The Woman in White

De Wilkie Collins. 1860. Roman (~thriller psychologique). Excellente lecture.
Titre français : La Dame en blanc.
womaninwhiteRésumé : « Dans la fournaise de l’été, en ce milieu du XIXe siècle, William Hartright, jeune professeur de dessin émérite, s’apprête à quitter Londres pour enseigner l’aquarelle à deux jeunes filles de l’aristocratie, dans le Cumberland. Il laisse derrière lui la vie trépidante de la ville et ses étranges incidents, comme cette rencontre en pleine nuit avec une jeune femme terrorisée, toute de blanc vêtue, semblant fuir un invisible danger… Mais la campagne anglaise, malgré ses charmes bucoliques, n’apaise pas le jeune William autant qu’il le souhaiterait. La demeure de Limmeridge recèle en effet de bien lourds secrets, et lorsque resurgit la mystérieuse Dame en blanc, il est bien difficile d’affirmer qu’il ne s’agit pas d’un présage funeste… »
Une des forces de ce roman est son mélange des genres : il commence avec un air fantastique, dont les codes vont être repris de temps en temps par l’auteur à l’intérieur de l’intrigue, qui elle appartiendrait plutôt au genre « thriller » victorien (enquête, résolution d’un problème tordu), additionnée de romance mais aussi de développements sociaux et psychologiques. En fait d’un roman véritablement « fantastique », les aspects fantastiques ne sont là qu’en renfort du suspense qui se dégage du livre. Ce procédé sonne je trouve très juste, et est tout à fait en accord avec le cadre de l’histoire (bords de lac, vieux village…).
J’ai énormément aimé les personnages, qui ont tous une profondeur et une « utilité » dans le roman telles que j’en ai rarement vu. Je me suis autant attachée à Walter Hartright, et Laura Fairlie et sa soeur Marian Halcombe qu’aux personnages moins recommandables tels que Percival Glyde et le Comte Fosco, ou Mrs Catherick. J’ai également noté le nombre non négligeable de personnages secondaires, de la cuisinière au docteur Dawson, qu’on retrouve régulièrement et qui sont présentés comme plus que des personnages d’arrière-plan, puisqu’ils ont tous un rôle, même petit, à jouer dans l’enchainement des évènements. Cette affirmation est étayée par un procédé narratif que j’avais déjà rencontré dans le Scarabée : chaque personnage, à tour de rôle, relate une partie de l’histoire de son point de vue, formant une trame non pas à 4 ou 5, mais plutôt une dizaine de voix.
En fait, hormis le tout début de l’histoire qui est plutôt romancé (bien qu’en fait il cache déjà plein d’indices pour la suite !), le livre est construit comme pas mal de romans d’enquête (« detective stories »), avec un crime commis dans la chronologie réelle de l’histoire, et ensuite une seconde partie qui consiste pour le(s) héros à résoudre le problème en allant chercher les pièces du puzzle dans le passé, pour reconstituer les faits, les prouver, et ici rendre ses droits à Miss Fairlie / Lady Glyde (tout en punissant le(s) coupables si possible).
Dès le début on devine ce qui va se passer, ou au moins ce qui va suivre dans les prochaines pages – le suspense réside dans le « comment » et le « pourquoi », pas dans le « quoi ». Jusqu’au bout Collins amène de nouveaux éléments, de nouveaux personnages au grand jour, afin d’une part de compliquer son intrigue, mais aussi de la démêler. C’est écrit de manière assez simple pour l’époque (les phrases ne sont pas trop ampoulées, la narration se déroule aisément), et en même temps il y a beaucoup de subtilités, et un très grand nombre de petits cailloux blancs pour le lecteur, probablement afin de le consoler de ne pas toujours voir venir les retournements de situation.
En lisant ce roman de 1860, j’ai l’impression que beaucoup d’auteurs de thrillers contemporains n’ont vraiment rien inventé concernant leurs intrigues ! 🙂 C’est tordu à souhait, bien amené, et très bien écrit.
Lu pour le challenge des 100 livres

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5 réflexions au sujet de « The Woman in White »

  1. Une des plus belles plumes de son temps, à mon avis. J’ai lu « Mari et femme », je vous le conseille ! C’est d’une finesse ironique réjouissante, une étude de société impitoyable, et puis oui, quelle belle écriture !

  2. Ping : Challenge Les 100 livres à lire au moins une fois : 2e bilan | des livres, des livres !

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