Les Sorcières de l’Épouvanteur

De Joseph Delaney. 2011. Fantasy jeunesse / Contes. Très bonne lecture.
Titre original : The Spook’s Stories – Witches, 2009
sorcieresRésumé : « Saviez-vous que l’Épouvanteur John Gregory était prêt à tout pour garder près de lui Meg Skelton, la lamia dont il est tombé follement amoureux ? Que la sorcière Dora a été débusquée et torturée par un redoutable Inquisiteur ? Que la plus redoutable des tueuses, Grimalkin, a eu un bel enfant avec le Malin ? Qu’Alice a affronté une immonde créature mangeuse de cerveaux chez Lizzie l’Osseuse ? Et enfin, que Tom Ward a combattu une divinité celte quand il était en formation avec Bill Arkwright ? Un recueil de cinq récits fascinants et effrayants à souhait ! Des révélations palpitantes sur les personnages les plus importants de la saga de l’Épouvanteur !« 
Un recueil de textes courts sous forme de chroniques annexes à la série racontant les aventures de Tom Ward. On retrouve le style si particulier à Joseph Delaney, du moins quand il se propose de nous faire découvrir le folklore attenant au Comté, ses créatures de l’obscur et les combats qui s’y déroulent de manière semble-t-il quotidienne, pour des question de pouvoir, de vengeance ou de protection.
Je conseille cependant de lire ce livre plutôt après avoir lu la saga écrite auparavant, car il dévoile certains passages-clés. Par contre, je devrais me mettre à relire la série car je ne me souviens absolument plus qui exactement est Meg Skelton dedans, ni comment elle nous est introduite !
Un bon complément à la saga de l’Épouvanteur, qui permet de revenir dans le Comté et d’apprendre quelques détails supplémentaires.
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Les Miscellanées de la Lune

De Michel Beauvais. 2012. Très beau livre, très bonne lecture !
miscluneRésumé : « La star, ici, c’est la Lune ! Ce recueil qui lui est consacré rassemble une multitude d’informations tantôt sérieuses, tantôt cocasses, souvent surprenantes, à picorer à votre gré : faits scientifiques ou historiques, anecdotes, légendes, superstitions, mythologie… La pleine lune a-t-elle une influence sur notre humeur ? D’où vient l’expression « lune de miel » ? Pourquoi les mariages ont-ils souvent lieu en juin ? Quand est-il préférable de bouturer ? Comment est née la Lune ? Quand vaut-il mieux se faire couper les cheveux ?… En couvrant des thématiques aussi diverses que l’astronomie, le jardinage, la santé, la beauté, la cuisine, les animaux ou bien encore la littérature, l’auteur vous invite à découvrir la « face cachée » de la Lune ! »
Superbe ouvrage, relié, illustré, et très diversifié. J’ai beaucoup aimé l’effet mosaïque de toutes ces petites anecdotes et explications sur un peu tout et n’importe quoi, c’était très rafraîchissant en même temps que très instructif ! J’ai survolé les parties jardinage et coiffure qui ne m’intéressaient guère mais ai retrouvé avec joie histoires mythologiques, folkloriques, et références à Hergé, plus des tas d’autres choses dont je n’avais pas toujours idée.
Je conseille à tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin à la Lune. De plus, il est accessible à tous, y compris aux enfants/ados, puisque les informations sont clairement segmentées (titre + paragraphe + parfois illustration), et qu’on peut donc les lire séparément très facilement, si jamais l’une ou l’autre est trop ardue (je pense notamment aux considérations astronomiques incluant ellipses,mais aussi centres de gravité et inclination), ou n’intéresse pas le lecteur.

La Terre Mourante – l’intégrale I

De Jack Vance. Pygmalion, 2010. Bonne lecture.
Contient : Un monde magique, Cugel l’Astucieux.
Titre original :  The Dying Earth, The Eyes of the Overworld, [1950-1966]
terremouranteRésumé : « Portrait au fusain d’une planète à l’agonie, les cinq nouvelles qui composent Un monde magique nous emportent dans plusieurs centaines de milliers d’années, quand la Terre s’éteindra doucement sous les rayons écarlates de son soleil déclinant. Écrites au lendemain de la guerre, leur pessimisme ne doit pas faire oublier leur importance historique : monde imaginaire, absence de technologie, utilisation de la magie… Quinze ans avant la publication américaine du Seigneur des anneaux, Jack Vance jetait les bases de la fantasy.
Cugel l’Astucieux nous invite à suivre les aventures rocambolesques de son héros éponyme, sympathique voleur aux mille péripéties dont les stratagèmes abracadabrants finissent toujours par se retourner contre lui… Jack Vance signe l’une de ses plus brillantes créations avec le personnage de Cugel, devenu un modèle – un archétype – pour de nombreux auteurs de fantasy et scénaristes de jeux de rôle.
Jack Vance est né en 1916. Cet infatigable bourlingueur a sillonné toutes les mers du monde et en a rapporté un goût marqué pour l’exotisme qui imprègne chacune des pages de ses livres. Ses univers baroques et chatoyants sont la plus pure expression du fameux sensé of wonder, cette faculté qu’ont certains auteurs de nous émerveiller et de nous emporter, dès les premières pages, dans un tout autre monde.« 

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Seven Strange and Ghostly Tales

De Brian Jacques. Contes fantastiques, jeunesse. Lecture très sympathique !
English review.
seventalesDe petits contes rapides et faciles à lire, certains assez cyniques et horribles un peu à la façon des Chair de Poule, d’autres plutôt drôles, et enfin le restant plus « classiques » : un ado qui s’amuse à taguer un musée, à la grande fureur de son gardien qui va le « punir » à sa manière ; un jeune fantôme au bord d’une route, dont le seul souhait est de goûter une sucrerie ; un garçon qui se fait entraîner dans un cimetière à minuit – où il va croiser des vampires somme toute très communs ! – une petite fille maltraitée par son tuteur, mais protégée par une étrange et potentiellement dangereuse créature…
Des fantômes et créatures diverses, toujours des enfants dans le rôle des héros.

Histoires japonaises d’esprits, de monstres et de fantômes

 De Eric Faure. 2006. Essai / livre d’étude. Très bonne lecture, mais très (trop ?) complet.
histoiresjaponaisesBien que ce livre ne soit pas très gros (240 p.) j’ai mis assez longtemps à le lire. En effet l’auteur est professeur d’université au Japon, installé depuis 12 ans dans le pays, et apparemment spécialisé dans la culture locale de Kyôto, et bien que son ouvrage soit classé dans les « contes » à la médiathèque, le simple fait qu’il soit édité chez L’Harmattan aurait dû me mettre la puce à l’oreille. Il s’agit là plus d’un ouvrage d’étude sur la culture folklorique du Japon qu’un livre de contes traditionnel qu’on peut lire à  ses enfants ou parcourir d’un œil distrait à la fin d’une longue journée. Le niveau de langue est assez haut, et on a autour de chaque conte énormément d’explications sur les lieux physiques réels, les noms que ce soit des lieux ou des personnages, historiques ou non, avec idéogrammes et significations associés, sans parler de tout l’environnement politique et historique, les ères, les changements sociaux, l’évolution de l’art, la religion. En bref : il faut s’accrocher. J’ai appris pas mal de choses concernant le mode de vie, de croyance et sur les lieux sacrés japonais, mais je me suis sentie noyée dans les noms et les références, n’en ayant que très peu concernant ce pays, et du coup je n’en ai en gros retenu aucun.
Concernant les contes en eux-mêmes, j’en connaissais la trame pour la plupart, et quelques personnages et créatures récurrentes, j’ai donc été moins perdue. On a souvent droit à plusieurs versions (annoncées) du même conte, avec toujours des explications pour justifier l’apparition de tel ou tel détail. Il y a aussi beaucoup de références à l’art japonais (peinture, théâtre, architecture) – et là encore les informations sont multiples, et les analyses qui vont avec.
Néanmoins, mis à part le chapitre sur les objets animés – concept qui ne me disait franchement rien ! – je n’ai pas une seule fois réellement décroché du livre. Le style de l’auteur est assez fluide malgré tout, et permet régulièrement au lecteur de « souffler » avec des focus sur des concepts simples ou des relâchements dans les accumulations d’explications et de références.
Je conseillerais ce livre aux gens qui s’intéressent au Japon, au folklore ou aux contes, en les prévenant que c’est une étude et non pas un simple recueil, et que c’est une lecture d’un niveau exigeant (universitaire plutôt que grand public).

Le Guide du chasseur de fées

De Édouard Brasey. 2005. Essai merveilleux. Très bel ouvrage, très plaisant à lire.
guide
Résumé : « Nourri aux sources les plus authentiques, ce guide s’adresse à tous ceux qui sont désireux de se lancer dans l’envoûtante et parfois dangereuse quête des fées. On y trouve, abondamment commentées et illustrées, moult recettes éprouvées pour observer les gentes demoiselles, connaître leur histoire, leurs mœurs, leur culture, leurs secrets, solliciter leur aide ou la grâce de leurs dons, voire se lier à elle d’amitié et d’amour – car les fées, grandes amoureuses, s’unissent souvent aux humains. De même, ce guide évoque les mille pièges et chausse-trapes guettant le chasseur de fées, ainsi que les moyens de les éviter – car plus d’un s’est retrouvé gibier, pourchassé par les accortes jouvencelles et malmené par leurs jeux cruels. Le monde de Féerie n’est pas de tout repos, et qui en méconnaît les règles ou les transgresse, que ce soit par défi, par folie ou par inadvertance, se retrouve « enféé  » pour le meilleur ou pour le pire – généralement le pire, car une fois bafouées, les belles dames sont sans merci. »
Je débute cette lecture avec Altan (groupe traditionnel irlandais, titre Gleann Nimhe) et une tasse de thé vert… Non ce n’est pas vraiment fait exprès, c’est juste que le CD et le livre sont tous les deux des emprunts en retard, alors je cumule ! En tous cas ça va bien ensemble.
La première chose qui me saute aux yeux c’est la qualité esthétique du livre : très bon papier, typo agréable, mise en page style « journal de bord », avec pas mal de croquis et illustrations, et aussi des esquisses en filigrane [Ed. le Pré aux Clercs].
Même si je sais que Edouard Brasey est un grand nom – fameux en ce qui concerne le domaine du folklore, du Petit Peuple et autres merveilles – je me rappelle n’en avoir lu que très peu (alors qu’il a beaucoup publié) ; je redécouvre donc plus ou moins sa plume : précise, très littéraire, usant d’un vocabulaire parfois un peu désuet, mais toujours riche et coloré – j’ai presque envie de dire parfumé, empreint d’une certaine délicatesse.
Il semble beaucoup s’amuser de ce qu’il écrit, le ton est assez humoristique. Il donne aussi un très grand nombre de sources de documentation, ce que j’attendais effectivement de ce livre.
En bref cet ouvrage est non seulement plaisant à lire mais aussi très complet pour son format et son épaisseur (140 p.). A conseiller à tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin au sujet des fées, des croyances populaires ou des contes et légendes.

L’Apprenti Épouvanteur

De Joseph Delaney. 2005- … (en cours). Fantasy. Excellente série.
Titre original : The Spook’s Apprentice,
Une lecture que j’ai beaucoup appréciée. Quelqu’un d’un forum de fantasy m’en avait un jour parlé, je les ai successivement empruntés à la médiathèque locale ; j’ai tout de suite accroché.
apprenti epouvanteurRésumé : « ‘L’Épouvanteur a eu de nombreux apprentis, me dit maman. Mais peu ont achevé leur formation. Et ceux qui y sont parvenus sont loin d’être à la hauteur. Ils sont fragiles, veules ou lâches. Ils se font payer fort cher de bien maigres services. Il ne reste que toi, mon fils. Tu es notre dernière chance, notre dernier espoir. Il faut que quelqu’un le fasse. Il faut que quelqu’un se dresse contre les forces obscures. Tu es le seul qui en soit capable.’  Thomas Ward, le septième fils d’un septième fils, devient l’apprenti de l’Epouvanteur du comté. Son maître est très exigeant. Thomas doit apprendre à tenir les spectres à distance, à entraver les gobelins, à empêcher les sorcières de nuire… Cependant, il libère involontairement Mère Malkin, la sorcière la plus maléfique qui soit, et l’horreur commence… »
En France il y a au moins 10 tomes de parus en décembre 2012, chez Bayard Jeunesse (j’en ai lu 9). L’auteur étant anglais, il y en a peut-être même plus de parus au Royaume-Uni. Les lire un jour en anglais est une idée, mais pour le moment je n’en ai pas trouvé ni en occasion ni en bibliothèque, et la traduction* me paraît excellente par ailleurs. La moyenne des tomes est de 300 pages, mais c’est écrit assez gros et le style est très fluide, donc ça se lit plutôt très vite.
Lien vers le site anglophone : http://www.spooksbooks.com/spooksbooks.asp
Je trouve cette lecture reposante. La fantasy actuelle me donne parfois le vertige tant elle fourmille de complexité, de personnages hauts en couleur, d’intrigues à répétition, de peuples tous plus extravagants les uns que les autres, de mondes enchantés, de dragons, chimères et autres fadaises plus ou moins bien intégrées à l’histoire, de grands discours et descriptions incroyables.
Laissons tout ça un instant.
Un univers restreint mais bien maitrisé. La campagne anglaise, on ne sait trop en quelle année (type Moyen-Age), des familles et des gens qui y vivent. Un cadre que je qualifierai de folklorique – les bonnes gens du secteur ont régulièrement affaire à l' »obscur », autrement dit les forces maléfiques « communes » : sorcières, gobelins, et autres calamités. Le jeune héros, Tom, est appelé à devenir épouvanteur [« Spook » en anglais] (il débute avec le statut d’apprenti, comme tout corps de métier) – autrement dit dératiseur, pardon, chasseur des forces de l’obscur.
Ajoutez suffisamment de relations familiales et amicales (ou pas) pour donner un peu de réalisme au récit, et hop. N’était le côté magique omniprésent, on trouverait un rythme et une narration assez semblable aux récits d’aventures, avec cependant suffisamment de pauses pour que ça paraisse crédible (fatigués, blessés…), et aussi que ça ménage le lecteur (non ce n’est pas qu’une longue suite de batailles ou d’apprentissage sur l’obscur). Le ton est juste, ni trop épique ni trop infantilisant. Le héros s’empêtre et se dépêtre de situations variées, qui l’entraînent non seulement lui mais aussi son maître et d’autres personnes de son entourage dans des péripéties et histoires plus ou moins lugubres et dangereuses. On trouve aussi tout plein de références au folklore – type de créatures, sortilèges, moyens de s’en protéger… L’environnement et métier de l’épouvanteur est entièrement basé là-dessus.
* De Marie-Hélène Delval, dont je salue au passage les qualités dans bien d’autres traductions et également parutions de son cru : les Chats m’avait trop fait flipper au collège, c’est une petite nouvelle classée en jeunesse, mais tout à fait bien tournée, je l’ai même relue plusieurs fois.

Bram Stoker, en vrac

Je sais, le « en vrac » n’est pas très joli, mais je viens d’emprunter une anthologie de romans et nouvelles – 1300 p. incluant Dracula, ce qui est de mon point de vue un moyen de gonfler le recueil puisque c’est son plus gros roman si je ne m’abuse (pis c’est pas comme s’il était dur à trouver en édition seule –‘). Dans tout ça je crois avoir lu tous ses romans, ou presque.
< Bram Stoker / Dracula et autres chefs-d’oeuvre ; ed. Omnibus, 2004. [BU Lettres Nancy]
  • Dracula : si vous ne l’avez jamais lu, foncez. C’est une tuerie ce livre. Si vous n’aimez pas vous allez vite le savoir, et je pense que c’est le style XIXe qui risque le plus de lui faire perdre des lecteurs aujourd’hui, à moins que vous soyez vraiment allergique au style épistolaire. Mais attention, c’est du style épistolaire genre j’écris parce que j’ai des choses à dire, je me rappelle qu’il y a tout un tas de passages dans le roman où je n’étais même plus consciente de lire des lettres tellement le récit est bien tourné, le suspense maintenu, les personnages et le contexte travaillés. Il va falloir que je le relise un jour, celui-là, d’ailleurs. Je crois que je l’avais lu en anglais directement, et j’y retrouve tous les critères propres aux romans du XIXe que j’ai pu lire et aimer. Cette remarque est d’ailleurs vraie pour quasiment tout ce que j’ai pu lire de Stoker.

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