Perfume

De Patrick Süskind. 1985. Roman. Excellente lecture.

Titre original : Das Perfum

Résumé : Dans le Paris du XVIIIe, Jean-Baptiste Grenouille, orphelin complètement asocial, mais aussi « nez » depuis sa naissance, se découvre un talent pour la parfumerie. Son but ultime : synthétiser l’odeur naturelle d’une jeune fille.
perfumeUne excellente surprise, dans tous les sens du terme. J’ai entendu parler de ce livre pour la première fois en 1ère, quand des collègues de L l’avaient à lire pour les cours. J’étais en S, je n’avais pas à le lire, et comme de manière générale je n’ai presque jamais apprécié de lecture « obligatoire », je ne me suis pas jetée dessus quand bien même on m’en a dit du bien. De même puisque à l’époque le livre était déjà donné comme « classique », et que le récit se déroule il y a trois siècles, j’ai supposé que l’auteur était à classer avec Flaubert, Voltaire et les autres. C’était ma deuxième erreur. J’ai appris en me renseignant sur ses dates qu’il est contemporain, encore vivant aux dernières nouvelles, et que cet ouvrage est paru en 1985 – un jeune classique, donc, plus proche de Primo Levi que de Rousseau (puisque je parle de lectures scolaires) en termes d’époque d’écriture !
Cependant, je n’ai pas pu m’empêcher de le comparer à Victor Hugo en matière de style d’écriture, d’action et de description, avec ce côté introspectif et aussi une certaine tendance à l’hyperbole. Je me suis retrouvée plongée dans les odeurs de Paris dès les premières pages, et c’était tout bonnement fantastique. Je me suis intéressée de près à ce fabuleux personnage qu’est Grenouille (je ne dirais cependant pas sympathique !!), qu’on suit tout au long de l’histoire, seulement entrecoupée de quelques informations sur les personnages secondaires proches du héros. Je ne vais pas dévoiler toute l’histoire, surtout qu’elle est assez connue et encore plus depuis l’adaptation cinématographique de 2006. Sachez seulement que Grenouille est un sociopathe dans le plus pur sens du terme, un être dénué d’empathie envers les autres humains, mais que le personnage n’est en rien dépourvu d’intelligence et de malice (au sens strict du mot : intelligence mauvaise). S’ensuit un récit en même temps fascinant, intéressant, horrible, en un mot sublime (Latin sub-limus, « au-delà des limites »).
J’ai dévoré ce petit ouvrage (250 p.) en deux jours, en anglais (oui, parce que même si l’auteur est allemand, je l’avais trouvé en anglais, et la traduction parait très bien).
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