De fièvre et de sang

De Sire Cédric. Le Pré aux Clercs, 2010. Thriller fantastique. Bonne lecture. [447 p.]

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defievreRésumé : « Une jeune fille se réveille entièrement nue et entravée sur un matelas couvert de sang. Elle sait qu’elle va mourir, toute tentative de fuite semble inutile. La douleur n’est rien en comparaison de la peur panique qui s’est emparée d’elle…
Le commandant Vauvert mène l’enquête en compagnie d’une profileuse albinos, Eva Svärta. Personnage excentrique et hors norme, Eva a un véritable sixième sens qui fait d’elle une redoutable traqueuse de l’ombre. Ensemble, ils vont tenter de remonter la piste d’un tueur en série qu’ils croyaient mort et qui a pour habitude de vider entièrement ses victimes de leur sang. S’agit-il d’une réincarnation, d’un spectre, d’un homme, d’une femme, d’une créature d’un autre monde ? Suspense, angoisse, horreur, sensations étranges, crises de démence, folie meurtrière, rite satanique… Un thriller oppressant qui entraîne ses lecteurs au-delà de la raison.« 

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   J’ai entendu beaucoup de bien de cet auteur depuis pas mal d’années maintenant (je l’ai aussi aperçu aux Imaginales, il faut dire qu’il est repérable ! ^^). En tant qu’amatrice de thrillers bien sombres et bien ficelés, de fantastique, et même d’un peu d’horreur pourquoi pas de temps en temps, j’ai assez vite pensé qu’il fallait que je tente la lecture d’au moins une de ses œuvres, sans grand risque de déception !
   Finalement je n’ai pas été déçue, mais je n’ai pas non plus compris la passion générale pour cet auteur, en tous cas pas avec ce seul et premier livre.

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Contes de la fée verte

De Poppy Z. Brite. Folio SF, 1997. Recueil de nouvelles. Excellent. [265 p.] Coup de cœur.
Titre original : Swamp Foetus, 1994.
contesfeeverteRésumé : « Que se passe-t-il quand deux frères siamois séparés à la naissance n’ont qu’un seul souhait : redevenir un ? Quand chaque apparition d’un chanteur rock s’accompagne d’un drame ? Quand un entrepreneur de pompes funèbres du quartier de Chinatown vous charge de surveiller un cadavre ? Et quand vous perdez dans Calcutta livrée aux morts-vivants ? Tout le talent de Poppy Z. Brite se dévoile dans ces douze nouvelles à l’odeur de souffre [sic] et au goût d’absinthe, dont « Calcutta, seigneur des nerfs », récompensé par le Grand Prix de l’Imaginaire 1998.« 
WAOUH. C’est mon impression en refermant cet ouvrage, impression convoyée par le style et les idées de l’auteur tout au long de ces douze nouvelles, quasiment dès la première page, sans compter l’introduction par Dan Simmons qui m’a aussi comblée (« Prolégomènes à toute métaphysique future de Poppy« ).
Avant d’aller plus loin je préviendrai quand même que ce livre est je pense à réserver à un public averti : les idées et thèmes développés ne sont pas des plus légers ou rieurs et jouent très largement avec le dérangeant, et les descriptions de relations sexuelles (ou de comparaisons, atmosphères, etc. sulfureuses) ou de cadavres pourrissants ne sont pas rares. Quand il ne s’agit pas de scènes sensuelles impliquant un cadavre.
ça va, vous êtes toujours là ? :p

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La Dame pâle

D’Alexandre Dumas. Magnard, 2011. Nouvelle fantastique. Bonne lecture [71 p.]
Première parution en 1849.
damepaleRésumé : « Plongez dans ce conte et transportez-vous avec l’héroïne, Hedwige, dans un étrange château entre la Roumanie et la Pologne, au beau milieu des Carpates. Ici, tout est mystère et légendes, là, les morts viennent rendre visite aux vivants et parfois les hanter ou les rendre « pâles » de peur…« 
Je connais Dumas par ses récits de cape et d’épée mais je n’ai jamais trop cherché à savoir ce qu’il avait écrit d’autre. J’imaginais d’ailleurs ce titre comme un texte d’au moins 300 pages car je ne savais pas du tout qu’il avait rédigé des nouvelles.
Je n’ai pas énormément de choses à dire sur cette lecture – elle s’inscrit très étroitement dans le cadre narratif défini par la nouvelle fantastique du XIXe, avec son château isolé dans les montagnes, des personnages appartenant à la noblesse, et la figure du vampire, vue comme une menace à éliminer. Le texte est court mais plutôt efficace – les aficionados du genre risquent de ne pas avoir de très grande surprise quant au déroulement des faits, mais en même temps j’ai été convaincue par la logique choisie et explicitée par l’auteur, qui est assez concordante avec ce que l’on peut attendre de certains courants romantiques (je parle bien ici du mouvement littéraire et non pas de romance).
Un mot au sujet de l’édition : Je suis ravie de savoir ce livre au programme de collège, mais les nombreux synonymes ou définitions données en notes de bas de page ont quelque peu ralenti ma lecture (sans compter que je n’ai pas vraiment compris certaines décisions – certains mots définis n’étaient pas très archaïques ou rares tandis que d’autres l’étaient qui n’étaient pas définis). Je n’ai pas trouvé non plus de très grand intérêt au dossier post-texte, qui m’a semblé être surtout constitué de pistes de réflexion pour l’élève plus que d’informations bonus, jusqu’au groupement de textes final qui lui m’a beaucoup plu car permis de découvrir un extrait de conte d’Hoffmann et quelques extraits de poésie de la même époque / sur le même thème du vampire.
Chroniques d’ailleurs :  Lynnae
Parallectures :
In a Glass Darkly, de Sheridan le Fanu
Le Château des Carpathes, de Jules Verne

Le Château des Carpathes

De Jules Verne. Le Livre de Poche, 1966. Roman fantastique. Très bonne lecture. [241 p.]
Première édition : 1892
chateaujvJ’ai entamé ce roman sans avoir trop d’idées sur ce que j’allais trouver exactement puisque l’édition que j’avais en main ne comportait aucun résumé. Cependant il me semblait que je l’avais déjà lu une fois, et effectivement une fois lancée dans ma lecture beaucoup d’éléments me sont revenus en mémoire. L’histoire se situe dans un endroit reculé, rural, des Carpathes, dans un petit village peuplé de ses archétypes attendus : le docteur, le berger, les deux jeunes amoureux, l’aubergiste… Un jour Frik le berger remarque de la fumée au-dessus du vieux château à l’écart du village. Pourtant, l’endroit est censé être désert depuis des décennies. En mal de curiosité une expédition se forme, y va, revient amochée : c’est certain, le château est hanté ! D’autres personnages, des visiteurs venus de loin, font finalement irruption dans l’histoire en amenant leur propre passé et début de réponses.

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Night Ocean et autres nouvelles

De H. P. Lovecraft. Éditions J’ai Lu, 2005. Recueil de nouvelles. Excellente lecture [250 p.]
Titre original : The Night Ocean, 1936 (pour la nouvelle éponyme ; 1919-193? pour les autres)
nightoceanRésumé : « Océans qui ne sont pas de ce monde, eaux maudites par la lune, lugubres rivages et, dans le mystère des profondeurs, l’innommable… Pourtant, réduire Lovecraft aux indicibles horreurs qui hantent les nouvelles liées au mythe de Cthulhu -dont certaines sont incluses dans le présent recueil – serait erroné. Car Lovecraft fut aussi un maître de l’onirisme poétique, influença les œuvres de nombreux écrivains en herbe, collabora avec plusieurs de ses contemporains publiés, tout comme lui, dans les  » pulps « , ne rechigna pas à écrire des textes empreints d’un humour absurde, pour le moins étonnant sous sa plume, et fut un essayiste au sens critique et à l’esprit analytique des plus affûtés. Découvrez ici toutes ces facettes peu connues de son talent…« 
De tous les recueils que j’ai pu trouver ou lire sur le Rêveur de Providence, en voilà un à la fois très bon, très intéressant et très varié ! Je suis tout à fait d’accord avec le résumé de l’éditeur, Lovecraft ne se résume pas plus à Cthulhu* que Tolkien aux Elfes, même si on les aborde souvent par ces deux points respectifs. J’ai ce recueil dans ma bibliothèque depuis assez longtemps pour ne plus savoir avec certitude d’où je le tiens (Imaginales 2011 ? Stand du village du Livre de Fontenoy-la-Joute ? ou pas), c’est je crois le seul livre de Lovecraft que je détiens en français – malgré le titre trompeur au premier abord – et d’ailleurs je ne peux m’empêcher de « lire l’anglais derrière » à certains passages (certains verront de quoi je parle), étant une habituée du style et du vocabulaire de l’auteur. Plusieurs des textes présents ici ont également été écrits à quatre mains, ou plus (avec R. H. Barlow surtout), et certains sont de véritables exercices de style.

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Comme des fantômes

De Fabrice Colin. Folio, 2011. Recueil de nouvelles. Excellente lecture. [474 p.]
Sous-titré : Histoires sauvées du feu. Première publication aux Moutons électriques, 2008.
Comme-des-fantomes-Colin-fabriceRésumé : « Que se passe-t-il quand un auteur abandonne ses personnages ? Quand l’Alice de Lewis Carroll oublie de fêter ses 130 ans ? Quand Peter Pan entend vous faire payer ses orientations sexuelles ? Que se passe-t-il lorsqu’un lecteur est pris au piège d’un cadavre d’histoire, qu’un détective devient fabriquant de spectres ou que la mort d’un poète fait surgir une forêt ? Expert en fantômes et en fées, docteur ès faux semblants et machinations troubles, Fabrice Colin possédait sur ces questions – et sur d’autres – des avis très personnels. C’était avant 2005 : avant qu’un incendie accidentel ne mette un terme brutal à ce qu’il appelait lui-même  » ma petite carrière d’ombres « . Ce recueil de nouvelles se veut hommage autant qu’étude ; s’y dévoile par à-coups une personnalité tourmentée et complexe dont les textes ici présentés ne sauraient suffire à épuiser pleinement le mystère. Suicide ou disparition ? Mythomanie chronique ou soif d’histoires compulsive ? La réponse, si elle existe, se trouve à l’intérieur.« 

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Morwenna

De Jo Walton. Denoël, 2014. Fantastique. Coup de cœur pour ce bon bouquin. [334 p.]
Titre original : Among Others, 2010.
COUV_morwenna.inddRésumé : « Morwenna Phelps, qui préfère qu’on l’appelle Mori, est placée par son père dans l’école privée d’Arlinghurst, où elle se remet du terrible accident qui l’a laissée handicapée et l’a privée à jamais de sa sœur jumelle, Morganna. Là, Mori pourrait dépérir, mais elle découvre le pouvoir des livres de science-fiction. Delany, Zelazny, Le Guin et Silverberg peuplent ses journées, la passionnent.
Un jour, elle reçoit par la poste une photo qui la bouleverse, où sa silhouette a été brûlée. Que peut faire une adolescente de seize ans quand son pire ennemi, potentiellement mortel, est une sorcière, sa propre mère qui plus est? Elle peut chercher dans les livres le courage de combattre.« 
Je me suis sentie très proche de cette jeune fille un peu solitaire, bibliophile convaincue et passionnée de science-fiction. Dans ce livre il y a énormément de choses que j’aurais moi-même aimé exprimer, ou exprimer plus souvent, ou mieux, ou plus tôt.

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La Vallée des disparus

De Bente Porr. 2012. Roman à suspense. Très bonne lecture. [225 p.]
Titre original : Moriac, 2008.
Vallee-des-disparusRésumé : « Trois amis, tombés en panne sur une petite route provençale, sont bloqués quelques jours dans le village de Moriac, où ils prennent connaissance d’une inquiétante légende. Au pied du village se niche une mystérieuse vallée. Ceux qui s’y sont aventurés, dit-on, n’en sont jamais revenus. Au total, une douzaine de disparitions inexpliquées en deux siècles. Quel secret cache cet endroit sinistre ? Intrigué, l’un des trois voyageurs décide de mener l’enquête…« 
Ce livre a été pour moi une agréable surprise. Je l’ai choisi dans le rayon « polars », et en fait ce n’est pas vraiment du policier ; je m’attendais à quelque chose entre médiocre et bien, et j’ai trouvé certains points géniaux, et le livre très bon dans l’ensemble. Pour un premier roman c’est une belle réussite, c’est très équilibré de bout en bout.

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The Picture of Dorian Gray

D’Oscar Wilde. 1890. Roman fantastique. Très, très bonne lecture. [240 p.]
pictureofRésumé : « The Picture of Dorian Gray is the only published novel by Oscar Wilde. It tells of a young man named Dorian Gray, the subject of a painting by artist Basil Hallward. Basil is impressed by Dorian’s beauty and becomes infatuated with him, believing his beauty is responsible for a new mode in his art. Talking in Basil’s garden, Dorian meets Lord Henry Wotton, a friend of Basil’s, and becomes enthralled by Lord Henry’s world view. Espousing a new hedonism, Lord Henry suggests the only things worth pursuing in life are beauty and fulfilment of the senses. Realising that one day his beauty will fade, Dorian cries out, expressing his desire to sell his soul to ensure the portrait Basil has painted would age rather than himself. Dorian’s wish is fulfilled, plunging him into debauched acts. The portrait serves as a reminder of the effect each act has upon his soul, with each sin displayed as a disfigurement of his form, or through a sign of aging. »
(Après avoir lu le livre je trouve la plupart des résumés « éditeurs » très réducteurs ou peu pertinents ; du coup l’image est celle de l’édition que j’ai lue (1993), mais le résumé appartient à une autre édition.)

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The Turn of the Screw

De Henry James. 1898. Nouvelle / court roman fantastique. Lecture fastidieuse.
Titre français : Le Tour d’écrou*.
* On note la traduction littérale perdant tout le double sens original, et même son sens tout court. *soupir*
turnscrewRésumé : « Widely recognized as one of literature’s most gripping ghost stories, this classic tale of moral degradation concerns the sinister transformation of two innocent children into flagrant liars and hypocrites. The story begins when a governess arrives at an English country estate to look after Miles, aged ten, and Flora, eight. At first, everything appears normal but then events gradually begin to weave a spell of psychological terror.
One night a ghost appears before the governess. It is the dead lover of Miss Jessel, the former governess. Later, the ghost of Miss Jessel herself appears before the governess and the little girl. Moreover, both the governess and the housekeeper suspect that the two spirits have appeared to the boy in private. The children, however, adamantly refuse to acknowledge the presence of the two spirits, in spite of indications that there is some sort of evil communications going on between the children and the ghosts.
Without resorting to clattering chains, demonic noises and other melodramatic techniques, this elegantly told tale succeeds in creating an atmosphere of tingling suspense and unspoken horror matched by few other books in the genre. Known for his probing psychological novels dealing with the upper classes, James in this story tried his hand at the occult—and created a masterpiece of the supernatural that has frightened and delighted readers for nearly a century. « 
Malgré ses 87 pages cette lecture n’a pas tellement été de courte durée. D’abord le rythme est lent, l’histoire s’étire, bien entendu pour préserver le suspense, mais contrairement à d’autres écrits j’ai ici ressenti cette lenteur, et ça n’a pas toujours été très agréable.
De plus le style d’écriture de l’auteur est lui aussi plutôt lourd ; autant j’ai apprécié les quelques irréprochabilités grammaticales que j’ai croisées, en connaisseur, autant j’aurais aimé que toutes les phrases ne fussent pas aussi alambiquées ni aussi longues.
Finalement je n’ai même rien à dire sur l’environnement ou les personnages ; après avoir lu la Dame en blanc de Collins je peux dire que j’ai nettement moins apprécié la prose de James, même si je reconnais ici une bonne qualité littéraire.
Peut-être que si j’avais été plus en forme ou que ma lecture se fût moins étalée sur de si nombreux jours j’aurais pu plus l’apprécier !

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