Bordemarge

De Emmanuelle Nuncq. 2012. Fantasy / Aventure jeunesse. Bonne lecture, mais quelques ratés vraiment dommages.
bordemargeRésumé : « Un mousquetaire rebelle quitte le château de Bordemarge au galop. Après avoir fomenté un coup d’État, Le duc Silas a lancé ses troupes de pirates sur les traces de Roxane, l’héritière légitime du trône, qui a réussi à s’enfuir. Violette, bibliothécaire déprimée, aurait adoré lire ce genre d aventures rocambolesques. Aussi, le jour où, pour échapper à ses ennemis, Roxane traverse un tableau magique qui donne sur le monde réel et envoie Violette à sa place à Bordemarge, cet échange est l’occasion rêvée pour la bibliothécaire de troquer son quotidien contre des péripéties incroyables. Saura-t-elle déjouer les plans de l’infâme Silas ? Une chose est sûre : à Bordemarge, tout est possible, il suffit de le vouloir ! »
Encore un livre qui ne m’ôtera pas mes réserves sur la sur-médiatisation des jeunes auteurs, premiers romans, et blablabla. Concernant celui-ci je ne me rappelle pas s’il a été tellement encensé ou pas, mais il ira dans ma pile de « ratés » essentiellement pour des questions techniques. Y a-t-il vraiment eu un comité de relecture ? Pour un livre aussi petit, les problèmes sont relativement nombreux dans l’équilibre narratif : changements de style et de ton un peu violents, passages très moyens au milieu de très bonnes idées, et un paragraphe qui a failli me faire arrêter ma lecture, au début, car carrément redondant avec un de ses très (trop) proches congénères, et donc totalement inutile et agaçant !

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Le Trésor du Temple

D’Éliette Abécassis. 2001. Roman théologique. Encore un raté. Il était pourtant rangé dans « thriller/policier »…
trésortempleRésumé : « Avril 2000, désert de Judée. Un archéologue sacrifié sur un autel, près des grottes de Qumrân. Les services secrets israéliens en état d’alerte. Ary, le héros de Qumrân, est à nouveau plongé au cœur d’une des plus extraordinaires énigmes de l’Histoire, qui unit, au fil des siècles, les Esséniens, les Templiers et la secte des Assassins. Et, remontant du fond des âges, le mystère du trésor du Temple. Un thriller messianique où Eliette Abécassis, renouant avec l’univers romanesque qui a fait le succès international de Qumrân, allie avec virtuosité l’érudition historique et théologique au roman d’aventures. »
Alors, oui, le résumé présage un thriller, ou au moins un roman à mystère, mais en fait ceci n’est que 15% de l’histoire tout au plus. Les énigmes sont assez peu soutenus par du suspense, et en fait 80% du livre concerne Israël, son histoire (surtout religieuse), la secte des Esséniens, les manuscrits de Qumran et la signification des lettres hébraïques. Ajoutez à cela les Templiers modernes et anciens, version hardcore (les gens qui font des cérémonies en habit d’époque et grosse épée, les complots sournoisement ourdis il y a des siècles, le lien avec les Assassins) – cette partie-là m’a parue nettement moins subtile que la partie hébraïque, je dois le dire ! – en bref, pour ce que j’en sais, peut-être un bon bouquin sur la Kabbale et ses dérivés, mais certainement pas un thriller. Du coup je me suis encore une fois pas mal ennuyée, pas parce que c’est mauvais en soi, mais parce que ça ne me correspond pas ! Encore que ce ne soit pas un documentaire non plus, et que je n’ai pas réussi à accrocher les thèmes, ce qui aurait pourtant pu se passer…
Note : il faut quand même mieux s’intéresser aux mystères religieux et symboliques, sinon c’est vraiment imbuvable. Y’en a juste partout, partout.
NB : Après avoir lu les critiques des lecteurs sur Fnac.com, il semblerait que oui, d’habitude cette auteur fait des thrillers – et là bah elle a juste un peu changé de style, partant plus dans la description, et laissant de côté le suspense… Le souci c’est que c’est la suite d’un livre qui est apparemment un « vrai » thriller – bref je plains les bibliothécaires, et je comprends mieux pourquoi ce livre était rangé dans la section polars.

Robin Hood, le proscrit

D’Alexandre Dumas. Edition de 2007. Roman. Une vraie déception / un style qui ne me plaît pas du tout.
robinhoodRésumé : « Robin Hood, seigneur de Loxley et archer très habile, est proscrit suite aux sombres manoeuvres du shérif de Nottingham et de ses puissants alliés. Avec ses joyeux compagnons, il décide alors de continuer à dépouiller les nobles Normands et le clergé de leurs richesses afin de soulager la misère des pauvres…
«- Ne bougez pas, Will, dit le pèlerin, je suis Robin Hood ; je vais couper les liens qui entravent vos mouvements, nous nous élancerons au milieu des soldats, la surprise leur fera perdre la tête.
– Soyez béni. Ah ! mon cher Robin, soyez béni !
– Baissez-vous, William, teignez de me parler; bon ! voici vos liens coupés, prenez l’épée qui est suspendue sous ma robe ; la tenez-vous ?
– Oui, murmura Will…»« 
      Je me suis arrêtée vers la page 150, ne supportant plus ni Robin des Bois ni ses joyeux compagnons (il reste encore 200 pages environ). Ma déception est grande à bien des niveaux : tout d’abord Alexandre Dumas est pour moi une référence ; j’avais lu ses histoires de mousquetaires avec grand plaisir, tant pour le style que pour les personnages un minimum fouillés, et les intrigues entrelacées, et bien démêlées – tout le contraire de ce que j’ai trouvé dans ce livre !
Au fait il y a deux Alexandre Dumas, le père et le fils. Si je suis sûre que le père est à l’origine de « un pour tout, tous pour un », je ne me souviens plus de ce qu’a écrit le fiston – mais après tout qu’importe, puisque qu’il me semblait que c’était aussi un plutôt bon écrivain.

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Les Normales saisonnières

De Pierre Pelot. 2007. Littérature contemporaine >>> ******Ratage******. Bonne lecture, d’un point de vue supra-objectif.
normalesRésumé : « C’est vrai qu’il se passe quelquefois des choses insensées et qu’on ne comprend pas. Des choses en dehors des rails, a coté de la normale, au-dessus, en dessous… De la neige en juillet, ça c’est vu. Des presque canicules en janvier. Comme un grand bordel dans les normales saisonnières.
       Pont-Croix, petite ville bretonne des environs de Douarnenez. Datier y est venu hors saison se promener le long de la côte, plus particulièrement entre la Pointe du Van et celle du Raz. Un homme paisible, en apparence. Mais avec une arme au fond de son sac, il risque de mettre le feu aux poudres.
       Itinéraire énigmatique d’un chasseur ? Tempête sous un crâne ? Expert en scénarios implacables, Pierre Pelot aime à brouiller les pistes. Dans un climat de vrai faux roman criminel, il dose le suspense et défie le rationnel. Ses Normales saisonnières repoussent les limites de l’écriture pour sonder l’inconscient au plus près.« 
      Avant toute chose, je ne remercie pas la personne qui est à l’origine du catalogage de ce livre en « policier/thriller » :p. J’avais lu un livre de Pelot en S-F, j’avais beaucoup aimé à la fois son style et son histoire (un remake de l’Ile au trésor – me rappelle plus du titre), je savais aussi qu’il s’était essayé à des genres multiples, donc je ne me suis pas étonnée de voir son nom dans un autre rayon. De plus, la 4e de couverture a continué à m’induire en erreur, avec son « climat de vrai faux roman criminel »…

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Encyclopédie de l’imaginaire celtique

De Thierry Jigourel. 2012. Pas fabuleux à lire d’une traite. Pas ce que j’attendais.
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Résumé : « Paradoxalement, chacun de nous connaît bien mieux les Dieux romains ou Egyptiens que ceux des Celtes, leurs légendes, leur mythologie ou leur histoire. Or la civilisation celtique, qui recouvrait l’ensemble de l’Europe de l’Ouest, est d’une richesse étonnante, avec ses fêtes religieuses qui, détournées, sont arrivées jusqu’à nous, comme la nuit des morts, Samain, devenu la Toussaint ou Halloween. Avec ses dieux et ses rites qui influencèrent profondément le christianisme, par l’intermédiaire des moines bretons et irlandais. Avec ses légendes, au premier rang desquelles celle du roi Arthur, de Merlin et de Brocéliande, mais aussi tout un monde de fées et de lutins, d’animaux fantastiques, de saints guérisseurs et de pierres magiques… Au XIXe siècle, la révolution romantique réhabilita largement cette culture, grâce à Chateaubriand ou Walter Scott, à laquelle la littérature fantastique – menée par Stevenson ou Bram Stocker – doit beaucoup. De la Grande à la Petite Bretagne, de l’Irlande à la Galicie, ce livre explore toutes les facettes d’une culture à (re)découvrir, au moment où – de Game of Thrones à The Hobbit – le cinéma s’en inspire à son tour. »
Faire un synthèse complète de l' »imaginaire celtique », ce n’est sans doute pas chose évidente. L’auteur propose ici un découpage essentiellement chronologique. Les deux premières parties, sur les Celtes en tant que tels puis le Moyen-Age, m’ont encore parues pas trop mal documentées, à peu près objectives et reliables entre elles.

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Georges Cuvier, naissance d’un génie

De Philippe Taquet. 2006. Biographie. Pas ce que je cherchais, mais bonne lecture.
cuvier
J’ai fait une recherche informatique sur je ne sais plus quoi l’autre jour, et de fil en aiguille, une idée en amenant une autre, j’ai fini par taper « Cuvier » dans le catalogue de la médiathèque. J’avais deux excellents motifs de m’intéresser à ce livre, précisément.
Cuvier, que je ne connais en fait que fort peu, surtout comparé à la fois à la complexité du personnage et également à ses (très) nombreuses recherches et publications : un nom qui ressort assez vite lorsqu’on s’intéresse au monde préhistorique. Je me rappelle particulièrement une série de vignettes (« BD ») issue une fois de plus de mon encyclopédie « Dinosaures », qui place Cuvier comme étant l’homme qui a décrit le Mosasaure. Dans quelle mesure cela est-il vrai ou important pour la science, je n’en sais trop rien – mais je m’attendais à en avoir la réponse dans cet ouvrage.
Finalement j’ai eu deux déceptions : d’abord, ce tome est le premier d’une biographie pensée en trois volumes : un premier sur la jeunesse du personnage, le deuxième sur sa carrière scientifique, et un troisième sur ses qualités et carrières administratives. La deuxième déception est que le deuxième tome (celui qui m’intéresse en priorité, donc) n’est pas à la bibliothèque, et pour cause : il n’a pas encore été publié, ni même peut-être écrit, car la bibliographie du professeur Taquet s’est encore allongée ces dernières années. Je ne peux cependant pas le blâmer de continuer ses recherches, après tout dans son cas cela parait plus être une vocation qu’un métier.

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Le journal intime de Ellen Rimbauer

De Ridley Pearson. 2004. Roman psychologico-fantastique. Je n’ai globalement pas aimé ce livre.
Titre original : The Diary of Ellen Rimbauer, my Life at Rose Red, 2001
journal1Résumé : « Durant l’été 1998, au cours d’une vente aux enchères, j’ai acquis un journal intime cadenassé et recouvert de poussière, persuadée que ces écrits appartenaient à Ellen Rimbauer. Au début du XXe siècle, John et Ellen Rimbauer faisaient partie de l’élite de la haute société de Seattle. Le couple fit construire une gigantesque résidence sur les hauteurs de Spring Street. Baptisé par la suite  » Rose Red  » – Rose rouge -, cet édifice a été l’objet de nombreuses controverses. En effet, sur une période de quarante et une années, au moins vingt-six personnes ont soit perdu la vie, soit disparu mystérieusement entre ses murs.
Le journal intime de Ellen Rimbauer, dont je vous propose des extraits, m’a conduite à faire certaines découvertes, qui m’ont poussée à organiser une expédition. Dans peu de temps, je serai à la tête d’une équipe d’experts en phénomènes paranormaux, au cœur de la propriété des Rimbauer, afin de sortir cette gigantesque force psychique qu est Rose Red de sa torpeur. J’espère ainsi venir à bout de certains mystères que mon mentor, Max Burnstheim, n’a pu résoudre avant sa disparition à Rose Red en 1970. Au nom de la science, je continue ma poursuite de la vérité sur Rose Red ; advienne que pourra. » Dr Joyce Reardon, Département des Phénomènes paranormaux Université de Beaumont Seattle, Etat de Washington, USA.
En lisant la 4e de couverture, et aussi le signet présent dans l’exemplaire de la médiathèque, je pensais me lancer dans un livre fantastique mettant en scène une jeune femme vivant dans une maison « hantée », vivante, qui fait disparaitre ses occupants d’une manière ou d’une autre, au début du XXe siècle aux Etats-Unis. C’est tout à fait juste, mais les éléments que j’ai trouvés dans ce livre, ainsi que sa structure, ne sont pas ceux auxquels je m’attendais.

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L’Éthique

De Baruch Spinoza. Philosophie. Lecture très difficile, trop difficile.
ethiqueEn empruntant l’Éthique, j’étais très motivée. Spinoza est une référence que je croise assez souvent, et j’avais pris la résolution de le découvrir par moi-même. J’aime assez tout ce qui touche à la philosophie, même si je n’en ai pas lu beaucoup mis à part les ouvrages au programme de Terminale. J’ai particulièrement aimé les philosophes antiques : Platon, Aristote, Épicure, Épictète. Je trouve que leur style est très abordable, leurs idées souvent bien conçues et présentées, et même si le concept de médecine aristotélicienne prête à rire de nos jours, cela reste des auteurs intéressants et accessibles je pense pour un public assez large, tant au niveau du fond que de la forme.
Spinoza ne peut d’après mon expérience en aucun cas se classer dans la même « catégorie ». J’ai ouvert le livre. La version latine sur la gauche ne me dérange pas. par contre j’ai l’impression de lire plutôt un ouvrage de mathématiques avancées qu’un précis à l’usage de tous. Dès le premier paragraphe le vocabulaire très technique (et ancien ?) me rebute. J’ai tenté de sauter la première partie sur Dieu en espérant que le prochain sujet me motiverait plus. Néant. Le style ne me plaît pas, et bloque ma compréhension des idées philosophiques qu’il est censé contenir (non pas que je mette la qualité de la pensée de Spinoza en doute, mais pour moi ça a été comme de regarder quelque chose par une vitre en verre dépoli). J’ai rarement rencontré une telle difficulté à lire quelque chose dans ma langue maternelle. Je ne comprends techniquement pas les phrases en elles-mêmes. Je me sens d’autant plus frustrée que je crois sincèrement que j’aurais pu trouver du plaisir à lire cet ouvrage si j’avais réussi à en faire sens.
Peut-être que j’emprunterais des ouvrages critiques sur Spinoza, pour continuer à essayer d’intégrer ce penseur à ma « base de données » mentale, autrement qu’en le mettant au rebut des auteurs juste incompréhensibles par moi-même.