Les Croassements de la nuit

De Preston & Child. L’Archipel, 2003. Thriller. Bonne lecture. [519 p]

Titre original : Still Life with Crows

croassementsRésumé : « Au milieu d’un champ de maïs, une clairière. Sur des flèches indiennes, une vingtaine de corbeaux empalés. Un cercle macabre au centre duquel gît le corps mutilé d’une femme. Selon toute vraisemblance, l’œuvre d’un dément… Ce crime, le premier d’une étrange série, plonge dans l’angoisse les habitants de Medicine Creek, bourgade du Kansas. Pour l’inspecteur Pendergast, du FBI, le coupable n’est autre qu’un serial killer d’un nouveau genre. Quel crédit accorder à la Légende des 45, selon laquelle le fantôme de Harry Beaumont, mort en 1865, hanterait encore la région pour se venger ? A moins que l’inspecteur n’ait à redouter un adversaire plus mystérieux encore, aussi insaisissable qu’un spectre.« 

(Encore une fois le titre français n’a pas vraiment de sens… Ou plutôt semble en donner un complètement erroné.)

Ce tome des enquêtes de l’inspecteur Pendergast est celui qui fait directement suite à la Chambre des curiosités. Cependant il est possible de ne pas les lire dans l’ordre.

Retrouver l’inénarrable politesse et affabilité de l’inspecteur albinos a été un grand plaisir pour moi, et je continuerai certainement à suivre cette série que j’aime beaucoup.

Le duo qu’il forme dans cette histoire avec sa jeune assistante – une jeune marginale punk métalleuse qu’il embauche pour sa connaissance du secteur et de ses habitants – fonctionne très bien tant au niveau de l’avancement de l’enquête que de l’amusement du lecteur.

– Vous plaisantez, ou quoi ? Il faut être un connard de première pour passer sa vie dans un trou pareil.

La réponse de Corrie fut suivie d’un court silence.

-Mademoiselle Swanson ?

-Quoi ?

-Je constate qu’un processus de socialisation inadéquat, voire déficient, vous donne à croire que les expressions triviales enrichissent le discours.

Autant vous dire tout de suite que cet opus m’a légèrement moins emballée que le précédent, et que la fin en particulier m’a un peu déçue, tant parce que j’avais deviné l’identité du meurtrier depuis un moment grâce aux trop nombreux indices que les auteurs nous donnent, que de par son exécution qui traîne en longueur. Était-ce bien nécessaire de recourir à une narration digne des stéréotypes d’horreur sur autant de pages ? Loin d’augmenter mon angoisse cela m’a un peu lassée – on comprend vite le principe, et j’aurais préféré qu’on passe un peu plus rapidement sur ce que le lecteur avait très bien suivi.

Cependant il y a aussi plein de bonnes choses : la narration est toujours très efficace, les personnages multiples et intéressants, avec tous un rôle et un caractère bien définis ; le petit village du Kansas s’anime sans problème dans mon esprit, ainsi que les problèmes et motivations des habitants. Le côté « trou perdu » est très bien rendu, ainsi que l’esprit de clocher. Mention spéciale à la Fête de la dinde et à l’usine de conditionnement de nuggets de dinde locale, entre critique sociale et humour un peu absurde. Les thèmes des Cheyennes, du tourisme local, du poids du passé historique sont bien amenés et suivis, de telle sorte que le lecteur est globalement trimbalé d’ordre d’idée en fausse piste, en tout cas pour une bonne partie du livre. On ne s’ennuie pas, on apprend quelques trucs ici ou là (là encore un peu moins que dans d’autres thrillers, mais ça reste un minimum référencé)

Un thriller moins à la hauteur que ce à quoi a pu nous habituer le duo d’auteurs, mais néanmoins un bon livre.

 

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4 réflexions au sujet de « Les Croassements de la nuit »

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