Les Portes de l’interdit

De F. R. Tallis. 2012. Fantastique. Bonne lecture.
Titre original : The Forbidden
/!\ Contient des scènes et idées choquantes
portesinterditRésumé : « De retour à Paris après un séjour scientifique dans les Caraïbes, Paul Clément, médecin psychiatre à la Salpêtrière, poursuit le travail entrepris par son mentor sur le système nerveux et la réanimation. Mais bientôt, les souvenirs de son initiation aux pratiques vaudoues refont surface. De sombres créatures aux visages de gargouille hantent ses nuits… et lui confèrent un étrange pouvoir. « 
Une des particularités de ce roman est d’être extrêmement proche des contes fantastiques du XIXe siècle, en termes de structure, de personnages, de thèmes et symbolique utilisés.
On assiste ici à une véritable descente aux enfers du héros, tant sur le plan physique que psychique et moral ; en résulte une lecture à la fois fascinante (comment va-t-il s’en sortir ?) et horrible, car l’auteur n’est pas avare de détails, en termes de sensations, d’idées et de descriptions (« crises » de possession, scènes de sexe torride / violentes, description de scènes de violence physique / psychologique) – pas à chaque page non plus, mais beaucoup plus qu’une ou deux fois dans tout le livre.
J’avais trouvé un petit quelque chose de Maupassant à cette lecture, et en arrivant à la fin j’ai vu que l’auteur déclare qu’effectivement il s’est inspiré de cet auteur, ainsi que de Sade, Huysmans, et quelques autres. Tout n’est donc pas perdu concernant ma culture des auteurs classiques français :D. J’ai été relativement impressionnée de voir à quel point cet auteur britannique arrive à nous donner l’illusion de lire un roman qui pourrait être français, un de ces romans ou contes fantastiques du XIXe, avec ces évènements étranges qui bouleversent le quotidien des personnages tranquilles, le clivage campane / ville (Paris), l’importance du curé, du médecin… Et pourtant ce n’est pas une réédition, non, l’auteur est bien contemporain ; d’où mon envie de qualifier son style de très bon, voire d’excellent. Tout m’a plu dans son écriture : son vocabulaire riche et bien choisi, le bon équilibre entre descriptions, narration, et dialogues, le cadre extrêmement bien maîtrisé, les personnages cohérents en eux-mêmes, pas toujours super originaux peut-être, mais qui sont tout à fait convaincants dans leurs actes et paroles, l’atmosphère malsaine, la tension dans certains moments.
J’ai lu ce livre presque d’une traite malgré le fait que je ne me sois pas terriblement attachée ni au héros ni à l’histoire en elle-même. Cela manquait un peu de rythme, ou de je ne sais pas trop quoi, pour que je m’y perde réellement. Maupassant n’est pas mon auteur de fantastique préféré, et je trouve que Tallis a également bien repris les aspects de l’écrivain que j’aime le moins : les longueurs, les aspects bassement sordides, les personnages que je n’apprécie pas plus que ça. En même temps je n’avais que moyennement envie de le lâcher, fascinée par la perversion qui se dégageait au fil des pages, véritable force de ce livre, et que je savais que je risquais de perdre en m’arrêtant dans ma lecture.
Un livre qui n’a pas eu l’heur de me plaire énormément, mais très bien écrit, dans une certaine tradition du fantastique du XIXe.
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