De l’arsenic pour le goûter

De Robin Stevens. Flammarion, 2017. Policier jeunesse. Très bonne lecture. [345 p.]

Série : Les enquêtes trépidantes du club de détectives Wells & Wong, T.2

Titre original : Arsenic for Tea, 2015 ; trad. de Faustina Fiore

arsenicgouterRésumé : « «Je n’aimais pas du tout ce grossier Mr Curtis, et d’après les vibrations de colère que je percevais chez Daisy, j’ai compris qu’elle partageait mon opinion. Son rire contenu, comme s’il lançait des plaisanteries que les autres ne pouvaient pas comprendre… Les joues roses de Lady Hastings… Pas de doute, il se passait quelque chose.» Nouvelle affaire pour les détectives privées Daisy et Hazel ! Daisy fête son anniversaire avec la famille au grand complet dans sa maison de Fallingford. Mais l’ambiance est étrange : M. Curtis, un invité surprise que tout le monde déteste, ne semble vraiment pas digne de confiance. Le thé est servi, M. Curtis tombe gravement malade, empoisonné. Que s’est-il passé ? Difficile d’enquêter quand on imagine que tout le monde a une bonne raison d’être coupable…« 

Je remercie les éditions Flammarion jeunesse pour cet envoi bien choisi !

C’est au terme d’une journée assez éprouvante que j’ai découvert avec plaisir ce sympathique ouvrage dans ma boite aux lettres, la suite d’un premier opus qui rentrait tout à fait dans mes goûts et que j’ai trouvé très bien écrit.

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La Vallée des disparus

De Bente Porr. 2012. Roman à suspense. Très bonne lecture. [225 p.]
Titre original : Moriac, 2008.
Vallee-des-disparusRésumé : « Trois amis, tombés en panne sur une petite route provençale, sont bloqués quelques jours dans le village de Moriac, où ils prennent connaissance d’une inquiétante légende. Au pied du village se niche une mystérieuse vallée. Ceux qui s’y sont aventurés, dit-on, n’en sont jamais revenus. Au total, une douzaine de disparitions inexpliquées en deux siècles. Quel secret cache cet endroit sinistre ? Intrigué, l’un des trois voyageurs décide de mener l’enquête…« 
Ce livre a été pour moi une agréable surprise. Je l’ai choisi dans le rayon « polars », et en fait ce n’est pas vraiment du policier ; je m’attendais à quelque chose entre médiocre et bien, et j’ai trouvé certains points géniaux, et le livre très bon dans l’ensemble. Pour un premier roman c’est une belle réussite, c’est très équilibré de bout en bout.
Quelques mots sur le genre d’abord : il y a mystère dans la vallée, et anguille sous roche à propos de phénomènes inexpliqués. On le sait dès le début, et ce côté sombre, étrange, fantastique est largement exploité ne serait-ce que dans l’atmosphère. Les personnages sont pris dedans, et on trouve quelques scènes typiques du genre, avec des allusions ou comparaisons qui appartiennent au surnaturel. Autrement, le héros prend la décision de retrouver les disparus, ce qui nous mène effectivement dans une petite enquête – mais rien de très exploité en fait, de ce côté-là.
Le gros du livre, de ce que j’en ai ressenti, se concentre en fait sur les relations entre les personnages. La vallée énigmatique, le petit village champêtre, le voyage même n’apparaissent finalement que comme des excuses, une manière de mettre les trois personnes – Curt (le narrateur), Germer (son meilleur ami), et Fee (la fiancée de ce dernier) – dans une situation de huis-clos tendu où les faux-semblants, les hypocrisies latentes, les tolérances poussées à bout, les incompréhensions vont finalement éclater au grand jour. C’est le gros point fort du livre – je n’ai pas l’habitude de lire des drames psychologiques ou des romans contemporains ; celui-ci n’en est pas vraiment un, comme je l’ai précisé ci-dessus, on va dire que c’est du roman contemporain* mâtiné de fantastique, ou le genre de roman fantastique qu’on peut trouver au XIXe siècle, où l’atmosphère et les décisions et réactions des personnages priment très largement sur le surnaturel « pur » ! En tous cas, ça m’a beaucoup plu. 🙂
* L’histoire se passe dans les années 30, ce qui ajoute un certain charme 🙂
Bref, double (bonne) surprise : j’ai trouvé les évènements et évolution des personnages très bien amenés, tout en finesse, avec ce qu’il faut de prémonitoire (pour le lecteur), quelques temps forts ou « dérapages » nets, et un rythme constant que ce soit dans la montée en tension ou dans l’écriture globale, ce qui a été très appréciable. Le style n’a rien de très original, ça se lit bien, c’est bien écrit, rien de spécial à en dire. C’est plutôt de la bonne qualité toutefois.
Le fait qu’il n’y ait que trois personnages principaux et que toute l’action se déroule autour et à travers eux donne une force particulière au récit, écrit de plus à la première personne. J’ai été immédiatement plongée dans les pensées et dans la vie de Curt, ce qui n’a pas toujours été agréable, et même parfois franchement horrible ! Je ne m’attendais pas tout à fait à la fin – mais en fait, avec le recul, j’aurais pu ! Je l’ai trouvé à la hauteur du reste du livre – glauque. Mais un glauque littérairement appréciable. 😉
Ce livre n’aurait pas été rangé dans « polars », je n’aurais probablement pas mis le nez dedans, et ça aurait été dommage ! Pourtant il ne s’agit pas vraiment d’un roman policier mais plutôt de fantastique, en toile de fond d’un bon roman à tendance classique/suspense.
Chroniques d’ailleurs :   Bazar de la littérature

Le Vent se lève

De Hayao Miyazaki. 2014. Film d’animation. Grosse claque. [2h06]
Titre original : Kaze tachinu, 2013
leventseleveRésumé : « Dans les années 1920, le jeune Jiro Horikoshi, fasciné par le ciel et le vent, rêve de devenir pilote d’avion. Mais sa mauvaise vue l’en empêche. Il se fait alors embaucher dans une entreprise d’aéronautique : puisqu’il ne peut pas piloter, il dessinera le plus bel avion du monde…« 
Je sors tout juste de la séance – il était temps, je pense, car les horaires VO se réduisent de semaine en semaine, et je bosse (et je veux aller aux séances de 14h parce que c’est moins cher :p).
J’en suis encore positivement traumatisée. Je suis sortie du ciné avec cette étrange impression, que je vous souhaite avoir déjà expérimentée, que le monde réel n’est pas plus réel que celui dans lequel vous venez de vivre vos 10 dernières années 2 dernières heures – moins beau, moins fluide, un peu plus terne, moins éblouissant et étrangement familier.
Au vu du résumé, je ne m’attendais pas à quelque chose de trépidant, ni à l’irruption d’un dragon ou autre animal fabuleux (cherchez pas, y’a rien de tout ça ! 😉), mais j’attendais avec toujours autant d’impatience cette qualité artistique exceptionnelle, ce sens du détail, ces mouvements si fluides et si semblables au réel, cette impression globale enfin d’admirer une série de peintures mouvantes aux couleurs magnifiques. De ce côté-là, je n’ai eu absolument aucune déception, regrettant presque même de temps en temps que les personnages reprennent le cours de l’action.
leventselevejpConcernant le synopsis, le contenu du film, j’ai été agréablement surprise de ne pas m’ennuyer du tout (l’aéronautique, voyez-vous, ce n’est pas franchement mon rayon), de suivre les commentaires en gros (je n’ai pas compris un ou deux détails techniques, mais ce n’est pas grave), et même de trouver bien d’autres choses que l’aéronautique. Toujours fidèle à lui-même, Miyazaki nous propose encore une fois des histoires secondaires de famille, d’amis, de rencontres, d' »aventures », plus semblables à celle d’Arrietty que de Princesse Mononoké ou le Voyage de Chihiro ici, qui enrobent habilement le fil conducteur principal. De ce fait, il n’est pas du tout nécessaire d’être féru de techniques pour simplement apprécier ce film.

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