Bram Stoker, en vrac

Je sais, le « en vrac » n’est pas très joli, mais je viens d’emprunter une anthologie de romans et nouvelles – 1300 p. incluant Dracula, ce qui est de mon point de vue un moyen de gonfler le recueil puisque c’est son plus gros roman si je ne m’abuse (pis c’est pas comme s’il était dur à trouver en édition seule –‘). Dans tout ça je crois avoir lu tous ses romans, ou presque.
< Bram Stoker / Dracula et autres chefs-d’oeuvre ; ed. Omnibus, 2004. [BU Lettres Nancy]
  • Dracula : si vous ne l’avez jamais lu, foncez. C’est une tuerie ce livre. Si vous n’aimez pas vous allez vite le savoir, et je pense que c’est le style XIXe qui risque le plus de lui faire perdre des lecteurs aujourd’hui, à moins que vous soyez vraiment allergique au style épistolaire. Mais attention, c’est du style épistolaire genre j’écris parce que j’ai des choses à dire, je me rappelle qu’il y a tout un tas de passages dans le roman où je n’étais même plus consciente de lire des lettres tellement le récit est bien tourné, le suspense maintenu, les personnages et le contexte travaillés. Il va falloir que je le relise un jour, celui-là, d’ailleurs. Je crois que je l’avais lu en anglais directement, et j’y retrouve tous les critères propres aux romans du XIXe que j’ai pu lire et aimer. Cette remarque est d’ailleurs vraie pour quasiment tout ce que j’ai pu lire de Stoker.

  • Le Joyau des sept étoiles : vous vous rappelez des histoires étranges qui tournaient autour de la découverte du tombeau de Touthankamon, en 1922, par Howard Carter* ? Malédictions, fantômes, occultisme égyptien… Vous voilà dans l’ambiance !
  • Le Repaire du ver blanc : encore un roman fantastique, voire de SF car il s’y passe véritablement des choses peu communes ! Ne cherchez pas toujours d’explications scientifiques chez Stoker, car il aime à plonger son lecteur au cœur du mystère et de l’étrange, créatures et effets fantastiques à l’appui. On retrouve des personnages presque clichés chez Stoker : si vous êtes attentifs au foisonnement de symboles, vous trouvez vite qui sont les méchants ou les gentils, car toute la petite compagnie charrie plus d’indices sur elle que dans un véritable roman d’enquête, même si l’auteur s’évertue à entretenir un climat de suspense.
  • La Dame au linceul : sympathique petit conte gothique, plus léger que les autres précédemment cités
  • La Passe du serpent : grosse nouvelle décidément très romantique, même si le cadre, irlandais pour une fois ! (Stoker est né à Dublin) est comme toujours en proie à quelque chose de pas bien net…
  • Le recueil « Au-delà du Crépuscule » ne m’enchante jusqu’ici guère. Ce sont à la fois des récits oniriques qui me rappellent Lord Dunsany, avec des touches d’enchantement enfantin un peu trop évidents et pas assez subtils à mon goût, et des contes qui je trouvent souffrent du même problème. Je suis obligée de me rappeler que j’ai lu des choses semblables par exemple dans les contes de la Comtesse de Ségur, mais je ne m’attendais pas à trouver ça chez Stoker, et je ne lis plus ce genre de conte justement à cause de l’exagération présente toutes les deux lignes. Bien au-delà de la figure du héros qui est tellement gentil que c’en est suspect, les accumulations d’adjectifs pour nous le montrer au cas où on n’aurait pas compris sont très loin du style des contes modernes.
  • Le recueil « L’invité de Dracula » est par contre véritablement formidable. J’ai eu l’illusion de lire du Poe [cf. nouvelle « La Squaw »]. Ces nouvelles sont assez sombres, du genre typique fantastique/surnaturel, avec une atmosphère parfois gothique, parfois pas vraiment, courtes et efficaces. C’est tout à fait ce que je m’attendais à lire, et même mieux ! Je ne connaissais pas cet aspect-là de Stoker, qui est à mon sens pluôt lyrique de manière générale, et se définit mieux par ses descriptions et atmosphères que par les actions de ses personnages. Quelque part, la Dame au Linceul est très proche de ces nouvelles-ci.
J’ai aussi appris de cette lecture que Abraham Stoker, dit Bram Stoker, s’est éteint le 20 avril 1912, soit exactement 5 jours après le naufrage du RMS Titanic.
* Que depuis mon obsession pour Lovecraft j’ai tendance à confondre avec Randolph Carter, qui est en fait personnage récurrent des nouvelles du Rêveur de Providence, et pas du tout un égyptologue britannique ayant réellement existé

 

Chroniques d’ailleurs : Chasing Books (qui a lu Dracula)

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