Lettre à Ménécée

D’Épicure. Lettre philosophique. Un de mes textes préférés tous genres confondus.
lettreameneceeUn court (6 pages) texte philosophique, très simple à lire, toujours agréable à relire pour son bon sens et sa modération. Note : écrit dans l’Antiquité grecque (ce qui explique entre autres les conseils par rapports aux dieux). J’apprécie particulièrement le ton calme, paternel qu’Épicure utilise pour écrire à son élève.
J’aime beaucoup la philosophie d’Épicure, en tous cas ce que j’en ai compris des textes que j’ai lus, et aussi de ce que notre professeur de philosophie de Terminale – qui a malheureusement décidé de nous quitter en décembre dernier – nous en avait expliqué. Cette Lettre est probablement son œuvre la plus connue, et paradoxalement celle qui a amené l’adjectif « épicurien » – qui n’a juste rien à voir avec ce que le philosophe conseille  (« Quand donc nous disons que le plaisir est le but de la vie, nous ne parlons pas des plaisirs des voluptueux inquiets, ni de ceux qui consistent dans les jouissances déréglées, ainsi que l’écrivent des gens qui ignorent notre doctrine, ou qui la combattent et la prennent dans un mauvais sens.« ) ! Mais je suppose qu' »épicurien » est juste trop bien installé dans la langue française à présent.
Pendant que j’y étais j’ai vérifié pour le « Carpe diem », dont je ne me souvenais plus de l’origine : c’est une poésie d’Horace, poète romain ayant vécu trois siècles après Épicure, et adepte des enseignements du philosophe (ascèse, recherche de plaisir dans un souci de bonheur mais aussi de modération). Apparemment le pauvre Horace a souffert du même détournement qu’Épicure : cette formule était destinée à une jeune fille, Leuconoé, qui, trop inquiète à l’idée de mourir, ne parvenait en fait plus à employer son temps présent.
Quelques extraits et citations :
– « Quant à ceux qui conseillent aux jeunes gens de bien vivre et aux vieillards de bien finir, leur conseil est dépourvu de sens, non seulement parce que la vie a du bon même pour le vieillard, mais parce que le soin de bien vivre et celui de bien mourir ne font qu’un.« 
– « Rappelle-toi que l’avenir n’est ni à nous ni pourtant tout à fait hors de nos prises, de telle sorte que nous ne devons ni compter sur lui comme s’il devait sûrement arriver, ni nous interdire toute espérance, comme s’il était sûr qu’il dût ne pas être. »
– « En tout cas, chaque plaisir et chaque douleur doivent être appréciés par une comparaison des avantages et des inconvénients à attendre. Car le plaisir est toujours le bien, et la douleur le mal ; seulement il y a des cas où nous traitons le bien comme un mal, et le mal, à son tour, comme un bien.« 
– « L’habitude d’une nourriture simple et non pas celle d’une nourriture luxueuse, convient donc pour donner la pleine santé, pour laisser à l’homme toute liberté de se consacrer aux devoirs nécessaires de la vie, pour nous disposer à mieux goûter les repas luxueux, lorsque nous les faisons après des intervalles de vie frugale, enfin pour nous mettre en état de ne pas craindre la mauvaise fortune.« 
– « Le plaisir dont nous parlons est celui qui consiste, pour le corps, à ne pas souffrir et, pour l’âme, à être sans trouble. »
Le texte intégral traduit : http://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Lettre_%C3%A0_M%C3%A9n%C3%A9c%C3%A9e_%28traduction_O._Hamelin%29
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