Le Manuscrit de Grenade

De Marianne Leconte. 2011. Lecture distrayante, mais sans plus.
livre-le-manuscrit-de-grenade_thumbRésumé : 1491, Andalousie. Sous le règne implacable des rois catholiques d’Espagne, il ne fait pas bon être juif ou musulman… Condamnée pour sorcellerie, une femme se tord dans les flammes du bûcher. Elle laisse à sa fille, la rousse Myrin, une prophétie aux mots énigmatiques et une pierre de lune aux étranges pouvoirs… Traquée par le Grand Inquisiteur Jimenez et ses hommes, Myrin se lance dans une fuite éperdue sur les routes d’une Espagne ensanglantée par la Reconquista, en compagnie de Pedro, un musulman converti, et d’Isabeau, jeune noble catholique promise au couvent. Au terme de leur périlleux voyage, Grenade la légendaire, dernière cité maure qui résiste encore aux assauts des armées chrétiennes…
Encore une fois, la 4e de couverture ne reflète pas exactement la lecture.
Des personnages suffisamment charismatiques pour les supporter le long des 300 pages, un scénario qui commence pas trop mal mais se finit un peu en TGCM (cf Mes mots). Une ambiance très historique au départ, mais un récit qui s’oriente assez vite vers l’aventure et la magie. Je dirais que 90% du livre aurait pu être écrit pour un public jeunesse, car le style est assez fluide et l’histoire pas trop compliquée, et à mon sens pleine de stéréotypes (SPOILERS, surlignez si vous voulez des détails : le méchant très fanatique et très maléfique, le gentil espion roublard, la triste jeune fille qui se déguise en garçon et est aimée du gentil bandit, la belle mauresque magicienne rousse associée à une prophétie et qui est aussi aimée secrètement de son protecteur plus vieux qu’elle, les gardes tous stupides, etc.). Les 10% restants sont d’une part quelques intrigues ou infos politiques (qui sont parfois drôlement plus complexes que les aventures et réflexions des héros, sans raison apparente), et d’autres parts des réflexions sur le désir et les pulsions sexuelles, et la féminité (oui ça m’a un peu saoulée – c’est juste une impression ou c’est typique d’une certaine fantasy française ? Je veux dire, il y a par moments autant de réflexions de ces genres-là que de dissertation sur la psychologie globale des personnages. A se demander si leur quête les concerne vraiment ou si c’est juste secondaire et qu’ils sont surtout là d’une part pour montrer la force des femmes (genre placement de produit) et d’autre part pour se regarder et se désirer entre eux). J’ai trouvé que c’était distrayant mais un peu déséquilibré dans le style, le récit et les thèmes abordés.
En lisant une autre critique, je vois que c’est censé être une uchronie. Malheureusement, ma connaissance de l’Espagne est très mince, et je n’ai pas su saisir les détails réels de ceux qui ne le sont pas.
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