Contes de la fée verte

De Poppy Z. Brite. Folio SF, 1997. Recueil de nouvelles. Excellent. [265 p.] Coup de cœur.
Titre original : Swamp Foetus, 1994.
contesfeeverteRésumé : « Que se passe-t-il quand deux frères siamois séparés à la naissance n’ont qu’un seul souhait : redevenir un ? Quand chaque apparition d’un chanteur rock s’accompagne d’un drame ? Quand un entrepreneur de pompes funèbres du quartier de Chinatown vous charge de surveiller un cadavre ? Et quand vous perdez dans Calcutta livrée aux morts-vivants ? Tout le talent de Poppy Z. Brite se dévoile dans ces douze nouvelles à l’odeur de souffre [sic] et au goût d’absinthe, dont « Calcutta, seigneur des nerfs », récompensé par le Grand Prix de l’Imaginaire 1998.« 
WAOUH. C’est mon impression en refermant cet ouvrage, impression convoyée par le style et les idées de l’auteur tout au long de ces douze nouvelles, quasiment dès la première page, sans compter l’introduction par Dan Simmons qui m’a aussi comblée (« Prolégomènes à toute métaphysique future de Poppy« ).
Avant d’aller plus loin je préviendrai quand même que ce livre est je pense à réserver à un public averti : les idées et thèmes développés ne sont pas des plus légers ou rieurs et jouent très largement avec le dérangeant, et les descriptions de relations sexuelles (ou de comparaisons, atmosphères, etc. sulfureuses) ou de cadavres pourrissants ne sont pas rares. Quand il ne s’agit pas de scènes sensuelles impliquant un cadavre.
ça va, vous êtes toujours là ? :p

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20 clés pour comprendre le bouddhisme

Collectif. 2013. Synthèse documentaire. Bonne lecture.
20clesbouddhismeRésumé : « Religion, philosophie ou spiritualité, le bouddhisme sous toutes ses formes ne cesse de fasciner l’Occident. Des origines indiennes aux pratiques contemporaines en passant par les livres sacrés, les fêtes, les divinités, les symboles, la méditation ou encore la religion populaire, le présent volume fait le point sur une tradition multiple et encore méconnue.
Avec : Catherine Barry, Patrick Carré, Véronique Combré, Philippe Cornu, Thierry-Marie Courau, Laurent Deshayes, Michel Hulin, Fabrice Midal, Éric Rommeluère, Dominique Trotignon et Odon Vallet.« 
Malgré des débuts, et même certains chapitres à l’intérieur, que j’ai eu du mal à comprendre dans leur détail, ça a été une bonne lecture, relativement enrichissante.
Tout comme 20 clés pour comprendre le chamanisme, le livre est constitué d’articles du journal Le Monde (non, je ne suis pas abonnée, j’aime juste cette collection ^^) sous forme de courts chapitres – vingt très exactement – chacun portant sur un aspect ou détail différent du bouddhisme : Bouddha, la méditation, les origines du bouddhisme, les fêtes, le bouddhisme populaire, ses évolutions, les rites, etc. Ces chapitres ne suivent pas d’ordre très logique (mis à part « origines » et « évolutions récentes », placés au début et à la fin), il s’agit donc de cheminer au cours du livre à travers des notions différentes, et d’en apprendre un peu plus dans le  chapitre 8 à propos d’un détail évoqué brièvement dans le chapitre 4, ou que vous pensiez ne pas avoir tout à fait compris dans le chapitre 5.
Comme je le disais en introduction, j’ai vraiment du mal à comprendre certains aspects de cette religion – non pas les accepter mais vraiment, basiquement, comprendre ce qu’ils sont, comment ils fonctionnent, et pourquoi. Autrement dit, tout comme quand j’essayais de lire Les Philosophies orientales, j’ai eu cette forte impression d’estrangement, de distance, que les mots n’arrivent pas à combler suffisamment, particulièrement lorsqu’il s’agit de la pensée de ce courant religieux, de la façon dont ils voient et expliquent le monde et la place de l’humain, ainsi que les rites qui en découlent (oui, je sais, c’est la base de la religion, donc c’est dommage de rater cette partie-là !).
Cependant j’ai tout de même apprécié le livre dans son ensemble, et de nombreux chapitres ne m’ont pas paru abscons ! Les fêtes, les personnalités, le titre de bouddha qui est en quelque sorte diffusé au cours des siècles et dans différents endroits… J’ai bien aimé les explications sur le côté très populaire de cette religion, qui n’hésite pas à faire dans le syncrétisme et à absorber d’autres rites ou croyances sans pour autant les relier tout à fait aux siens, en particulier dans certains pays et régions. Il y avait aussi des explications plutôt claires sur le concept du bouddhisme, qui est conçu comme un choix de vie, un cheminement, et peut par conséquent être rejeté ou abandonné pour un temps (ou toujours), et repris, comme le pratiquant le souhaite, à la différence notable des « grands classiques » que sont l’islam, le judaïsme, et le christianisme (certains ont essayé de se faire « débaptiser », mais en théorie c’est juste pas prévu – un jour chrétien, toujours chrétien, qu’on le veuille ou non ! – et il paraît que c’est pareil pour les deux autres religions, amenant fatalement des genres de « brebis galeuses égarées » aux yeux des croyants).
Les chapitres traitant des différents bouddhismes et leurs évolutions « occidentales » reflétaient ce que j’avais déjà lu et retenu du livre précédent sur le même sujet – un petit peu compliqué à retenir dans le détail pour moi qui n’y connais pas grand’chose au départ, mais très intéressant de manière générale.
Une synthèse qui me paraît plutôt complète et bien référencée, même si le sujet peut être difficile à comprendre concernant certains de ses aspects.

20 clés pour comprendre le chamanisme

De Michèle Bilimoff et consorts. 2013. Essai. Très bonne lecture.
chamanismeRésumé : « Religion primordiale, philosophie de l’harmonie avec la nature et des réalités extrasensorielles, le chamanisme fascine notre modernité à la recherche d’authenticité. Présent aussi bien en Amérique précolombienne qu’en Sibérie ou en Afrique, il donne lieu à un vaste éventail de manifestations culturelles et spirituelles dont le présent ouvrage offre un tour d’horizon complet.

Avec : Michèle Bilimoff, Éric de Rosny, Anne de Sales, Louis-Jacques Dorais, Roberte Hamayon, Jénane Kareh Tager, Serge Lafitte, Frédéric Laugrand, Michel Perrin, Joëlle Rostkowski, Jennifer Schwartz, Odon Vallet et Danièle Vazeilles.« 

Une synthèse courte (150 p. petit format, écrit assez gros et avec beaucoup de divisions à l’intérieur, ce qui « fait moins de texte » :D) mais sympathique, et relativement complète d’après ce que j’ai déjà lu sur le sujet ! J’ai retrouvé des références à Mircea Eliade, qui apparaît une fois de plus comme *la* référence en matière d’histoire des religions (au sens très large : cultes et rites sociaux en général), et aussi quelques noms que je crois avoir croisés auparavant, et qui me semblent tenir des discours cohérents, bien référencés, et plutôt objectifs (ce qui n’est pas toujours le cas pour ce genre de thèmes).
Le livre rassemble 20 articles qui se focalisent tous sur un aspect particulier du thème principal : « La première religion de l’humanité ? » – « Des esprits et des ancêtres » – « Le langage des plantes » – « L’art » – « Afrique » – « Le néochamanisme » – voilà un échantillon pour vous donner une idée ! Du coup on apprécie des explications qui arrivent au fur et à mesure, concentrées à chaque fois sur un aspect précis, ce qui m’a permis de me (re)construire une représentation du concept de chamanisme petit à petit, de manière très méthodique. J’ai trouvé l’agencement des articles pertinent, cela permet une certaine progression dans la lecture, plus ou moins du général au particulier (des origines et pratiques du chamanisme en général à ses particularités rituelles, régionales ou sociologiques).
J’aurais aimé un petit peu plus de références ; mais je suppose que le format du livre ne permettait pas d’en caser plus, d’autant qu’il est clairement destiné à un grand public, et non pas à des universitaires : le langage est relativement clair, les mots scientifiques sont explicités en grande partie.
Un bon ouvrage de synthèse que je recommande à ceux que le sujet intéresse.

« Intérêt » : soyons clairs.

      Quand j’étais petite, je me souviens, on avait tendance à me dire : « Oh, tu aimes [insérer n’importe quoi ici] ! » quand ils me voyaient avec un bouquin portant large en titre ledit sujet. Cette tendance s’est un peu calmée, due je crois partiellement au fait que c’est un peu moins naturel pour les gens, maintenant, de se pencher en s’extasiant sur mes lectures tout en ayant l’air gentil. [De mon expérience, j’ai toujours eu l’impression que les adultes essaient surtout de faire en sorte d’avoir l’air gentil face aux enfants ; c’est assez rare qu’ils s’intéressent sincèrement à leurs lectures – d’où des questions/remarques non seulement mal tournées mais creuses]
En fait, ces gens avaient à peu près cinquante pour cent de chances de se tromper. La seule chose qu’ils pouvaient déterminer avec certitude, ce n’est pas que ce sujet me plaisait, mais qu’il m’intéressait
bible
 
 
  Depuis mon adolescence – âge auquel j’ai commencé à avoir des lectures parfois moins innocentes que les dinosaures ou les champignons – je ne peux m’empêcher de faire un peu attention, non pas à ce que je lis, mais à comment et à qui je dévoile certaines de mes lectures. Les gens ont tendance au premier coup d’œil à mélanger les deux concepts, non seulement les termes mais les actes / sentiments, confondant intérêt intrinsèque (ou pas, d’ailleurs), et implication. Moi aussi, quand je vois quelqu’un lire quelque chose que je n’aime pas / ne m’intéresse pas du tout, j’ai toujours tendance à penser d’abord que si cette personne lit ceci, elle aime forcément cette lecture, et est donc probablement très différente de moi. C’est complètement idiot*, n’est-ce pas ?
sesoigner
       Quand il s’agit d’aimer ou non certains genres littéraires, cela peut déjà envenimer les esprits (autre débat). Alors, qu’en est-il lorsque les lectures se rapportent non pas seulement à des types-clés de publics ou de qualité littéraire, mais à des sujets polémiques, gênants, ou tabous ?

Quid de cet ouvrage complet sur tel parti politique ?

Quid de cette synthèse sur tel courant religieux / sectaire ?

Quid du Sexe pour les Nuls ? (Existence du titre non vérifié ! :p)

Quid du « Comment bien vivre sa grossesse » ?

Est-ce que je dois obligatoirement – faire partie de / vouloir intégrer / partager les opinions de ce parti ou cette religion ; être vierge et / ou seulement en train de découvrir ma sexualité ; être enceinte / le prévoir – pour lire ces livres ? Est-ce que je ne pourrais pas juste satisfaire une curiosité – curiosité qui a pu me venir de cours (scolaires) mais aussi de l’actualité, d’une conversation au détour de ma journée, de mots interceptés dans les transports en commun, d’une autre lecture qui n’avait en fait pas grand-chose à voir avec le sujet du livre « maudit » ?
J’ai une anecdote : il y a quelque temps, alors que je venais juste de mettre en ligne la critique d’un polar traitant des francs-maçons (de Giacometti et Ravenne), et de la partager sur Facebook, j’ai eu le choc de voir soudainement apparaître sur le mur d’un contact (donc visible sur le mien) une avalanche de messages haineux anti-maçonniques. Je ne lui en veux pas, je ne l’ai même pas viré de mes contacts ; mais franchement je me demande encore si c’était juste une énorme coïncidence (ce qui est possible bien que je n’ai jamais vu de tels messages auparavant), ou si c’était bien une forme de représailles. J’ai vérifié 3 fois ma critique pour être sûre de n’avoir pas, même par erreur, laissé entendre que j’étais pro-maçonnique ! Quelques soient mes lectures, je n’entends pas faire consciemment d’adeptes de telle ou telle chose. Mais non. Apparemment, si c’était bien dirigé contre ma critique, ou simplement dirons-nous en parallèle par rapport à celle-ci, mon seul tort était d’avoir osé ouvrir un livre qui traitait du sujet.
conspi
Vu les positions tranchées de certains de mes contacts, je me demande quels effets je pourrais obtenir avec d’autres titres bien choisis… ^^
De manière générale, je lis, on lit, avec plus ou moins d’attentes et d’opinions sur le sujet. Parfois on lit quelque chose qui, on le sait d’avance, ne va pas nous plaire, pour le plaisir de réfuter ce qu’il y a dedans ; parfois au contraire on est content de pouvoir relire ce avec quoi on se trouve d’accord. Et puis parfois on se jette à l’eau avec rien de plus que toute l’objectivité qu’il nous est possible de rassembler, sur un sujet qu’on ne connaît pas, ou peu, et sur lequel nous n’avons que peu d’opinions, sans être, ou peu, impliqués.
* Cependant il y a effectivement des cas où le type plongé dans sa revue d’astrologie est effectivement (très) porté sur l’astrologie (et va même de dévoiler ton horoscope sans que tu le lui demandes). Bon. Rien n’est simple !

Le Philosophe ignorant

Par Voltaire. 1766, édition de 2008. Essai philosophique. Excellente lecture.
philosopheRésumé : « Voltaire est âgé de 72 ans en 1766 lorsque paraît Le Philosophe ignorant, malicieuse invitation à un voyage autour du monde de la philosophie. Raillant Descartes, Spinoza et Leibniz – la volonté n’est pas plus libre qu’elle n’est bleue ou carrée, oppose-t-il au premier -, louant les analyses de Pierre Bayle et de John Locke, Voltaire critique avant tout l’esprit de système des philosophes, que guettent les travers de son Pangloss. Contrairement à eux, le philosophe ignorant qu’est Voltaire ne dissimule pas ses contradictions : oui, on peut être à la fois déiste et profondément sceptique ; oui, on peut soutenir que les principes de la morale, comme toutes les idées, s’acquièrent par les sens, et néanmoins affirmer qu’il existe une morale universelle et naturelle fondée en Dieu. Car le philosophe ignorant ne cesse de rechercher la vérité. Tel est l’autoportrait que nous livre ici Voltaire. »
Qu’on aime ou pas Voltaire, il reste un philosophe plutôt accessible à tous : un vocabulaire assez simple, des phrases claires, et malgré quelques contradictions (plein en fait) un fil de pensée assez facile à suivre. Ce texte est à la fois court (100 pages), en forme de liste, et essaye de définir entre autres choses ce qu’est un philosophe et qui est Voltaire. C’est non seulement intéressant mais en plus, de mon point de vue, un ouvrage que je recommanderais à ceux qui ne sont pas (ou peu) habitués à lire de la philosophie, dont certains textes sont, il faut le dire, carrément abscons.
J’ai énormément apprécié la manière dont se place Voltaire dans la société de l’époque. Il écrit sur des choses et des gens (auteurs) qui lui sont contemporains, et aussi d’autres qu’il a lu car c’était des « best-sellers philosophiques » à l’époque (Locke, Hobbes, Descartes…), et il critique les uns et les autres en expliquant en quoi il est d’accord avec les uns mais pas du tout avec les autres, et aussi comment il a changé d’avis sur certains sujets et points philosophiques. C’est quelqu’un de très critique mais aussi de très direct, qui aime même ponctuer son discours de traits d’humour, ce qui rend la lecture dynamique et absolument pas ennuyeuse. Ce trait est accentué par la liste dont je parlais plus haut, qui concerne beaucoup de sujets qui se suivent, et donc changent au fil des pages, une raison de plus pour ne pas se lasser !
Le petit plus : la préface de Véronique Le Ru, qui m’a paru bonne et intéressante de mon point de vue curieux mais pas spécialiste, et le glossaire + dossier à la fin, qui amènent quelque 30 pages d’informations complémentaires permettant de resituer certaines choses, et de se faire une idée de certains textes dont Voltaire parle dans l’ouvrage.
Un excellent livre très abordable, dans le ton de beaucoup d’ouvrages poche de Gallimard (oui, je sais, les petites éditions, gnagnagna, mais bon, il faut reconnaître que les grands éditeurs ont parfois aussi du bon 😉 )

Le Promontoire du songe

De Victor Hugo. 1901 (1ère édition), 2012 (cette édition). Essai/poésie. 100 pages . Un Victor Hugo en forme. Que dire de plus ?
promontoireRésumé : (Il y en avait un pas mal au dos du livre, mais il est assez long). En très bref, Victor Hugo se retrouve un jour invité par un ami à l’Observatoire de Paris. Cet ami lui montre la Lune, grossie 400 fois nous dit le livre, et de là Hugo va complètement partir « en free style » comme il sait si bien le faire, en mélangeant lyrisme, emphase, astronomie et aussi mythologie et littérature, et nous expliquer en long, large et travers ce à quoi lui fait penser cette image de la Lune, en dérivant vers le songe, le rêve, propre à tous les hommes.
J’ai particulièrement apprécié le thème mythologique parcouru à travers les siècles, civilisations et auteurs classiques. La comète Hugo nous entraîne dans son sillage et nous profitons de toutes ces projections, ces souvenirs, ces lectures, ces analogies fulgurantes – un vrai bonheur. Deuxième temps fort pour moi : l’analyse et élégie du phénomène et de l’importance du songe, vers la fin du texte, qui m’a assez fait penser à « Du conte de Fées » [Of Faerie Stories], de Tolkien ; où Hugo se fait relativement posé et poétique plus que lyrique, Tolkien devient emphasique, ce qui fait qu’à mon sens les deux textes se répondent quelque peu, étant presque en harmonie stylistique, et abordant des thèmes parallèles (la création, le mythe).
De la découverte physique (perception visuelle) de ce « trou dans l’obscur » à un foisonnement intellectuel et spirituel typiquement hugolien, ce livre court mais éblouissant ravira certainement les amateurs de la poésie et de l’éloquence du Maître.

Signes, Symboles et Mythes (Que sais-je ?)

De Luc Benoist. 1975 (réédité en 2003). Synthèse / livre-outil. Bonne lecture.
signessymbolesJ’ai trouvé ce Que sais-je ? intéressant, mais parfois assez hermétique. Concepts abstraits non expliqués, vocabulaire très (trop ?) riche, paragraphes entiers qui m’ont été incompréhensibles (surtout au début). J’ai récemment lu du Levi-Strauss (sociologue, anthropologue), et aussi du Mircea Eliade (historien des religions / croyances / mythes), et cela fait des années que je m’intéresse aux mythes, légendes et symboles, et je sais que toutes ces lectures m’ont aidées à comprendre celle-ci. Autrement dit : pour un Que sais-je ? je dirais que la barre a peut-être été placée un peu haut, puisque cette collection est me semble-t-il destinée à proposer synthèse et exemples pour un thème donné, en étant accessible au plus grand nombre.