Thorn et autres récits

De Robert Holdstock. Denoël, 2003. Nouvelles Fantasy. Bonne lecture. [142 p.]

thorn

 

Résumé : Pas de résumé sur la 4e de couverture de ce petit recueil promotionnel proposé par la collection Lunes d’Encre, et traduit par l’excellent Philippe Gindre. Il contient quatre nouvelles et un catalogue de la collection.

 

 

Robert Holdstock est un nom de Fantasy/fantastique (il me semble qu’il joue sur les deux tableaux mais peut-être me trompé-je) que je connais depuis un moment sans mettre grand’chose dessus mis à part le titre la Forêt des Mythagos. Tomber sur ce petit volume dans une vente d’occasion en était une de découvrir cet auteur dans le texte.
Comme je l’ai déjà exprimé ici, j’aime découvrir des auteurs par le biais de nouvelles car cela me donne un aperçu de leur plume et éventuellement thèmes et genres favoris, mais si jamais cela ne me plaît pas ou pas trop j’ai l’avantage de pouvoir arriver au bout de l’oeuvre en me forçant moins qu’en entamant un pavé de 1000 pages. Du coup j’hésite moins à lire des choses qui ne me tentent pas trop au départ.

Enfantasme met en scène un chaman, un homme de savoir et de magie brute et ancienne, qu’un chef de tribu mande afin de lui ordonner de fabriquer pour lui un enfantasme, un enfant artificiel fait d’éléments et animé par magie. J’ai très fortement repensé à FullMetal Alchemist pour le thème de l’homonculus, cousin du golem de l’ancienne littérature hébraïque, repris notamment par le regretté Sir Terry Pratchett dans Pieds d’argile, entre autres bien entendu. Très vite le lecteur repérera en plus de très nets indices menant aux légendes de la Table Ronde, et en déduira l’identité du narrateur.

Ce fauteuil était fait d’os d’élan – de ces os longs dont on extrait la moelle. Cette idée saugrenue, je crois bien la lui avoir soufflée moi-même : il se peut qu’un jour je lui aie parlé de cette lointaine dynastie de seigneurs de la guerre aujourd’hui oubliée. Oui, j’ai dû lui parler de tout cela : des prêtres, des guerriers, des cercles de pierres pointant vers le ciel, des bronzes à liséré doré…

Le Garçon qui franchissait les rapides : Caylen, jeune garçon d’un village aux accents celtiques, est la bête noire du village, rejeté par tous excepté un seul ami de son âge à cause de pouvoirs qu’il ne comprend pas bien lui-même et qui lui permettent de nier ce que les autres prennent pour la réalité et d’en percevoir d’autres. Un jour un guerrier étranger arrive, porteur d’une étrange lance dont il prend particulièrement soin.

Thorn : Thomas est sculpteur de son état, et travaille à la confection de statues pour le compte de la future église chrétienne locale – mais Thomas travaille aussi, également, sur la statue de Thorn : un dieu païen, « de la vraie foi », beaucoup plus chargé de signification et de pouvoir pour les habitants du cru, et il accomplit ce travail sur les ordres même du dieu qui l’a appelé et promet de le récompenser pour son oeuvre.

J’ai dansé avec eux à la croisée des chemins, dans la forêt. J’ai porté le feu. Il reste beaucoup de pouvoir là-bas, je sais bien. D’accord, je fais le serment d’honorer Dieu… mais le contraire serait plutôt risqué. Il n’a aucun pouvoir sur moi, ni sur aucun d’entre nous. Il n’a rien à faire sur la colline de la Danse.

Les Arbres à charisme : le dernier texte se présente sous forme de journal, contemporain contrairement aux autres récits (1992-4). Une universitaire, Rebecca Knight, du département de Botanique de Cambridge, enquête sur un bois de chênes plurimillénaires entre études sur le pollen, problèmes de voisinages avec des chasseurs de trésors peu scrupuleux en quête d’antiquités, et un mystérieux pouvoir semblant émaner des arbres eux-mêmes.

Le monde de magie ancienne et de croyances en rapport avec la nature de Holdstock est loin des concepts New-Âge à la sauce baba-cool : les dieux et pouvoirs sont dangereux, incontrôlables et réclament rémunération en nature, en sang, en vies. L’auteur est souvent cru dans ses propos et ses idées, et sait instaurer des atmosphères malsaines qui n’induisent pas le lecteur en erreur quant à sa philosophie narrative. J’y ai vu une forme d’hommage aux anciennes croyances et cultures – en quoi exactement est-ce réaliste ou corrélé par les fouilles et découvertes les plus récentes, ça je ne saurais le dire, mais il règne dans ces légendes et récits aux goûts immémoriaux un sun sombre et cruel très assumé. Je le rapprocherais un peu, dans mes lectures relativement récentes, de Faërie de Feist.

A titre personnel je n’ai pas toujours été totalement transportée par les idées et développements de l’auteur, mais je lui reconnais un style fort et assez particulier, entre violence et lyrisme, et un bon rythme de nouvelliste. J’aime par contre assez les thèmes abordés même si je les préfère parfois traités différemment. Je reviendrais sans doute à l’occasion vers cet auteur pour en lire plus.

Lu dans le cadre du CRAAA

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2 réflexions au sujet de « Thorn et autres récits »

    • Oui je profite en ce moment du challenge lancé par la Prophétie des Ânes pour lire ce que j’ai en nouvelles ! Mais je vais continuer d’alterner avec des romans et essais, car j’ai pas mal d’autres choses à lire aussi.

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