Dodger

De Terry Pratchett. 2012. Aventure historico-humoristique. Très bonne lecture.
Titre français : Roublard
dodgerterrypratchettRésumé : « Dodger is a tosher – a sewer scavenger living in the squalor of dickensian London.
Everyone who is nobody knows Dodger. Anyone who is anybody doesn’t.
He used to know his future; it involved a lot of brick-lined tunnels and plenty of filth. But when he rescues a young girl from a beating things start to get really messy.
Now everyone who is anyone wants to get their hands on Dodger.« 
Pas de possibilité de classement en « fantasy » cette fois-ci : nous sommes dans le Londres victorien, qui, bien qu’il m’ait fait penser à Ankh-Morpork par bien des aspects, a aussi une réalité indéniable, bien que les personnages ne soient pas tous historiques !

Solomon m’a éclatée : Pratchett s’est amusé avec à peu près tous les stéréotypes du « bon Juif » tels qu’on peut les retrouver dans les légendes ou le folklore (et, je veux le croire, probablement aussi quelques éléments réellement inhérents à cette culture), et je dois dire que ça change la donne de l’actualité de ces derniers jours – même si ce n’est qu’une heureuse coïncidence dans mes lectures, car le livre a été écrit il y a deux ans. J’ai adoré le personnage car je lui ai trouvé tout un tas de côtés non seulement sympathiques mais véritablement intéressants, passé outre les gros clichés. De plus sa relation avec le héros amène une image de mentor, peut-être très traditionnelle, mais qui fonctionne très bien ici et permet à Dodger d’avancer à plusieurs reprises dans son évolution. Là où je vois que la fac m’a définitivement traumatisée, c’est quand je ne peux m’empêcher de me rappeler au détour d’une référence de moins de deux lignes que le yiddish est une des plus vieilles langues parlées, et qu’elle est utilisée dans le monde entier puisque c’est une langue véhiculée par la religion, et non pas par un groupe ethnique ou une nation – de ce que j’ai retenu. (Tuez-moi :p)
J’ai assez vite repéré « Charlie » Dickens, et bien que n’ayant pas lu les Grandes Espérances je pense que Dodger pourrait être un reflet du héros de ce livre (ou pas). Par contre je n’ai pas trop aimé ce Dickens, un peu trop tordu et mêle-de-tout à mon goût. Peut-être est-ce une représentation juste de l’écrivain, ou seulement ce que Dodger peut percevoir, je n’en sais rien.
Concernant les autres personnages, après avoir lu tout le Disque-Monde ou presque je n’ai pas eu de grosses surprises : je les ai tous appréciés ou détestés comme prévu par l’histoire, j’ai cru retrouver certaines vieilles connaissances du Disque-monde, et j’ai trouvé l’ensemble de leurs apparitions, discours et relations correctement huilés.
L’histoire était globalement peu surprenante, mais je ne me suis pas non plus ennuyée en la lisant, car Pratchett comme à son habitude l’a émaillée de détails, de descriptions, d’explications sur le monde la ville et ses acteurs, pointant du doigt l’absurde ou le comique, dénonçant sans en avoir l’air certains comportements – en même temps Dickens et Mayhew à leur époque, relayés par d’autres jusqu’à notre siècle se sont déjà occupés de le faire de manière plus ostentatoire, cette fausse retenue tombe je trouve donc très juste (fausse car c’est tout de même voulu 😉 ). J’ai aimé le point de vue du héros, pauvre, mais habitué à l’être, et très conscient de sa satisfaction des faits, parce qu’après tout il y a toujours plus mal loti que lui, et au moins son métier s’apparente à une chasse au trésor !
J’ai regretté à plusieurs reprises de n’avoir pas plus lu Dickens (Un Chant de Noël, que je compte relire bientôt, et, heu… il me semblait un autre au moins, mais pas plus. J’ai A Tale of Two Cities dans ma PàL depuis des années !) – il m’a semblé que je ratais quantité de références à son œuvre, peut-être que c’était une fausse impression mais si j’en ai l’occasion j’aimerais me plonger dans l’œuvre du romancier puis revenir à ce livre. En tous cas Dodger m’a clairement donné envie de lire du Dickens.
Pourquoi « seulement » une « très bonne lecture », alors que je suis fidèlement les sorties de Pratchett depuis des années ? Eh bien il m’a manqué le petit pincement de cœur en refermant le livre, les frissons que j’ai ressentis en suivant par exemple le commissaire Vimaire dans ses enquêtes ou la Mort dans ses tribulations disque-mondiennes, ou les véritables éclats de rire que je me suis déjà payés sur d’autres romans. Cependant ça reste un très bon roman que je recommande à tous ceux qui aiment Pratchett, Dickens, le Londres victorien, ou pourquoi pas pour les découvrir.
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3 réflexions au sujet de « Dodger »

    • T’en fais pas, j’ai déjà entamé un autre livre, et je peux en lire deux en même temps ;). Je viens de prolonger le Dickens jusqu’au 3 février. Je suis tout de même étonnée que tu aies tant de mal à le trouver, c’est plutôt un classique, et un des Dickens les plus lus ! Enfin, ça l’était « de mon temps » lol :s Au fait, j’ai une version anglaise, mais tu fais comme tu le sens, on arrivera bien à en discuter même si on a deux langues différentes ! :p

      • Bah le problème c est que dans la ville perdue, ils ont pas encore renouvelé leur stock post Noël, chapitre vient juste d être repris, et j avoue ne pas avoir couru dans toutes les librairies ^^.
        Moi je m y attaquerai en français, j ai besoin d une longue pause vo après Jane eyre 🙂

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