Master Keaton, T.1-6

De Naoki Urasawa*. Kana, 2013. Aventure. Très bonne lecture. [318 p.]
* sur une histoire de Hokusei Katsushika et Takashi Nagasaki, 1989. [9 tomes en édition deluxe, et 18 dans l’édition de base.]
masterkeaton1Résumé : « Taichi Hiraga Keaton, né de mère anglaise et de père japonais est diplômé d’Oxford. Ex-instructeur du S.A.S., les forces spéciales britanniques, il est admiré par ses pairs. Il est par ailleurs un archéologue renommé. Keaton possède un sens logique et un esprit de déduction hors du commun et détonne par ses méthodes d’investigation peu orthodoxes. Il enseigne à présent dans une université, et, parallèlement, mène des enquêtes pour le compte d’une compagnie d’assurances, ce qui n’est pas toujours sans risque ! »
Première impression
Le premier volume est constitué non pas comme je l’attendais d’un début d’histoire mais de plusieurs petites histoires sans rapport les unes avec les autres (ou très peu). Il en sera de même pour le reste des volumes ; cependant on trouve de plus en plus d’histoires un peu plus étoffées, développées sur 2, 3 ou même 4 chapitres.

Le résumé vous donne déjà toutes les clés, ou presque : Keaton est une sorte d’Indiana Jones, excentrique, baroudeur, cultivé, passionné par les vieilles choses de l’Histoire. Tantôt il part à l’aventure pour raisons professionnelles, tantôt il s’agit de motifs plus personnels.
Dans les points positifs je mettrais le dessin, très beau (les pages d’ouverture en couleur, particulièrement, nous accueillent dans un décor de ruines grandioses), les retournements de situation, les traits d’humour, et le fait qu’on n’a pas le temps de s’ennuyer car soit il y a de l’action à suivre soit des dessins à admirer.
Dans le moins positif je n’ai pas trouvé ça très original concernant les « intrigues », et le personnage principal est un peu trop badass à mon goût. Cela m’a aidé à trouver le livre amusant, mais en même temps j’ai eu peur que ça me lasse au bout d’un temps. Heureusement qu’il a quelques « failles », socialement parlant surtout ! Après avoir lu le tome 1 j’étais à peu près certaine que des lecteurs allaient le détester, ou ne pas s’attacher à lui. C’est vraiment un héros très spécial, mais dans ce tome il en est aussi à un stade d’ébauche, qui va être affiné et peaufiné par la suite. J’ai également révisé mon avis sur l’originalité des intrigues par la suite, dès la lecture des tomes 2 et 3 ce tome d’ouverture m’a de plus en plus fait l’effet d’un brouillon, d’une tentative hésitante !
 Approfondissement de l’oeuvre
Les histoires prennent un tournant plus large, il s’agit de clients, de contexte et d’intrigues très différents à chaque fois.
J’ai largement préféré le deuxième opus au premier, déjà parce que ce coup-ci j’étais préparée au format « petites histoires » – le seul lien entre elles étant la vie de Keaton, sa famille, son boulot, qui évoluent quelque peu, mais également parce que j’ai trouvé les histoires meilleures, peut-être moins hallucinantes, mais du coup plus convaincantes. Il s’agit principalement de tranches de vie, d’histoires de famille, de gens en difficulté morale ou psychologique.
Keaton y apparaît plus comme une espèce de témoin bienfaisant que comme le héros qui sauve tout le monde – j’ai même remarqué une histoire dans laquelle il n’apparaissait pas. Les différents contextes sont souvent pour l’auteur des occasions de traiter d’un sujet, d’un pan de l’histoire ou d’une culture en particulier. Le rythme est plus posé mais le sens et l’atmosphère plus dense. Ce n’est pas le décollage que j’attendais mais ça me convient déjà bien mieux ! Le côté burlesque du personnage est aussi mieux maîtrisé, le faisant moins passer pour idiot.
J’ai lu le tome 3 après l’Évangile cannibale de Clavel et j’ai grandement apprécié. C’est très plaisant, très rafraîchissant, beaucoup d’histoires de famille ou d’amitié, ça se lit tranquillement et ça passe tout seul. Ma foi en l’humanité est à présent restaurée. 🙂
Les tomes 4, 5 et 6 continuent sur cette lancée, plus aucune surprise sur la structure et les thèmes, mais j’ai toujours beaucoup de plaisir à lire ces histoires très humaines, quand même toujours ou très souvent en rapport avec des héritages ou des thèmes archéologiques ou historiques, de temps en temps mythologiques (mais vus du point de vue archéologique) : l’IRA, Saint-François d’Assise, la déportation des gitans dans les années 1940, une légende médiévale…
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