Dragon de glace

De G. R. R. Martin. Flammarion, 2015. Fantasy jeunesse. Très bonne lecture. [116 p.]

Titre original : The Ice Dragon, 1980.

Illustrations : Luis Royo.

dragondeglaceRésumé : « Adara ne se souvient plus de sa première rencontre avec le dragon de glace. Pour la petite fille, il a toujours fait partie de sa vie. Cette créature terrifiante ne laisse dans son sillage que le froid et la désolation. Pourtant, Adara ne le craint pas car elle est née durant l’hiver le plus glacial qui ait jamais existé. Mais l’année de ses sept ans, des dragons de feu venus du nord ravagent le paisible hameau où elle vit. Adara et son dragon de glace sont les seuls à pouvoir ramener la paix et sauver le monde de la destruction.« 

Lu dans le cadre d’un partenariat avec les éditions Flammarion

Lorsque j’ai vu cet ouvrage dans la dernière sélection de Flammarion, j’ai un peu hésité : certes, c’était du G. R. R. Martin, auteur avec lequel j’ai entamé une déjà trop longue relation de déceptions et d’incompréhensions ; cependant j’ai toujours adoré les contes et récits pour la jeunesse basés sur de la Fantasy, sans quasiment aucune déception dans ce genre ; et l’illustration m’a tout de suite beaucoup plu. J’ai donc décidé de retenter ma chance sur ce titre !

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Les Aventures de Pinocchio

De Carlo Collodi. Éditions de Crémille, 1973. Conte / récit d’aventures jeunesse. Bonne lecture. [247 p.]
Titre original : Le avventure di Pinocchio, storia di un burattino, 1881-1883 (parution en feuilleton)
pinocchioRésumé : Pinocchio est un pantin parlant et bougeant, créé à partir d’une bûche de bois quelconque par un artisan démuni. Cela ne l’empêche pas de vouloir se comporter en petit garçon, avec toutes les difficultés du monde pour s’intégrer au monde des hommes à cause de son manque total de moralité, de volonté ou de gentillesse. Son caractère, qu’il désire pourtant changer, va lui causer maints tracas et mésaventures.
Encore un ouvrage de cet éditeur suisse qui m’est complètement inconnu mais qui publie (publia ?) des jolis petits classiques qui se tiennent bien en main, ont une mise en page très agréable, des dessins un peu partout (un peu vieillots à mon goût mais aussi assez en phase avec le contexte de l’histoire !), et sont reliés (simili- ?)cuir pour ne rien gâcher. Bref, de beaux objets à avoir dans sa bibliothèque !

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Peter Pan

De Sir James Barrie. Editions Famot, 1974. Conte adapté aux enfants. Bonne lecture. [250 p.] version adaptée
Autres mentions : copyright chez Hachette en 1956, « racontée aux enfants par May Byron, version française de Madeleine Chabrier« .
Je ne vous ferai pas de résumé à proprement parler, étant donné que je compte vous parler de l’histoire dans ma chronique et aussi que cette édition n’en comporte pas – en admettant que vous soyez parmi les rares personnes à n’avoir aucune idée du thème ou personnage principal !
peter-panJ’ai découvert Peter Pan comme j’imagine beaucoup d’enfants par la version de Walt Disney, conte qui m’a bien fait rêver quand j’étais plus jeune mais auquel j’ai fini par ne plus donner autant d’importance (peut-être à la suite d’un nombre de revisionnages trop massif, aussi). J’ai également vu Hook et Neverland (deux excellents films d’ailleurs, bien que très différents) et lu quelques adaptations modernes (Cyberpan, la Véritable Histoire du capitaine Crochet) de la pièce de théâtre originelle – car si je ne m’abuse c’en est bien une, qui a été transposée en roman par la suite, par l’auteur lui-même il me semble. On voit déjà quelques divergences entre les diverses adaptations les plus récentes du personnage et de ses aventures, et j’avais aussi entendu dire que la version Disney n’était, comme bien d’autres films de la même compagnie, qu’une piètre retranscription très largement édulcorée. Outre les détracteurs les plus virulents des grands studios, quelques lectures analytiques sur le fantastique ou les contes dans lesquels le texte de Peter Pan avait été cité et étudié m’avaient amenée aux mêmes conclusions et attentes. Je m’attendais donc, en ouvrant ce livre, à quelque chose d’acide, d’effrayant, d’horrible, de triste… Enfin, peut-être pas sur toute la longueur non plus, mais dans une certaine mesure ; pourquoi pas même si un peu différemment à la manière de Lewis Carroll et de son Alice.

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A Christmas Carol

De Charles Dickens. 1843. Conte. Excellente lecture. [128 p.]
Titre français : Un Chant de Noël / Un Conte de Noël / Le Drôle de Noël de Scrooge
ccRésumé : « Miserly old Scrooge is shown the error of his ways by the ghosts of Christmas Past, Christmas Present, Christmas Yet to Come and the ghost of his old partner, Marley.« 
Après avoir cherché longuement sur Internet une photo de couverture potable, et n’ayant trouvé qu’une très mauvaise image, floue et petite, j’ai résolu d’en prendre une moi-même. Hélas, je crains que le résultat ne soit encore à améliorer !
Cette lecture a été pour moi une relecture car je l’avais déjà lu en français, une nouvelle lecture car c’était ma première immersion chez Dickens en anglais, et aussi ma première lecture commune, avec Charlotte de Books and Cups of Tea ! 🙂
Dans l’ensemble c’est un conte comme il en existe plein d’autres, et qui respecte une certaine structure narrative, à la fois attendue et un minimum surprenante.
Certains d’entre vous connaissent probablement déjà l’histoire que ce soit par la récente adaptation en film par Disney, ou par une autre plus ancienne, ou bien par une adaptation en dessin animé (je pense tout spécialement au Noël de Mickey (1983), qui est une adaptation relativement fidèle du livre de Dickens, à l’exception de quelques détails ou scénettes absents, et que j’ai un peu trop regardé pour ne pas y repenser en lisant ce livre) : un vieux grincheux avare et misanthrope, Ebenezer Scrooge, s’occupe de polluer un maximum la vie des gens qu’il croise. Le soir de la Veille de Noël, il est visité par le fantôme de son défunt ami et associé, Jacob Marley, qui lui annonce qu’il a pitié de son âme et va tenter de le sauver de la damnation éternelle en lui envoyant des fantômes, correspondant au Noëls Passés, Présent, et Futur (À Venir, plus littéralement), pour essayer de changer son comportement. Je me suis vaguement étranglée de rire en lisant la réaction de Scrooge à ces mots – comme vous pouvez le deviner, il est RA-VI ! ^^’
L’ensemble du conte fourmille de détails qui semblent secondaires mais tiennent en fait une grande place à la fois dans l’argumentation, l’univers et le style dickensien. Ces détails vont être souvent rappelés, transformés, utilisés sur et autour de Scrooge, qui, malgré son caractère antipathique, est pour cette raison le personnage central de l’histoire. Par conséquent, on voit très vite tout un petit monde graviter autour de lui, un petit monde constitué de lieux, de personnages, d’activités, d’odeurs, de sensations… C’est très vivant et plutôt réaliste, pas du tout comme dans d’autres contes plus courts ou plus classiques ! Ici on est plutôt chez Gustave Doré, dans ses gravures londoniennes.
En parlant de détails, mais ce n’en est pas un à mes yeux, la plume de Dickens est exceptionnelle – vocabulaire, tournures de phrases, utilisation de techniques ou expressions littéraires, il compose son texte comme d’autres composent des partitions, et je me suis plusieurs fois arrêtée sur une phrase, un rythme de paragraphe, un détail lexical, juste parce que c’était beau, drôle, ou que ça collait bien à la situation. Je dois dire que je ne me suis pas arrêtée dans ma lecture pour consulter le dictionnaire, mais avec cet auteur j’ai de quoi faire, même si je « devine » le sens des mots que je ne connais pas dans énormément de cas maintenant. J’ai aussi remarqué que Dickens, connu pour son réalisme, mais aussi son « misérabilisme » et ses clichés (effectivement, on en trouve un certain nombre, qui servent le conte), peut aussi se montrer très incisif, très mordant et sarcastique – principalement dans la première partie, quand il présente Ebenezer Scrooge ! Charlotte a précisé à raison qu’on aimerait enfermer ce personnage dans un placard pendant les fêtes histoire d’être tranquille :p – et c’est tout à fait ce qu’à l’air de penser l’auteur lui-même de son personnage !
Les éléments des différents « voyages » de Scrooge dans le temps et l’espace sont cc_illuassez attendus si on a fait attention à ce que Dickens nous donne comme informations dans la première partie de l’histoire, concernant les différents personnages. J’ai je ne sais pas trop pourquoi que peu d’atomes crochus avec le premier fantôme, celui des Noëls Passés. Par contre celui du Noël Présent m’a énormément fait penser au Père Noël – on dit toujours qu’il était habillé de vert avant l’appropriation de l’image par Coca-Cola, mais à chaque fois qu’on me sort ça je n’ai pas de référence précise en tête (et ne suis pas sûre que mes interlocuteurs en aient plus ! :p) – or, ici, on a un gros et grand bonhomme jovial, habillé d’un genre de manteau/tunique verte bordée de fourrure blanche, avec une couronne de houx et entouré de nourriture. (illustration ci-contre normalement) Je vous laisse découvrir ou redécouvrir par vous-même le troisième esprit. 😉 D’ailleurs ça c’est marrant, ils sont qualifiés de « Ghosts », donc « fantômes », mais ont plus les caractéristiques d' »esprits » au sens folklorique, avec des attributs et fonctions définis.
Les trois fantômes, leurs attributs et ce qu’ils montrent à Scrooge font tous référence à un certain champ sémantique, ou domaine symbolique, et contiennent des éléments propres, ou un certain point de vue spécifique sur les mêmes éléments et personnages, ainsi qu’une atmosphère définie dès le départ, ce qui ajoute de la profondeur à l’histoire et de la matière au texte. J’imagine d’ailleurs que les petits Anglais doivent certainement avoir ce livre en lecture scolaire, tant il y a à trouver dans ces lignes !
Un très beau et très bon livre, à lire avec des enfants ou sans, en anglais ou traduit, et de préférence avec des illustrations car de très bons artistes se sont penchés dessus ! 🙂
Chroniques d’ailleurs : Books and cups of tea (Charlotte), Mes lectures de l’imaginaire (Olya), Une tasse de culture, l’Aléthiomètre

 

Question LC, c’était une très bonne première expérience ! ça nous a permis de discuter pas mal, et pas seulement du livre, et comme je disais à Charlotte je pense que je n’aurais pas prêté autant attention à certains détails si j’avais lu ce livre seule, ou d’une traite (on a découpé notre lecture suivant les 5 chapitres (« couplets »)). Cependant étant donné mon emploi du temps hasardeux, je ne pense pas pouvoir faire des LC tous les mois, et s’il s’agissait d’un livre plus gros il faudrait peut-être décider d’une découpage différent, ou pas de découpage du tout peut-être ? Si vous avez des conseils ou des remarques sur les LC, je suis curieuse 🙂
Je suis tout de même tout à fait prête à renouveler l’expérience avec un autre titre !

Les Portes de l’interdit

De F. R. Tallis. 2012. Fantastique. Bonne lecture.
Titre original : The Forbidden
/!\ Contient des scènes et idées choquantes
portesinterditRésumé : « De retour à Paris après un séjour scientifique dans les Caraïbes, Paul Clément, médecin psychiatre à la Salpêtrière, poursuit le travail entrepris par son mentor sur le système nerveux et la réanimation. Mais bientôt, les souvenirs de son initiation aux pratiques vaudoues refont surface. De sombres créatures aux visages de gargouille hantent ses nuits… et lui confèrent un étrange pouvoir. « 
Une des particularités de ce roman est d’être extrêmement proche des contes fantastiques du XIXe siècle, en termes de structure, de personnages, de thèmes et symbolique utilisés.

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Les Enchantements d’Ambremer

De Pierre Pevel. 2007. Fantasy. Très bonne lecture, très distrayante.
enchantementsRésumé : « Paris, 1909. La tour Eiffel est en bois blanc, les sirènes se baignent dans la Seine, des farfadets se promènent dans le bois de Vincennes… et une ligne de métro relie la ville à l’OutreMonde, le pays des fées, et à sa capitale Ambremer. Louis Denizart Hippolyte Griffont est mage du Cercle Cyan, un club de gentlemen-magiciens. Chargé d’enquête sur un trafic d’objets enchantés, il se retrouve impliqué dans une série de meurtres. L’affaire est épineuse et Griffont doit affronter bien des dangers : un puissant sorcier, d’immortelles gargouilles et, par-dessus tout, l’association forcée avec Isabel de Saint-Gil, que le mage ne connaît que trop bien…« 
Petit historique : J’avais commencé ma lecture des œuvres de Pierre Pevel, que j’ai eu l’occasion de rencontrer à plusieurs reprises, par la série Les Lames du Cardinal, que je conseille à quiconque aime les romans d’aventures, de mystère, et de cape et d’épée, sans être pour autant totalement allergique aux éléments fantasy. J’avais acheté les Enchantements au Livre sur la Place (tous les ans en septembre à Nancy), il y a quelques années (2009, 2010 ?), et comme la moitié des livres que j’achète je l’avais soigneusement rangé dans ma bibliothèque, sans le lire sur le coup. Pour ma défense, 95% des livres que j’achète sont des choses que j’ai déjà lues, et compte relire :D.
Le mois dernier mon homme s’est décidé à quitter sa console quelques heures par semaine pour se cultiver littérairement à côté (c’est pas une critique, hein, avec mes 700+ heures sur Diablo III je ne pourrais pas me le permettre !) – disons que d’habitude il lit assez peu, malgré une vitesse de lecture tout à fait honorable. Il m’a donc réclamé ledit livre, que j’ai exhumé de sous les Lovecraft, Tolkien, et quelques autres auteurs (il n’était pas si loin après tout), me sentant vaguement coupable d’avoir acheté le livre, souri à l’auteur, demandé un autographe, pour ne même pas lire son ouvrage la première ! Quand il a entamé les Lames juste après j’ai décidé de rattraper mon retard, quitte à ce que le bouquin soit sorti autant qu’il serve un max avant de regagner ses paisibles pénates. 🙂
Critique : C’est un petit livre (one-shot de 300 pages), très facile à lire, car s’il use d’un vocabulaire divers et châtié très agréable à trouver au milieu des médiocrités contemporaines malheureusement trop communes, Sieur Pevel sait aussi très bien se faire comprendre, et assurer un style fluide et entraînant, teinté d’un humour léger, piquant, et dosé avec tact. L’histoire et l’environnement son à mon sens du même ordre : simple sans être simpliste, juste assez compliqué pour attiser la curiosité du lecteur sans le perdre dans des détails lourds et inutiles. Le côté léger de la lecture n’empêche pas la présence d’intrigues, qui sans dépareiller le monde de féérie sont parfois traitées sur un ton grave.
Je ne peux m’empêcher de rapprocher ce livre d’un certain type de contes ou de nouvelles fantastiques (bien qu’il s’agisse bien ici plutôt de fantasy/merveilleux), assaisonné d’Arsène Lupin. C’est vraiment une lecture qui pourrait convenir à un très grand public, grâce à tous ses atouts bien dosés. Bien qu’il ne soit pas classé en « jeunesse », et n’a pas certains des aspects et éléments typiques des ouvrages jeunesse, je n’ai rien vu dans ma lecture qui pourrait la déconseiller à des jeunes lecteurs.
J’ai dit que c’était un one-shot, car il peut effectivement se lire seul, mais les plus avisés sauront qu’il existe une suite aujourd’hui aussi introuvable que l’OutreMonde lui-même : l’Elixir d’oubli. Espérons qu’il soit un jour réédité…

Edit 2016 : l’Elixir d’Oubli a été réédité, et il est à présent agrémenté de sa suite ! Les trois opus sont disponibles en deux éditions au moins.

Chroniques d’ailleurs : Des livres ! des livres !

Soudain dans la forêt profonde

D’Amos Oz. 2005. Conte. Bonne lecture.
soudainRésumé : Ce conte doux-amer commence dans un village presque comme tous les autres, près d’une forêt.  Un jour, tous les animaux, bétail, chiens, chats, oiseaux, poissons, jusqu’aux plus petits insectes, en ont disparu, le laissant vide, morne, gris, sans bruit. Des décennies plus tard, les adultes n’osent même plus en parler, en font un tabou – cela a-t-il seulement eu lieu ? Les animaux ne seraient-ils pas plutôt des chimère, des contes pour enfants ? Maya et Matti, deux enfants, n’y croient pas. Ou pas tout à fait. Un jour, pour lever leurs doutes, ils décident de mener l’enquête par eux-mêmes, d’aller à la rencontre, dans la forêt profonde, de Nehi, le démon maléfique qui aurait enlevé tous les animaux.
Encore une référence que j’ai trouvée en lisant autre chose, je ne me souviens plus quoi ! Une agréable surprise que ce conte israélien, dont le rythme est un peu différent de ce à quoi je suis habituée (les contes de différentes cultures ont quasiment toujours des rythmes et formules différents). Apparemment il y a beaucoup à dire sur Amos Oz en tant que figure philosophique et politique, mais je ne le connais pas du tout, et j’ai effectué ma lecture sans ces informations.
On y retrouve des histoires de tolérance / intolérance, d’amitié, de mesquinerie, et d’espoir aussi. Je conseille à tous ceux qui aiment les contes.