermusmannen, 1997.
hommechauvesourisRésumé : « Parce qu’une jeune Norvégienne a été sauvagement jetée d’une falaise à l’autre bout du monde en Australie, l’inspecteur Harry Hole de la police d’Oslo est envoyé sur place par une hiérarchie soucieuse de l’évincer. Ce qui n’aurait dû être que routine diplomatique va se transformer en traque impitoyable au fur et à mesure de meurtres féroces qu’Harry Hole refuse d’ignorer. Autre hémisphère, autres méthodes… Associé à un inspecteur aborigène étrange, bousculé par une culture neuve assise sur une terre ancestrale, Hole, en proie à ses propres démons, va plonger au cœur du bush millénaire. L’Australie, pays de démesure, véritable nation en devenir où les contradictions engendrent le fantastique comme l’indicible, lui apportera, jusqu’au chaos final, l’espoir et l’angoisse, l’amour et la mort : la pire des aventures.« 
Bien, bien, bien. Cette non pas première mais volontaire et consciente (ré, donc) incursion dans le polar nordique n’a pas été infructueuse, même si l’essai n’a pas été transformé pour moi.
Commençons par ce qui ne m’a pas enchantée : tout d’abord il s’agit d’un roman policier tirant sur le roman noir, l’atmosphère est sombre, le héros torturé, et l’enquête n’avance pas aussi vite que dans les thrillers les plus contemporains. Avec Harry Hole on prend le temps de frapper aux portes, de connaître les gens : témoins, suspects et gens environnants, de s’offrir une aventure passagère (ou peut-être pas seulement…) avec une autre étrangère, presque une concitoyenne, de s’empreindre de la culture du coin… Bien sûr je sais que tous ces éléments peuvent être de très bons critères, et je ne doute pas que certains d’entre vous aient déjà le sourire aux lèvres en lisant ceci, mais personnellement ici tout ça ne m’a fait ni chaud ni froid, je n’aime pas trop ce genre de personnage (même si paradoxalement le Capitaine Vimaire est un de mes personnages du Disque-Monde préférés !), j’ai trouvé le livre assez lent et ne me suis passionnée pour aucun trait du contenu, si ce n’est peut-être les légendes aborigènes ! La révélation du coupable ne m’a pas tiré de frissons probablement parce que j’ai véritablement lu ce livre comme une fiction lointaine qui n’a pas réussi à me faire voyager avec elle.
Je n’ai rien à redire à la plume (traduite) de Nesbø, elle ne m’a ni impressionnée ni ennuyée en elle-même. J’ai même eu l’impression que c’était à deux doigts de faire mouche, que c’était loin d’être mauvais, et que, oui, même, je pouvais la recommander sans prendre de risques.
Enfin comme je vous l’ai dit au-dessus j’ai bien aimé certaines immersions dans les mythes aborigènes, une certaine culture australienne plus contemporaine également (avec leurs « freshies » et leurs « salties« * par exemple…), et bien que non passionnée de manière générale j’ai tout de même réussi à me prendre au jeu de ce bonhomme norvégien qui vient se perdre down under** pour une sombre affaire de meurtre.
* plus d’explications sur les drôles de bestioles australiennes dont les freshies/salties sur le blog d’une amie qui est justement allée mettre les pieds là-bas il y a peu de temps.
** un surnom de l’Australie, voir aussi ici.
Une lecture qui n’a pas réussi à me passionner, mais que je ne déconseille pas pour autant.

 

Chroniques d’ailleurs : L’Aléthiomètre

Déjà dead

De Kathy Reichs. Pocket, 1998. Thriller. Bonne lecture. [542 p.]
Titre original : Déjà dead, 1997.
Série : Temperence Brennan, #1
dejadeadRésumé : « A Montréal, sur la table de dissection du laboratoire de médecine légale de la police provinciale, arrive un cadavre découvert dans l’ancien parc du Grand Séminaire. Le docteur Temperance Brennan est chargé d’autopsier ce qu’il reste d’une femme découpée en morceaux. Son expertise va l’amener en première ligne de l’enquête, seule, en butte à l’hostilité de son collègue policier et face à l’assassin qui collectionne les victimes féminines… Cinq femmes sont déjà mortes. Sera-t-elle la prochaine?« 
Comme je l’avais déjà dit de Kathy Reichs, elle ne fait pas partie de mes écrivains préférés dans le sens où elle n’a pas de grande originalité ni dans son style ni dans ses idées de manière générale, mais en même temps elle représente maintenant pour moi une sorte de valeur sûre : j’ai envie de lire vite fait un thriller un peu macabre, pas mauvais mais pas prise de tête non plus, un de ses livres risque toujours de bien faire l’affaire ! Et c’est plus ou moins sur une telle envie que j’ai ressorti ce livre qui prenait la poussière sous une figurine de vaisseau de… Warhammer 40k peut-être, depuis quelques années. En effet, ces 500 pages et quelques sont aussi bien passées qu’un livre de 200 pages de moins.
Ce livre-ci, son premier apparemment, offre je trouve un rythme un peu plus soutenu et un meilleur arrière-plan scénaristique que A tombeau ouvert ou Les Os du Diable.
L’action se situe au Québec, où Brennan se retrouve plus ou moins expatriée, étant américaine. On trouve donc tout un tas de comparaisons des deux cultures, surtout du point de vue linguistique, et le texte est truffé d’expressions typiques de la région – enfin, j’imagine ! Ne connaissant que bien peu cette région et sa culture, je serais bien en peine de vous dire si c’est un ramassis de clichés ou si cette vision du Québec peut être considérée affectueusement réaliste. :p En tous cas ça m’a bien fait sourire tout au long du texte. Dans la même idée l’environnement de travail de l’héroïne est assez dense, on connaît ses relations avec ses autres collègues, les problèmes qu’elle rencontre ; on entre aussi assez fréquemment dans sa vie quotidienne et cela donne un rythme assez particulier, même si pas forcément moins tendu que dans d’autres thrillers étant donné qu’on reste toujours dans sa tête, avec ses doutes, questions et réflexions sur l’enquête, formant ainsi quelque chose de plutôt obsessionnel du point de vue du lecteur ! Le côté « médecine légale » est toujours très largement exploité, avec force détails peu ragoûtants qui en raviront certainement certains plus que d’autres… Mais encore une fois les amateurs du genre n’en seront probablement pas trop chamboulés, on reste dans une certaine « norme ».
J’ai vu venir un des derniers retournements de situation de très très loin, dès que l’amie Gabby a été impliquée dans l’histoire générale. Mis à part ce point un peu grossier, le reste ne m’a ni spécialement plu ou intriguée, ni lassée.
J’apprécie toujours autant le personnage de Temperance Brennan et ses dizaines de petites réflexions et commentaires sur tout et rien, alternant les modes sérieux, professionnel, cynique, humoristique, ou décalé. Je regrette également toujours que peu de personnages de la série soient exploités en dehors d’elle, ou, quand ils le sont, que ce soit toujours de façon bien moins forte et dense.
Un bon thriller dans la veine de beaucoup d’autres, que je ne conseille ni déconseille spécialement !

Les Crimes de l’Ange

De Jean-Claude Baudroux. Editions du Bastberg : 2000. Policier. Lecture très sympathique. [251 p]
crimesdelangeRésumé : « Les habitants de Nancy ont peur… Et il y a de quoi ! On a déjà retrouvé trois morts en quelques jours. Et ce n’est malheureusement pas fini… Qui est ce mystérieux assassin qui guette ses proies dans l’ombre, et qui les tue ce manière aussi horrible ? Quel est ce monstre qui se régale de la souffrance de ses victimes ? Et pourquoi retrouve-t-on toujours les cadavres dans des demeures dessinées par des architectes de l’Ecole de Nancy ? Stanislas Kopinski est chargé de l’enquête. Il aurait vraiment préféré que ce soit son collègue Andrieux qui s’y colle, parce qu’il va s’engager dans l’enquête la plus calamiteuse de sa carrière…  « 
Il paraît qu’il y a d’autres écrivains à Nancy que Pierre Pevel, dont certains qui donnent dans le policier/thriller, genres que j’affectionne de manière générale sauf ratage catastrophique et/ou maladresses trop récurrentes. J’ai donc jeté mon dévolu en passant sur ce petit livre (il est écrit gros, en plus !) à dominante rouge estampillé « Les Polars régionaux » – nom de la collection, j’imagine. Je n’ai globalement pas été déçue.
Nous suivons donc… Tadaaaaaam : Stanislas (!!) – revenez, les nancéiens, n’allez pas vous pendre 😉 – Kopinski de son nom de famille (ça n’arrange rien*), un flic du type sombre, amer, solitaire et ayant le sentiment d’avoir raté sa vie – comme on les aime. Ses collègues sont sensiblement du même moule : beaucoup de réchauffé ou stéréotypé, point assumé visiblement à 110% par l’auteur, qui en rajoute au fil des pages. On trouve un Andrieux, ce qui me fait penser au philosophe Bernard Andrieu professeur à la fac de Lettres, un légiste qui s’appelle bizarrement Mulot et à qui je rajoute des moustaches fines à chaque fois que je lis son nom, et d’autres noms à consonance plus ou moins régionale.
Les allusions à l’agglomération nancéienne, la ville et sa culture sont légion, et c’est du coup très rigolo à lire, car j’arrive sans aucun souci à visualiser les endroits, les enfilades de rues et même les détails, ce qui est bien la première fois ! Je suis du genre à lire les romans policiers et thrillers en me focalisant sur l’intrigue, et en ayant une sorte d’arrière-plan flou chamarré et stéréotypé en toile de fond, et autant dire que s’il y a une course-poursuite dans les rues de New-York j’ai un peu de mal à prendre des repères.
L’intrigue et le déroulement de l’enquête sont par contre assez ténus. Le livre étant court et se focalisant pas mal sur les pensées de Stanislas, c’est quelque chose que j’ai vu venir de loin. Ne vous attendez pas à une intrigue complexe et foisonnante de rebondissements, ce n’est pas du tout le cas ici. Cependant j’ai trouvé les avancements et piétinements assez réalistes dans l’ensemble, et je ne me suis pas ennuyée, principalement parce que l’auteur a un style que j’apprécie entre fluidité narrative assez simple, traits d’humour et aussi un poil d’élaboration par moments, dans les pensées du policier, ses souvenirs, les descriptions de certaines scènes… Finalement cela forme un tout assez complet et pas trop mal cohérent. J’ai simplement relevé une ou deux répétitions au début du livre (des infos données deux fois presque de suite).
Un polar frais bien que sanglant, à apprécier au soleil pendant qu’il réchauffe votre terrasse / balcon / le parc d’à côté.

 

* Tout savoir sur Stanislas Leczinski dit le Bienfaisant, Duc de Lorraine : ici /// Site de Nancy Tourisme – La Place Stanislas

 

Le Syndrome Copernic

De Henri Lœvenbruck. 2007. Thriller. Bonne lecture. [442 p.]
A lire de préférence après le Testament des Siècles – ce livre en reprend des éléments, et risque donc de vous gâcher légèrement la lecture du Testament si vous le lisez après. Les deux romans sont néanmoins compréhensibles chacun de leur côté, et forment deux histoires séparées.
syndromecopernicRésumé : « Ils lui avaient dit qu’il souffrait d’une schizophrénie paranoïde aiguë.
Mais Vigo Ravel le sait : les voix qu’il entend dans sa tête ne sont pas des hallucinations.
Ce sont les pensées des gens.
Les vôtres.« 
Je n’ai pas eu le même ressenti après cette lecture qu’après celle du Testament des siècles. J’ai trouvé celui-ci moins équilibré dans son ensemble – un début très bon, qui m’a happée dans la tête de cet homme qui finit par douter de tout – le genre de situation que j’adore !! 😀 Toutes les réflexions et commentaires sur la schizophrénie m’ont intéressée, voire passionnée, et pour une fois j’ai trouvé qu’on ne tombait pas dans les clichés, on est vraiment dans le ressenti de la personne, et ça s’accordait très bien avec le début de l’intrigue.
Bien sûr, longue expérience de thrillers oblige, j’ai assez vite pris des paris sur la suite de l’histoire. Et c’est là que le bât a blessé : la tournure des évènements est à peu de choses près la même que dans un roman de Jean-Christophe Grangé*. Je ne vous dirais pas lequel, si vous avez lu les deux livres il y a de fortes chances que vous ayiez vous aussi fait le lien, mais en même temps je ne voudrais pas vous priver de la lecture de l’un ou de l’autre car les deux ont d’autres points intéressants que simplement l’intrigue. En tous cas inutile de vous dire qu’une fois mes hypothèses confirmées le livre a commencé à moins m’intéresser – de plus, et je reprends là mon argumentaire du premier paragraphe, la deuxième moitié du livre est à mon avis beaucoup moins bonne que la première. L’auteur commence par reprendre des éléments d’un de ses livres précédents, et s’assure par là même une espèce de deus ex machinaen tous cas c’est l’impression malheureuse que j’en ai eu ! Ensuite l’écheveau complexe qu’il semblait avoir tissé laborieusement, patiemment autour du personnage principal est plus ou moins dénoué en deux coups de cuillère à pot, et on enchaîne avec des scènes d’action, on fonce dans le tas, et bien sûr le méchant c’était bien le personnage ultra-secondaire que j’avais repéré dès sa première apparition dans le texte. Voilà, voilà. 😦
* et peut-être aussi que d’autres romans que j’ai pas lus, pour ce que j’en sais.
Dire que je ressors déçue de ma lecture est cependant inexact. D’abord la plume de Loevenbruck est toujours aussi fluide, assez cynique, et dans l’ensemble distrayante sans frôler le niveau des pâquerettes, si vous me suivez ! Au contraire c’est plutôt bien écrit, il a pas mal de vocabulaire, je dirais même qu’il en use énormément pour un auteur de polars – le genre ne se définit globalement que peu par sa poésie ou son niveau de langage ! 😉 Je ne sais pas trop pourquoi mais j’ai été frappé dans un certain paragraphe par l’utilisation du passé simple à la première personne du pluriel : « nous nous mîmes en route… » et autres terminaisons en -âmes, -îmes. Donc voilà, je trouve ça agréable et esthétique. 🙂
J’apprécie toujours autant l’humanité de ses personnages, le côté très terre-à-terre, quotidien, fragile. Ils sont facilement dépassés par les évènements qui leur tombent dessus, et j’arrive assez facilement à m’identifier à eux, ou en tous cas à éprouver de l’empathie, justement parce que ce ne sont pas des super-héros ou des personnages virils, stoïques et prêts à tout !
Ensuite, comme je l’ai dit plus haut, c’est mon énième roman policier de type thriller, et franchement je crois que je commence à me blaser, ou à en tous cas avoir fait le tour d’un certain nombre de possibilités de scénario, de type de personnages et de résolution d’énigme. J’aurais lu ce livre 10 ans plus tôt j’en serais peut-être restée plus ébahie, alors que maintenant dès les premières pages j’ai mes rouages qui se mettent en marche dans mon cerveau et j’échafaude un certain nombre d’hypothèses éclairées tout en cherchant les « indices » dans le texte.
Un bon thriller dans la veine contemporaine française. Je recommande aux amateurs de Grangé, Chattham, Thilliez, et tous les autres.

 

W3, T.1: Le Sourire des pendus

De Jérôme Camut et Nathalie Hug. 2013. Thriller. Excellente lecture. [750 p.]
w3Résumé : « Lara Mendès, jeune chroniqueuse télé, enquête sur le marché du sexe et ses déviances. Elle disparaît sur un parking d’autoroute… Désemparés par la lenteur de l’enquête, ses proches reçoivent le soutien de Léon Castel, fondateur d’une association de victimes.
Sa fille Sookie, policière hors norme, a enquêté sur une triple pendaison qui semble liée à cette affaire. Qui a enlevé Lara ? Pourquoi ? Où sont passés ces enfants et ces jeunes femmes dont les portraits s’affichent depuis des mois, parfois des années, sur les murs des gares et des commissariats ? Réseaux criminels ou tueurs isolés ? Partout, le destin d’innocents est broyé sans pitié.« 
Arrivée à la moitié du livre, j’étais prête à lui mettre un « excellent », mais étant donné que j’ai trouvé que les 200 dernières pages faisaient un tant soit peu retomber le soufflé et qu’en plus je suis frustrée de découvrir que ce n’est pas un one shot malgré ses 750 pages, ce sera seulement une « très bonne lecture ». Je suis faible, ils le méritent bien, leur « Excellent » ! 🙂
Dans l’ensemble, j’ai adoré le livre, autant que j’avais adoré leur saga composée de Prédation, Stigmate, et Instinct (et Rémanence, viens-je juste d’apprendre). On retrouve un maximum d’éléments de leur « univers » thrilleresque, et aussi des clins d’œil au moins à la série précédemment citée ainsi qu’à Malhorne, une série fantasy de Jérôme Camus (« bien mais spécial » m’a dit mon frère qui l’a lu – moi je n’y ai pas encore mis le nez).
C’est toujours plutôt horrible et malsain, donc je continue de déconseiller ces auteurs aux personnes qui seraient vraiment sensibles – en plus ça ne se finit pas en conte de fées, les méchants s’en sortent même parfois pas forcément si mal. Question horreurs gore, sévices sexuels, ou même concepts psychologiques on est toujours servis, même si dans l’ensemble j’ai trouvé ça moins terrible qu’Instinct, qui m’avait véritablement retourné l’esprit et les sens pendant quelques temps après ma lecture. Bref, on est bien dans du thriller et pas dans du roman policier avec enquête pépère autour d’un crime somme toute pas si horrible que ça. (Mon point de vue de lectrice, n’assassinez pas votre voisin fêtard, même proprement et même si vous avez des excuses :p)
Je passe vite fait sur le style, toujours aussi bon et qui me fait toujours penser à d’autres écrivains également pleins de talent, tels Grangé ou Chattham pour en citer deux qui font aussi dans le sanglant-tordu-journalistique. Même chose pour le rythme de l’histoire, mis à part le petit bémol cité au début – et qui se justifie par, donc, l’existence à venir (vite j’espère, et pas suivi d’un autre ! J’aime déjà pas attendre entre deux livres d’une série, mais vu qu’en plus là il y a enquête…)
Ce qui m’a le plus marquée dans cette lecture, ce sont les personnages. Pour un roman de cette catégorie, aucun n’a été laissé pour compte. Vous avez le choix entre la jeune fliquette en proie à un espèce de syndrome psychiatrique de rangement mental particulier et plutôt pratique, la journaliste pas si classique que ça, son « petit » frère bâti comme Hulk – de qui il partage aussi le caractère, le Papy réac du fin fond des Vosges consanguines*, l’idiot du village (en parlant de consanguinité) qui aime manger – et les chiens – et qui n’est pas si stupide que ça, le couple d’homos stars sur le déclin qui ont des problèmes de couple, de vie, d’identité, etc. Bref c’est plutôt la foire et donne l’occasion aux auteurs de ne pas voler trop au-dessus des pâquerettes quand il est question d’humour – et ça fait du bien entre deux séquences sordides (ou au milieu, n’est-ce pas « Pierre » ?). Bon, et ça c’est juste les personnages principaux. En fait, fait rarissime quand je lis ce genre de littérature, j’ai réussi à véritablement m’attacher aux personnages, à avoir envie d’encourager Lara à tenir bon, à regretter que Léon ne soit que fictif tellement il sonne vrai et que le monde aurait  besoin de plus de caractères comme lui, à espérer pouvoir aider Sookie, à imaginer Guernica « en vrai », à rire aux blagues des garçons (Valentin, Arnault, Egon) en ayant l’impression d’être dans la même pièce qu’eux.
Bah, j’ai même pas envie de vous parler de l’intrigue, ça se déroule comme je l’avais pensé en lisant le résumé, sur la trame de fond tout au moins, avec développements à la clé que je ne vais pas vous dévoiler. Je ne me suis pas du tout ennuyée, et même si là tout de suite je suis frustrée et sur ma faim car la conclusion n’est pas tout à fait… conclue, du coup, ça reste une lecture fabuleuse, plus que distrayante, et ça ne m’arrive pas si souvent de pouvoir dire ça en lisant des thrillers !
* Blague lorraine / et pis d’abord c’est eux qui l’ont dit dans le livre :p
Chroniques d’ailleurs : Avides Lectures

Pluto [Série]

De Naoki Urasawa et Osamu Tezuka. 2010. Science-fiction/enquête. Excellente lecture.
La série comporte 8 volumes de format classique manga.
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Résumé : « Les robots les plus sophistiqués du monde sont détruits les uns après les autres. Sur leur tête, à chaque fois, des cornes. Deux crimes perpétrés au même moment, et le même rituel étrange… Des cornes ! mais que signifient-elles dans cette affaire de crimes en série ?! Le meurtrier est-il un homme ou un robot ?« 
Dès les premières pages je reconnais très fortement la griffe de Naoki Urasawa, non sans un frisson car je connais cet auteur par le manga Monster, qui est… plutôt flippant.
J’apprécie aussi son sens du détail, ce rythme lent et posé qui s’installe très vite, qui va bien avec le thème du livre, la manière dont on nous amène les choses (après tout science-fiction ou pas c’est une enquête).
C’est une histoire de robots. C’est une histoire d’humanité. C’est l’histoire d’un inspecteur qui enquête sur des meurtres en série. Autant de fils conducteurs qui s’entremêlent déjà dans les tous premiers tomes, happant le lecteur dans une mécanique implacable.
On est ici dans de la pure science-fiction, celle qui ne fait pas que décrire un futur plus ou moins improbable mais qui questionne, qui dérange, qui prend aux tripes, qui trouve son sens. Qu’est-ce qu’être humain ? Où commence l’humanité ? Dans ce futur, les gouvernements ont donné des droits aux robots, mais quels droits exactement, et en quoi les robots sont-ils autant, plus ou moins libres que les êtres humains qu’ils côtoient ?

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Je me pose beaucoup de questions sur la possible tournure des évènements, qui semble n’avoir rien de prévisible pour l’instant. De nouveaux personnages et situations n’ont pas encore fini de nous être présentés, je le sens – mais dans quel but ?
J’aime beaucoup les personnages pour l’instant, même si on n’a pas forcément beaucoup de détails sur eux tous. Ils ont un côté réel, quotidien qui je trouve donne du corps au récit et à l’univers. J’attends de lire les prochains tomes avec impatience.
Dans les tomes suivants l’histoire avance, l’enquête se résout partiellement, pour le lecteur, qui voit également apparaître de nouvelles sources de questionnement. J’aime toujours autant Uran et son « don », ça me fait sourire à chaque fois, je trouve ça trop mignon ! 🙂
J’aime l’idée du nom de « Pluto » – Pluto le dieu des morts et du monde souterrain peu vivant, peu dynamique, dans la mythologie grecque où on le connait mieux sous le nom d’Hadès. Pluto le taciturne, l’asocial, celui qui s’est retiré du monde parce qu’en fait il aime assez sa solitude. Pluto qui est aussi régulièrement montré comme un dieu terrible, vengeur, voire machiavélique…
Je prends également toujours autant plaisir à repérer les allusions aux œuvres de Tezuka, même si je dois en rater plein car je n’ai pas tout lu non plus, autant qu’à Monster.
La fin est je trouve assez typique de Tezuka, je n’ai pas eu de grosse surprise, mais ça m’a tout de même plu.
Ce manga est assez court mais terriblement efficace en termes de contenu et de narration !

 

Chroniques d’ailleurs :  P’tite TrolleLynnae, Livresse des Mots

Fractures

De Frank Thilliez. 2009. Thriller. Excellente lecture. 🙂
fracturesRésumé : « Face à la tombe de sa sœur jumelle Dorothée, décédée dix ans auparavant, Alice Dehaene s’interroge : à quoi rime cette photo de Dorothée, prise il y a peine six mois, qu’elle a récupérée des mains d’un immigré clandestin ?
Alice sait que quelque chose ne tourne pas rond dans sa tête. Son psychiatre à l’hôpital de Lille, Luc Graham, doit lui révéler le résultat d’un an de psychothérapie, lui apporter cette lumière qu’elle recherche depuis si longtemps. Mais les événements étranges que se multiplient autour de la jeune femme vont l’en empêcher : son père, agressé chez lui à l’arme blanche, et qui prétend avoir tenté de se suicider ; ce chemisier ensanglanté qu’elle découvre dans sa douche, à propos duquel elle n’a pas le moindre souvenir ; et cet homme retrouvé nu à un abri de bus qui semble avoir vu le diable en personne.« 
Un super polar ! Un super auteur également, si j’en crois les chroniques et critiques que je croise, et d’après donc cette première expérience de sa plume. Je ne me suis pas du tout ennuyée, me suis posée plein de questions, me suis laissée balader jusqu’à la moitié du bouquin avant de commencer à comprendre où il allait en venir, et même alors j’ai encore eu quelques surprises et détails qui ne m’étaient pas venus à l’esprit dans les derniers chapitres !
Le seul point vaguement négatif que j’ai à préciser ce sont les quelques premières pages : deux prologues, une introduction, et enfin l’arrivée d’Alice – pendant quelque temps je me suis demandée à quoi ça rimait, et quel était le lien entre ces différents temps, lieux, et personnages, car ça n’était au départ pas du tout explicite ! Mais finalement l’auteur nous donne les ficelles sans trop tarder (avant que le lecteur s’énerve pour de bon et envoie valser le bouquin 🙂 ).
Après, bien sûr, l’aspect surprenant d’un thriller c’est toujours assez subjectif, ça dépend de vos lectures, mais sincèrement je pense que celui-ci pourrait plaire à un grand nombre, parce qu’il n’est pas mal ficelé du tout, Thilliez aime nous perdre dans les détails et intrigues « secondaires », fait intervenir les personnages comme il faut, et crée une atmosphère qui retient l’attention du lecteur en lui dévoilant des choses petit à petit ! Je n’ai pas noté de temps mort dans l’histoire ; le fait d’avoir plusieurs pistes de réflexion et de questionnement nous permet d’avoir toujours quelque chose à cogiter, à déduire, à observer sans savoir quoi en faire tout de suite. J’ai plusieurs fois pensé à Grangé, autre auteur de thrillers français, à cause de la recherche d’identité d’Alice – son passé, son présent, qu’est-ce qui lui échappe exactement ? Cependant c’est assez rare que je devine grand chose dans les Grangé, alors qu’ici en même temps que de me faire tranquillement illusionner par Thilliez j’ai aussi pu récolter pas mal d’indices et avoir l’impression de pouvoir moi aussi faire ma petite enquête ! Le côté psychologique est très important, même s’il y a de l’action, on est sans cesse en train de remettre en question ce que l’on sait, ce que l’on sait vraiment, ce que savent les différents personnages ou ce qu’ils se contentent de relater.
Dans ce livre on suit donc principalement Alice, qui est suivie par un psychiatre (= mise en doute dès le départ d’un certain nombre de choses bwahahahaha), et dont l’existence déjà perturbée bascule un peu plus à cause d’évènements inexpliqués. A côté on suit le docteur Luc Graham, son praticien, mais également Julie, une assistante sociale en psychiatrie, qui a trouvé un homme nu en état de catatonie. J’ai de manière générale beaucoup aimé les personnages, même si je me suis plus facilement identifiée à certains qu’à d’autres. J’aurais aimé avoir un chouïa plus de détails sur Mirabelle, toutefois. Vu leur nombre relativement limité (ce qui permet d’avoir une histoire qui sonne de manière assez réaliste, et des interactions entre eux renforcées tout au long du livre, je ne m’en plains pas !), j’ai fini par identifier le meurtrier avant le dénouement – mais bon c’était pas trop gênant c’était vraiment sur la toute fin du livre, et il restait d’autres questions à résoudre !
Donc voilà, première rencontre avec Frank Thilliez, et j’espère bien qu’on se reverra encore ! 😀
Chroniques d’ailleurs : Le Boudoir des Livres, Lectures Trollesques, Pouvoir des MotsPlaisir de lire, Les mots de Mélo